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« Je me sens française mais rien autour de moi n’est là pour me le prouver ». Pour cette élève de quinze ans, le problème vient de l’exclusion systématique et en premier lieu urbanistique d’une grande partie de la population française. Débattre de l’identité nationale. Chercher à redonner une définition, nécessairement plurielle à l’expression « citoyen français » : M. Besson ne peut ignorer que l’école de la République et ses programmes discutables d’éducation civique a déjà pris depuis longtemps la pleine mesure de ces questions. En a t’elle trouvé la solution ? Je ne pense pas. Parce que la solution est ailleurs. Dans une politique sociale différente. Devant une classe de collégiens ghettoïsés du ValdeMarne, nous ne pouvons que constater les dommages d’une vision archaïque de l’identité nationale.  Le fait d’avoir ou non des papiers n’y change rien. Vivre entre quatre tours, être tributaire de transports en commun éloignés et déshumanisant, être confronté à deux mondes trop différents entre la classe et les blocs, sentir le racisme monter de toutes part de jour en jour, ne pas réussir à satisfaire des espoirs mal formulés de promotion sociale par des parents laissés à l’abandon dans la transmission d’une histoire familiale trop douloureuse : la question de l’identité passe avant tout par la destruction de nos ghettos de banlieue ! Le professeur d’Histoire géographie du XXIème siècle que je suis ne peut ignorer que la faillite de nos beaux idéaux républicains n’est pas une fatalité mais découle d’une exclusion sociale trop marquée. J’attends d’un ministre anciennement pseudo socialiste qui lance de telles questions que le débat porte sur une nouvelle politique urbaine, une politique éducative plus audacieuse, ouverte sur les familles, les parcours individuels et collectifs. Non, rien ne changera tant que l’on fera croire à nos jeunes qu’ils sont Français alors que la réussite sociale véhiculée par les médias leur donne comme valeurs la recherche de l’argent, la célébrité facile, l’importance des apparences et la négation des différences. Français pour moi, ils le sont tous lorsqu’ils sont derrière leurs petits bureaux à nous regarder comme des êtres un peu curieux. Mais le sont ils vraiment, sortis de nos murs ? Le sont ils vraiment lorsqu’ils subissent la violence d’une stigmatisation sociale quotidienne. Etre citoyen français, être citoyen européen, bien. Mais devenir un être humain respecté, valorisé, écouté: une évidence qui malheureusement ne se vérifie pas sur le terrain. A l’heure de la préparation des futurs programmes régionaux, je demande à nos responsables politiques de chercher véritablement comment en finir avec l’exclusion urbaine. Les Banlieues dont on parle toujours sans savoir vraiment ce qu’elles sont, débordent de citoyens en devenir soucieux de trouver leur place, de construire leur vie et de rendre fiers leurs parents. Mais les murs sont encore trop épais et bien trop haut. Avant de parler d’identité, recherchons et pratiquons vraiment l’égalité et surtout la….FRATERNITE !

Julien LANDEL

Lundi 5 octobre, à peine revenu des Etats-Unis, Bernard-Henri Levy a animé une passionnante université populaire participative de Désirs d’Avenir au côté de Ségolène Royal

Desirs d’Avenir est un laboratoire d’idées, une association carrefour et un réseau social, qui rassemble toutes celles et ceux qui veulent réfléchir et agir pour un nouveau modèle de civilisation et d’humanité.

Bravo aux plus de 2 millions de citoyens qui sont venus voter pour le service public de la poste.

Notre ambition c’est l’éducation populaire qui donne à chacun les outils et les connaissances pour comprendre le monde et donc pour agir sur lui. Et ne pas se laisser déposséder du pouvoir de maîtriser sa vie.

C’est pourquoi nous avons créé l’Université populaire participative de Désirs d’Avenir.

Elle est populaire parce que gratuite et accessible à tous et retransmise sur le site. Ceux qui sont loin peuvent en profiter.

Elle est participative car chaque rencontre est précédée de questions et de débats sur internet où dans les comités locaux – 600 comités locaux structurent Désirs d’Avenir – et elle est suivie de débats, d’écrits, dans les mêmes conditions.

Ce soir c’est une université spéciale notre grand témoin est Bernard-Henri Lévy et nous sommes particulièrement honorés de vous avoir. J’ai au moins trois bonnes raisons de me réjouir de la présence de Bernard-Henri Lévy, ici, ce soir, avec nous.

La première raison c’est l’intellectuel, et le philosophe, qu’il est. Nous ne sommes, évidemment, pas toujours d’accord sur tout. Mais de la « Barbarie à visage humain » en 1977 à son « Siècle de Sartre » en 2000 ou à son « Grand Cadavre à la renverse » il y a deux ans, il a fini par s’imposer comme l’un des tout premiers dans son ordre. Il interpelle la gauche. Il l’oblige à réfléchir et à se remettre en question. Et il le fait en prenant, lui-même, des risques philosophiques et politiques réels.

Je respecte cela.

De même que je respecte les autres risques qu’il prend. Les vrais. Les physiques. Ceux auxquels il s’expose quand il va enquêter au Pakistan sur la mort de Daniel Pearl ou quand il fait, pour le journal Le Monde, le tour des guerres oubliées d’Afrique. Combien sont-ils à prendre ces risques-là ? Combien sont-ils à se mettre, tout entiers, dans les combats qu’ils mènent ?Un intellectuel qui pense debout, un écrivain qui n’a pas froid aux yeux, cela me plait.

La seconde raison c’est la connaissance qu’il a de l’Amérique. Il y vit une partie de son temps. Il y tient, grâce, en particulier, à ses chroniques dans le New-York Times, d’un poste d’observation privilégié. Et il est surtout l’un des tout premiers, sinon le tout premier, à avoir publiquement annoncé, la victoire de Barack Obama. J’ai relu, avant de venir, l’article qu’il a donné, fin 2004, c’est-à-dire quatre ans avant la victoire, au magazine Atlantic Monthly. Nous en avons la preuve puisqu’il a repris cet article, quelques mois plus tard, dans son livre American Vertigo. Et, là aussi, que voulez-vous que je vous dise ? On est en 2004, donc. Ce texte s’appelle « Un Clinton noir ». Et, à une époque où personne, ni en France ni même aux Etats-Unis, n’est prêt à parier un kopeck sur cet inconnu qu’est alors Barack Obama, lui, Bernard-Henri Lévy, explique comment et pourquoi l’inconnu en question remportera l’élection. Salut l’artiste ! Chapeau la prédiction ! Et merci d’être venu, ce soir, nous donner votre analyse de l’état de la société américaine et de l’état de santé de la présidence Obama un an, ou presque, après ses débuts.

Et puis ma troisième raison est plus personnelle. Et, puisque nous sommes entre nous, vous me permettrez de vous en dire un mot – sans ambages et sans fards. BHL est de ceux qui, pendant la campagne, m’ont défendue avec ardeur et loyauté. Et il est de ceux qui, depuis la campagne, alors que quelques autres, ont discrètement pris leurs distances, ont choisi de rester fidèles. C’est précieux la fidélité, comme la vôtre à tous ici présents. Ce n’est pas si fréquent, le désintéressement comme le vôtre à vous tous ici présents. Et on ne peut pas s’empêcher, dans les moments où c’est plus dur, de compter les vrais amis. Eh bien en voici un. Voici un homme sur qui je sais que je peux compter et dont je sais que l’amitié n’est pas indexée sur les humeurs de l’opinion et les sondages. Merci, Bernard-Henri Lévy. Merci d’être vous-même et merci, une fois encore, d’être des nôtres aujourd’hui – alors que vous arrivez, justement, tout juste des Etats-Unis. L’avion est arrivé à 14 heures. Merci de ne pas l’avoir raté.

Je voudrais enfin, avant de lui laisser la parole, vous donner lecture de deux très courts textes consacrés à notre invité de ce soir.

Le premier est de François Mitterand et le second est de celle qui est devant vous. Le premier est signé de François Mitterrand, il est extrait de L’Abeille et l’architecte ; et date de 1977. « J’ai connu Bernard-Henri Lévy alors qu’il venait d’entrer à Normale supérieure. Je me flatte d’avoir pressenti en ce jeune homme grave le grand écrivain qu’il sera.  Un danger le guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l’y prépare. Je ne m’inquiète pas de ce goût de plaire qui l’habite et l’entraîne aujourd’hui hors de son territoire. Quand il s’apercevra qu’il possède en lui-même ce qu’il cherche il reviendra à sa rencontre. Le voudrait-il qu’il n’échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, de dandy, de la cendre. Peut-être me trompé-je, peut-être cédera-t-il aux séductions du siècle au-delà du temps qu’il faut leur accorder. J’en serais triste. Mais j’accepte qu’il dépense encore beaucoup d’orgueil avant de l’appeler vanité. J’ai apporté de France avec moi La Barbarie à visage humain que j’annote pour mes chroniques. C’est, à l’image de son auteur, un livre superbe et naïf. Superbe par le verbe, le rythme intérieur, l’amère certitude qu’il n’est qu’incertitude. Naïf par l’objet de sa quête, qui le fuit dès qu’il en approche. N’empêche, le mouvement dialectique monte haut. Bernard-Henri Lévy, caressé, adulé, propulsé, trituré par les média, adieu sourire de connivence, geste ailé d’une main amie, adieu langage à demi-mot ? Non, au revoir. » François Mitterrand.

Et voici le second. C’est l’extrait de « Ma plus belle histoire, c’est vous » et date de l’année dernière. « J’ai reçu l’appui infiniment précieux d’un philosophe français réputé pourtant lointain de ce que je pouvais représenter. Au début sceptique, il s’est révélé d’une solidité et d’une fidélité à toute épreuve pendant la campagne – et, ce qui est plus rare, après [... ] Nous nous retrouvions dans un café, non loin de mon antenne de campagne, souvent à l’occasion du bouclage des grands discours, ou alors la veille ou le lendemain des grandes émissions. [...] Le talent, la gaieté, l’intelligence, la gagne, étaient communicatifs et parfois, lorsque la fatigue déformait mes traits et qu’il me répétait des compliments que je ne répéterais pas ici. C’était exagéré. Mais cela me faisait rire et, je l’avoue, ne pouvait pas me faire de mal [...] Sur la mondialisation, sur la Russie, sur les libertés, sur les génocides, je retrouvais toutes ses analyses, si aiguës et si actuelles, de la Barbarie à visage humain. »

Ségolène Royal

les vidéos :

http://www.dailymotion.com/video/xapudf_bernardhenri-levy-lors-de-luniversi_news

http://www.dailymotion.com/video/xaqgqb_bhl-au-public-lors-de-luniversite-d_news

http://www.dailymotion.com/video/xapstq_segolene-royal-a-luniversite-sur-ba_news

Chère amie, cher ami,

Je tiens à vous adresser un message tout particulier au lendemain de la 2ème édition de la Fête de la Fraternité. Je ne me prive pas de vous redire ma joie et le plaisir  de vous avoir vu si nombreux, venus de toutes les régions de France.

Nous avons démontré de nouveau notre engagement solidaire à l’image de l’équipe de Désirs d’Avenir Hérault, Cité d’Avenir et de tous les bénévoles qui ont participé à la réussite de cette journée. Le travail fait autour de Brahim, la gentillesse et l’efficacité ont fait de cette fête un événement unique et plein de simplicité et d’authenticité comme je l’aime. C’était aussi une formidable réponse au procès en solitude et au dénigrement systématique subi ces derniers temps.

A Désirs d’Avenir, je veux donner le pouvoir d’agir aux Comités locaux. La réussite de cette fête a montré par la preuve la créativité et le savoir faire. Nous devons libérer les énergies dans le pays et nous le ferons dans le mouvement. Trop de carcans nous étouffent. Et Désirs d’Avenir doit être un lieu où l’imagination est au pouvoir.

Je crois à la force citoyenne. Ce qui compte, c’est la constance, et le chemin sur lequel nous avançons, mais aussi notre cohésion et notre volonté d’avancer malgré les embûches, notre respect mutuel et notre fraternité. C’est cette fraternité qui nous guide et qui nous fera grandir, encore et toujours en donnant envie aux autres de nous rejoindre. Nous montrons par ce succès qu’il y une autre façon de faire de la politique, humaine et efficace.

J’ai entendu vos interpellations sur ce que vous appelez l’insécurité militante des adhérents de « Désirs d’Avenir ». Je le redis ici, « Désirs d’Avenir » est une association dans laquelle il n’y pas d’enjeux de pouvoir, pas de postes à distribuer. « Désirs d’Avenir » n’a pas pour but d’être le levier d’ambitions personnelles. Par contre, je serai attentive à ce que ceux qui se battent à nos cotés pour une société plus fraternelle ne soient pas mis au ban à cause de leur combat pour une cause juste. Je donne mission au coordinateur national de faire un inventaire sur l’ensemble des situations pour lesquelles vous sollicitez notre vigilance afin que, s’il le faut, je puisse agir en solidarité avec vous. Une équipe est d’ores et déjà en place afin d’identifier les possibles injustices. Avec mon appui et l’aide du conseil d’animation, cette équipe agit pour que nous soyons solidaires aussi sur le terrain politique.

Chers amis, vous l’avez compris, nous nous devons aujourd’hui de défendre, avec encore plus de vigueur, notre action et notre manière d’agir à un moment où tout le monde essaye d’imiter la démocratie participative. Et pour cela, les membres de Désirs d’Avenir se doivent de travailler en réseau, loin des organigrammes hiérarchiques d’un autre siècle. Plus encore, il est nécessaire de nous structurer par les idées pour être plus efficaces, plus percutants notamment en nous investissant dans nos villes et en nous coordonnant mieux sur nos territoires.

Ainsi, je souhaite que les Comités regroupés au niveau régional se saisissent de l’avenir et de l’évolution de l’association à court, moyen et long terme. Créés lors de notre dernière Assemblée Générale, ils nous proposeront nos prochaines orientations. Le Conseil d’Administration veillera bien sûr à la cohérence de nos actions. Visibilité, cohérence et perspectives d’évolutions collectives de Désirs d’Avenir, tels sont leurs objectifs. Les membres de ces comités seront désignés dans chaque région et une rotation sera effectuée pour chaque réunion. Par ailleurs, je recevrai régulièrement en comité d’animation élargi, l’ensemble des représentants régionaux pour mettre en avant les territoires et les faire participer aux décisions prises au niveau national.

Quant aux Coordinateurs Départementaux ils assureront le pilotage de « pôles d’idées », vecteurs concrets et vivants de notre action commune et participative. Je leur demande alors, de créer dans un premier temps 3 pôles d’idées : Un pôle UPP en charge de l’organisation de nos Universités et de la création d’initiatives nouvelles avec les comités (restitutions, synthèses, cafés-débats…) ; un pôle Fraternité dédié à notre projet de plate-forme fraternité, réalisation concrète de nos engagements de solidarité ; un pôle Outils et Communication chargé de vulgariser, informer et mobiliser au plus près en s’affranchissant du tout Internet pour privilégier le contact direct et personnalisé.

Et les Comités locaux de Désirs d’Avenir seront au cœur de l’action, producteurs de lien social, par le dialogue sans cesse régénéré avec les citoyens. Que dans chaque ville s’ouvrent des espaces de convergences avec toutes les forces politiques, associatives, syndicales et citoyennes et ceci, sans exclusive. C’est par la démocratie participative que Désirs d’Avenir reprendra sa route et retrouvera son esprit de libre initiative soutenu par ses piliers fondateurs : la participation de chacun(e), la solidarité et la fraternité.

Je tiens à réaffirmer ici, le rôle central des animateurs locaux dans l’activité et le développement de DA. Je souhaite que chaque animateur local se donne pour objectif d’organiser au minimum un débat par mois, que ce soit dans le cadre d’universités participatives, de simples lectures de discours ou de textes, ou encore en vue d’approfondir une thématique particulière. Chaque débat organisé par les comités locaux est l’occasion de faire adhérer de nouveaux sympathisants et militants tout en élargissant le cercle à des intervenants extérieurs (syndicalistes, chefs d’entreprises, universitaires, etc.).

Relais de l’activité du comité local, l’animateur publie régulièrement un compte rendu des initiatives réalisées et notamment des débats. Ces comptes-rendus ont vocation à être publiés sur le site Internet de DA pour partage et à devenir de précieuses références pour le national. Au plus près des citoyens, le comité local doit nous faire franchir le mur médiatique en diffusant les témoignages de notre temps. A vos caméras pour recueillir le témoignage des salariés qui subissent de plein fouet la crise, des éleveurs désespérés, des serviteurs de la République abandonnés, mais aussi pour valoriser les réussites et les actions d’exception qui prouvent que l’énergie du pays est là et ne demande qu’à grandir.

A cette organisation horizontale structurée par territoires, nous devons associer des équipes projets garantes du bon fonctionnement de notre organisation et du respect de ses valeurs.
Une équipe sera en charge de veiller à la circulation de l’information dans notre réseau et de vous aiguiller dans les réponses à apporter. La transparence est essentielle et vitale dans notre mouvement. Vous devez être au courant de tout et personne ne doit plus se sentir seul. C’est cela aussi ma présence à vos côtés.

En ce qui concerne le site Internet de « Désirs d’Avenir », vitrine stratégique de notre mouvement, une équipe de coordination technique bénévole concevra, actualisera et adaptera notre site Internet pour en faire un média accessible à tous. Un appel à projet a déjà été lancé, un vivier d’infographistes, programmeurs, rédacteurs se constitue pour participer activement à la mise en œuvre de ce projet autour d’axes d’orientation :

•    La participation dans la conception et le fonctionnement ; instauration d’une charte graphique propre à notre association.
•    Le partage et la réactivité avec notamment une web-tv miroir de la vie de l’association. J’y commenterai régulièrement avec les porte-paroles, les débats participatifs et les Universités Populaires organisées dans les comités locaux. Cette web-tv sera aussi un outil d’alerte et de riposte en temps réel, utile aux Français comme cela a été le cas pour contrer la taxe carbone et défendre la retraite des mères de famille.
•    Nous devrons rétablir la vérité, sur les faits, sur les paroles, sur les manipulations, sur les faux consensus.
•    La simplicité et la proximité avec un site ergonomique qui donne accès à l’information en un click.
•    La plate forme solidarité avec des petites annonces, des projets et des échanges solidaires.
•    La plate forme participative avec la mise en ligne de forum d’expression, de débats participatifs et d’universités participatives.
•    La création de pages dédiées aux comités locaux et du journal de « Désirs d’Avenir », piloté par un comité de rédaction, relais de vos travaux dans les territoires. etc …
Nous aurons donc une première version du site qui évoluera dans le temps

La violence des critiques et les insinuations malveillantes et archi fausses sur le coût et les factures et le harcèlement sur ma vie privée me répugnent. Non seulement nous allons démontrer que nous sommes capables de surmonter un bug et faire un site à notre image, mais nous allons continuer à battre des records d’affluence sur le site. Je crois d’ailleurs que cela suscite bien des jalousies. La vidéo de Montpellier a été visionnée plusieurs milliers de fois. Le nouveau site, à partir de toutes les propositions que vous avez faites, sera bientôt en ligne. Le coût du site sera rendu public dans le détail ainsi que les économies faites sur le fonctionnement et l’hébergement.

Durant ce week-end, nous aurons une réunion de synthèse afin de vous proposer, à vous animateurs, des ébauches du nouveau site dès la semaine prochaine pour une éventuelle mise en ligne en fin de semaine si vous en êtes d’accord. Cette équipe s’est réunie autour d’une vingtaine de bénévoles.

Il faudra ensuite mettre en place un comité de rédaction par rubrique. Je veux faire avec vous le premier site entièrement citoyen. Nous avons ouvert la voie  sur de nouvelles méthodes participatives il y a plus de deux ans et qui sont aujourd’hui mal imitées ici ou là. Sur le site nous allons avoir encore une avance …qui sera d’abord critiquée puis pillée. Avançons !

Je vous propose également de densifier notre équipe de bénévoles chargée de la coordination nationale et qui désormais s’attachera à créer une correspondance étroite avec les territoires. Si vous souhaitez être bénévole et que vous disposez de compétences à partager (Audiovisuel, Internet, habillement, maquillage, son et lumière, secrétariat, infographiste, professeurs, chercheurs, administrateurs…), écrivez nous benevoledesirsdavenir@gmail.com. Une parfaite articulation doit s’opérer entre les équipes dans les territoires et celles présentes dans la capitale. La province doit de son côté pouvoir piloter certains projets vitaux de notre association. C’est le message que j’ai voulu faire passer avec l’organisation de notre rassemblement à Montpellier.

Cher amis, voici quelques axes de travail et nouveaux modes de fonctionnement. Vous y retrouverez, je le pense, ce qui fait notre spécificité et notre force en marge des organisations pyramidales : le partage de la confiance politique par une participation de tous et toutes. Chers amis, parce que le dialogue direct et franc avec vous n’a pour moi pas de prix, je m’attacherai à vous recevoir fréquemment et j’organiserai des demi-journées de rencontre avec les animateurs. Vous pourrez ainsi vous rendre compte du travail des bénévoles qui sont à votre service dans nos locaux. Une équipe opérationnelle chaleureuse et dévouée à notre mouvement. Chacun d’entre vous sera alors l’ambassadeur de notre projet.

Benoît se tient à votre disposition pour vous donner tous les détails concernant ce nouvel élan.

Dans l’immédiat, les énergies se concentrent sur la vitrine web, ensuite chaque animateur recevra une lettre de mission traçant les objectifs confortant par la même occasion votre rôle et votre légitimité.

Il y a aujourd’hui près de 600 comités locaux répartis sur le territoire, autant en France métropolitaine que dans les DOM-TOM et à l’étranger. Le nombre d’adhérents est en progression (40% de primo-adhésions cette année) grâce au succès des Universités Participatives et à la newsletter de « Désirs d’Avenir » qui est reçue par plusieurs dizaines de milliers de cybernautes. Un vivier de talents que nous devons mobiliser dans les Comités locaux pour faire de Désirs d’Avenir l’avant-garde d’une nouvelle forme d’action solidaire et d’échange de services.

Je ne peux oublier Cités d’Avenir, Désirs d’Entreprendre et Jeunes d’Avenir. Comme je vous l’ai dit à Montpellier, nous devons réactiver Cités d’Avenir et Désirs d’Entreprendre et déployer plus encore Jeunes d’Avenir pour qu’ils soient des lieux de réflexion et d’action solidaire. Je demande donc au coordinateur national d’entrer en concertation avec chacun d’eux pour définir ensemble les missions qui leurs seront confiées dans le respect de l’esprit et de la charte de Désirs d’Avenir. Je serai particulièrement attentive à ce que ces comités s’inscrivent dans une démarche positive et constructive, dénuée d’enjeux de désignation et de pouvoir, comme je m’y suis toujours engagée pour l’ensemble de notre association. Forte du travail réalisé, j’enverrai à chacun une lettre de mission.

Vous le savez, je suis heureuse et fière de vous savoir toujours présents et enthousiastes à mes côtés. Alors, en avant ! Regardons et partageons notre bonheur d’agir et d’avancer. La fraternité, c’est l’union des forces, l’union d’hommes et de femmes de bonne volonté pour changer notre pays. Faites de Désirs d’Avenir un lieu de réflexion et d’action. Faites que fleurisse partout une dynamique d’éducation populaire et participative. Faites que « Désirs d’Avenir » soit à la fois un mouvement de réflexion et d’idées accessible, populaire mais aussi ce grand espace de convergence que nous appelons de nos voeux. Une convergence au service d’un idéal plus grand que nous : remettre l’humain et le citoyen au cœur du projet que nous incarnons ensemble.
Voici ce que nous devons réussir ensemble. Il est là l’ordre juste.

Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi.

Amitiés fidèles et fraternelles.
Ségolène

Le Discours de Ségolène Royal lors de la Fête de la Fraternité

Voici le texte du discours de Ségolène Royal prononcé lors de la Fête de la Fraternité à Montpellier.
Et en vidéo, la première partie de ce grand discours.

 

Mes chers amis, 

Permettez moi de vous dire ma joie et ma tendresse de vous voir, nombreux, vous qui êtes venus parfois de si loin, vous qui restez heureux et présents, par jour de grand beau temps comme par jour de tempêtes. 

Nous avons marché ensemble et nous marcherons encore longtemps ensemble. Car c’est cela, l’esprit de notre mouvement citoyen, c’est cela l’esprit de Désirs d’Avenir : un rassemblement de citoyens en mouvement qui marchent, ensemble pour ouvrir un autre chemin. 

Merci à tous les artistes, les créateurs, de leur don … celui de leur art pour nous offrir de la joie. Merci à ceux de l’ombre, ceux des coulisses, ceux qu’on ne voit jamais et sans lesquels rien ne serait possible. 

Merci à Brahim Abbou, notre magnifique Brahim, à toute l’équipe du comité local de Désirs d’avenir, à Cités d’avenir : vous avez fait un travail formidable, enthousiaste, chaleureux qui a porté cet évènement. Merci à Hélène Mandroux qui nous accueille dans sa belle ville, merci à Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Guillaume Garot, Dominique Bertinotti, Najat Vallaud-Belkacem, Marie-Monique Robin, Daniel Maximin pour votre présence et pour la qualité exceptionnelle de vos interventions. Merci à Jean-Pierre Mignard, mon ami, qui vous envoie le bonjour et s’excuse de ne pouvoir être parmi nous. Je ne l’oublierai jamais. Il est à Libreville dans le cadre de son métier d’avocat. 

Martin Luther proclamait  «  le courage, c’est de ne pas se soumettre aux circonstances. » Permettez moi, aujourd’hui, de saluer VOTRE courage. Le courage de ne pas céder, de ne pas douter, malgré les vents tourbillonnants qui ne sont, au fond, que l’écume des vagues. « La vie, comme le combat politique est faite de méandres, de flux et de reflux. C’est le mouvement même de la vie. ». C’est François Mitterrand qui disait cela.

L’essentiel, c’est de garder son cap, d’avancer  avec sa boussole et de ne pas quitter des yeux l’objectif que nous nous sommes fixés. 

Le microcosme parisien, dérouté par ma liberté par mon refus de m’assujettir à leurs codes leurs compromissions a entamé la mise en accusation répétitive et obsessionnelle sur la solitude. 
Comme si quelques notables de la politique en attente de jours meilleurs et allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous qui donnez généreusement votre temps, vos déplacements, vos énergies, vous êtes vrais, simples, heureux, vous êtes la France qu’on aime.

Moi, ce qui me préoccupe ce n’est pas mon sort personnel, c’est le sentiment de solitude et même d’abandon que ressentent des millions de français. Qu’entendons-nous ? Les questions de vie quotidiennes sont là, de plus en plus pressantes : « qu’est-ce qui va se passer si la grippe arrive dans l’école de mon enfant ? Si je perds mon boulot ? Que va devenir ma vie, ma famille, si mon entreprise est menacée, si je tombe malade, si je ne peux pas rembourser mon emprunt, si je n’arrive pas à payer d’études à mon fils ou ma fille, s’ils ne trouvent pas de travail ? »

Le pouvoir nous abandonne et nous laisse seuls dans l’adversité. Tout un peuple abandonné en quelque sorte par ses dirigeants, voilà la vraie, la dure solitude à laquelle les télés devraient s’intéresser. La fragilité croissante n’épargne personne. On se méfie des gens de pouvoir, perçus comme incapables d’arranger le désordre. « Même quand ils agissent, pas de résultats concrets » entend-on. Alors oui, il faut d’urgence des résultats, ici et maintenant. Tout le reste, c’est du temps perdu et de l’embrouille. 

Les politiques sont perçus comme des marchands de mots. « Taxes » : voilà le mot le plus rejeté, car même habillée en vert c’est une contrainte de plus. « Pourquoi ajouter des contraintes aux contraintes alors que la vie devient plus dure. On a l’impression d’avoir de moins de moins de liberté dans la vie quotidienne, même plus de liberté de la pensée. » 

Combien de témoignages disant : « Je l’avoue : je me replie de plus en plus sur mon pré carré : ma famille, mes proches, les miens quoi. Je suis de gauche et je m’aperçois avec stupéfaction que j’ai du mal avec certains mots, je ne les comprends plus « collectifs », « soutien aux plus défavorisés » ou même  « solidarité ». 

Mots qui ébranlent nos certitudes et nos propres mots, usés à force d’être ressassés. 

Osons le dire.

Solidarité ? Mais solidarité avec qui, quand on reçoit si peu ? On culpabilise les gens, on les traite comme des privilégiés parce qu’ils ont un CDI, comme si c’était un luxe ; on leur dit qu’ils sont de mauvais citoyens parce qu’ils utilisent leur voiture pour aller à un pique nique en famille le dimanche, comme si c’était un crime de lèse planète en vérité le coup d’une taxe. Et pendant ce temps, les vrais privilégiés prospèrent. La connivence, les réseaux de relations les protègent. C’est insupportable. De la même façon que l’on risque de rendre l’écologie difficile en créant des taxes nouvelles, on risque de galvauder ce beau mot de « solidarité », à force de l’invoquer sans mettre à bas les rentes des vrais privilégiés.

Alors, c’est pour tous et pour toutes que nous devons nous sentir fort de notre force, libre de notre liberté, sereins de notre sérénité. 

Parce que nous avançons ensemble, parce que nous innovons ensemble, parce que nous entreprenons ensemble, parce que nous nous respectons mutuellement, parce que nous rêvons aussi un monde meilleur et que nous mettons, n’en déplaise à certains, toute notre énergie, toute notre force, toute notre créativité au service des autres et au service de la France. 

Parce que le peuple est debout, parce que nous sommes les citoyens et que nous travaillons à l’avènement de ce Siècle Citoyen où l’on reprendra la maîtrise des choses, de nos vies sans subir le joug d’un pouvoir inerte.

Et de cela je suis fière ! Et  de cela nous n’avons pas à rougir ! Et  de cela nous n’aurons jamais à nous excuser, quelle que soit les scepticismes, les ricanements et les menaces. Soyons fiers du travail que nous faisons ensemble, soyons fiers des fêtes de la Fraternité que nous réussissons ensemble, soyons fiers de nous pour donner envie à beaucoup d’autres, à des milliers d’autres de nous rejoindre pour avancer.

Mes chers amis, venus de partout.

Quel chemin parcouru depuis l’automne dernier ! Depuis cette première fête de la Fraternité qui fit couler tellement d’encre. 
Vous avez vu depuis, ne boudons pas cette gourmandise,  à quel point après les ricanements du Zénith le mot Fraternité s’est invité dans toutes les discussions, dans tous les discours, dans toutes les déclarations. Je m’en réjouis. Ce mot appartient à la France. Il est l’un des socles de notre pays, de notre démocratie, il est le grand vœu des Lumières !   Avec la liberté et l’égalité. 
Quel chemin parcouru  depuis un an !

Nous avons lancé les Universités Populaires Participatives. Chacune d’elle a été un grand succès. Nous avons réuni des milliers de personnes cette année  pour débattre ensemble, avec des spécialistes remarquables, sur des sujets fondamentaux :

Qu’il s’agisse de la crise financière, ou comment la surmonter avec des hommes à la pointe de la réflexion économique comme Philippe Aghion ou Yann Algan ….

Qu’il s’agisse  des liens entre l’Europe et l’Afrique… personne n’oubliera l’émouvante et puissante intervention de Stéphane Hessel, saluant  le pardon de Dakar, saluant aussi notre volonté d’imposer la fraternité dans le débat public. Et nous avons entendu Daniel Maximin, si brillant et si convainquant.

Que nous évoquions la crise alimentaire ou la Fraternité, avec les interventions si humaines de Régis Debray et Jean Claude Guillebaud. Marie Monique Robin, le monde selon Montsanto nous a montré tout à l’heure les liens étroits et protection de la planète.

Oui, nous avons, depuis un an, avancé à pas de géants. 

Le 1er Octobre, à Poitiers,  débutera et pour 3 jours l’université populaire du grand sociologue Edgar Morin sur les 7 grands défis que doit relever l’humanité : défi de la politique et de la gouvernance internationale, défi économique, social, écologique, éducatif et éthique, le vendredi 2 octobre à 18 heures, Université participative européenne. Ces défis que je fais mien et que je porterai dans toutes mes actions nationales et internationales en votre nom et au nom des Français. 

Oui, mes amis, nous pouvons être heureux de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Désirs d’avenir, armé de son enthousiasme, de son savoir faire et de sa croyance en demain, Désir d’avenir à construit cette année des bases solides de réflexions et d’action concrètes pour demain. 

En venant ici, je repensais à cette année qui venait de s’écouler. 
On peut tout faire si on reste chevillé à la base ;
On peut tout faire quand on reste à l’écoute populaire ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de parler ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de la vérité et que l’on accepte de se remettre en cause;

Avec vous, je n’ai pas peur de parler ; 
Avec vous, je n’ai pas peur de la vérité ;
Je crois à la force citoyenne ;
Oui, ce qui compte, c’est la constance, et le chemin dans lequel nous avançons !
Ce qui compte, c’est notre cohésion et notre volonté d’avancer malgré les embûches ;
Ce qui compte, c’est notre respect mutuel ;
Ce qui compte, c’est notre fraternité, qui est plus grande que nous et qui va encore nous faire grandir et donner envie de nous rejoindre !
A nous ensuite qu’il y a une autre façon de faire de la politique, humaine et efficace.

Qu’est-ce que c’est que la fraternité et comment peut-elle nous faire agir ?

La fraternité « consiste à devenir frère et sœur avec tous ceux qui ne sont ni nos frères ni nos sœurs. » 

J’y vois là une clé essentielle pour permettre une nouvelle conscience mondiale, ce nouveau siècle citoyen

La fraternité, c’est ce sentiment qui dépasse toutes les différences pour nous permettre de vivre ensemble. 

Dans un monde frappé par une crise morale sans précédent, un pessimisme latent, un « aquabonisme » quotidien, tant la vie est difficile, tant l’horizon semble bouché, dans les rapports familiaux, sociaux , se dégradent, dans un monde au cœur glacé, ou l’individualisme est la seule réponse que l’on peut trouver pour se protéger des coups qui pleuvent,  lié à une politique injuste qui accorde tout à ceux qui ont tout et n’accorde rien à ceux qui n’ont déjà pas grand-chose. Liés aussi à une dégradation du lien républicain… dans ce monde qui ressemble de plus en plus à une jungle, où la loi du plus fort remplace peu à peu le progrès social, oui  dans ce monde qui s’empoisonne, la fraternité doit agir comme un puissant contre poison. 

Nous sommes meurtris par les suicides à France Télécom. Ils disent une souffrance, personnelle mais aussi peut être sociale, du à un changement brutal de culture de cette entreprise, à ces murs de silence derrière lesquels on s’enferme quand la pression devient trop forte. 

Je n’irai pas plus loin mais je ressens ces vies écourtées par le chagrin comme une alerte, qui doit tous nous rappeler que la fraternité, c’est justement combattre la société de défiance. Fraterniser, c’est établir de nouveau rapport dans l’entreprise, un nouveau dialogue social. 

Nous sommes aussi meurtris par la souffrance des salariés des usines qui ferment, Molex, Continental… Ouvriers humiliés, bafoués… Chez Fabris, on menaçait de faire brûler l’usine et je les comprenais parce qu’à leurs côtés je voyais l’humiliation, la désespérance, être traités moins bien que les machines, liquidés avec la mémoire ouvrière que l’on écrase sans un geste, sans un mot, sans la moindre contrepartie alors que l’argent continue de couler à flots sur des banquiers véreux. 

Il y a 150 ans naissait Jean Jaurès. Jaurès engagé comme un lion dans la lutte pour la justice sociale, Jaurès qui, avec une écriture magistrale, décrit avec tant de force la souffrance ouvrière de la fin du 19ème siècle, évoque «  un système de métal qui traite les hommes comme des marchandises ! «  Un siècle plus tard, rien de vraiment différent. Toujours un système dont les mâchoires d’acier broie les plus faibles. 

Ce combat de la dignité, c’est notre combat, à nous les socialistes, à nous les progressistes, a nous la gauche ! Le combat pour le respect humain, de la justice sociale. Le courage, écrivait-il, c’est de chercher la vérité et de la dire.  Même si elle dérange, même si elle réveille toutes les oppositions  les plus violentes. 
Vous, moi, nous sommes les héritiers de ces idées là. Nous sommes les gardiens de la devise de la France «  liberté, égalité, fraternité. » 

La France de la Fraternité peut elle accepter cela sans réagir à cette offense faites aux salariés ? La politique est une affaire de décision, d’échelle de valeur et je ne crois pas, moi, que la politique soit impuissante devant l’économique. Je crois au pouvoir du dialogue social, et fraternel. 

Mais la fraternité se forge aussi dans le combat contre l’adversité. 

Cet incroyable ressort humain qui se réveille lorsque nos vies sont menacées. Plus de querelles de voisinage, plus de querelles de clochers. Quand la tempête souffle et détruit le village, tout le monde le reconstruit, ensemble, sans état d’âme en se donnant du courage. C’est aussi la fraternité des ouvriers de Continental qui se déplacent à Hanovre pour fraterniser avec les ouvriers allemands. 

«  Les forces divisées s’annulent » écrivait Victor Hugo. La fraternité les additionne, les multiplient là ou l’indifférence et l’injustice sociale les soustrait, les divisent, les affaiblit.

C’est cela qui anime à Désirs d’avenir. Oui, Désirs d’avenir est un mouvement de citoyens, ancré dans la réalité, dans l’écoute et dans le plaisir d’être ensemble pour être utile. 

Nous sommes pour la plupart d’entre nous engagés à gauche depuis tant d’années, dans les associations,  au parti socialiste, dans des syndicats.

La fraternité, c’est l’union des forces mais l’union est aussi un combat. Unissons-nous, hommes et femmes de bonne volonté pour changer notre pays qui supporte tant de mauvais coups en ce moment.

Soyons confiants et travaillons tous ensemble, mobilisons pour peser. 

La fraternité,  ca n’est pas un concept abstrait, un ornement de plus sur une guirlande de mots. 

Oui,  c’est une arme, un levier politique, un axe autour duquel doit s’accrocher toute décision politique, économique ou sociale. 

C’est la seule arme pour sortir de l’abstraction. L’abstraction, le virtuel qui consistent à couper tous les liens , même les plus infimes entre le virtuel et le réel…. entre les chiffres glacés des taux de rendement et la réalité humaine qui a permis  d’obtenir ces chiffres… entre les décisions prises dans un bureau de  New York et les conséquences concrètes à Gandrange ou ailleurs… entre le cargo qui dégaze dans l’Atlantique et les dégâts souvent irréparable sur l’environnement et donc la vie des êtres humains… .On peut multiplier à l’infini les exemples de cette abstraction, de cette rupture quasiment intégrale dans la chaine humaine qui fait que l’on ne perçoit même plus, même théoriquement, les conséquences directes de notre décision. Oui, cette abstraction  est bien  l’une des sources empoisonnées   de notre temps . 

Oui la fraternité est l’antidote au virtuel, à l’abstraction qui détruit notre terre commune : la conscience aigüe de l’autre que nous avons le devoir de retrouver et le respect de l’humanité de chacun, la nécessité vitale d’établir un nouveau code de comportement dans les relations entre un Etat et ses citoyens, un patron et ses salariés, un gouvernement et les syndicats. 

Oui, nous devons passer un nouveau contrat humain entre les différents corps qui composent ce pays, ce continent et cette planète. 

On m’objectera que ce sont là des mots, des utopies et des concepts. Moi, je crois bien au contraire que c’est la première mission d’un dirigeant politique dans le monde qui s’avance : porter ces valeurs fondamentales et encourager par tous les moyens, à revenir à notre creuset commun : notre humanité.  Mohammad Yunus, le prix Nobel de la paix indien, inventeur du micro-crédit, le dit de très belle manière : tous les êtres humains ont un désir très ancré d’aider les autres. Or, le système actuel, qu’il soit politique ou économique oublie cet aspect fondamental de l’être humain. Nous marchons à l’envers.»  

Le système actuel pousse à écraser l’autre. Mais en écrasant son voisin, on s’écrase soi-même. C’est grâce à ce retour au fondement même de la démocratie, grâce à cette fraternité active, qu’il y aura des victoires durables.

La Fraternité, c’est aussi  la conscience de notre citoyenneté planétaire

«  Nous sommes tous des Africains, nés il y a 3 millions d’années  et cela devrait nous inciter à la fraternité ». Voilà ce qu’affirment Yves Coppens, découvreur de Lucy en Ethiopie et Michel Brunet, découvreur Thoumaï au Tchad. Voilà  un magnifique démenti à tous ceux qui considèrent que l’homme noir n’est jamais entré dans l’histoire. 

Oui, la Fraternité c’est l’antidote au racisme, à l’antisémitisme
Oui, la Fraternité c’est l’hymne à l’ouverture, à la coexistence et pour nous ici, en France… à la France métissée… Je vous salue, chers amis, chers habitants des quartiers de Montpellier ! Je salue la France métissée… la chance de la France.

«  Chaque homme, chaque femme porte en lui l’humaine condition. » C’est une vérité qui s’impose jour après jour à l’échelle planétaire.  Nous assistons dans un fracas épouvantable, à l’effondrement de ce vieux monde, basé sur le capitalisme financier à outrance, une forme d’amoralité économique et environnementale. A nous de replacer au centre de tout cette fraternité humaine qui transcende les différences sans aliéner ce qui est précieux dans la différence. 

Je vous le dis, mes amis, la fraternité est née du siècle des lumières, elle est l’un des socles de notre démocratie, elle a inspiré le monde.  Le monde est notre pays, les humains sont nos frères. Voilà les phrases qui résonnaient en Europe au 18ème siècle.

A nous de les porter à nouveau pour ce 21ème siècle. C’est le combat essentiel, le combat d’une vie, le combat de ma vie.

La fraternité, c’est enfin la coexistence avec tout ce qui vit. C’est la reconnaissance des êtres humains mais aussi de leur environnement et des liens inaliénables qui nous lient à la terre sur laquelle nous vivons.  

Il n’est pas trop tard et nous pouvons absolument inverser le processus de destruction, désamorcer la bombe à retardement que nous avons-nous même fabriquée. 

La poussée écologiste est positive. Il indique une prise de conscience profonde de l’opinion sur la question de l’environnement. 

Comme le succés du film «  Home «  de Yann Arthus Bertrand ou, il y a quelques années, celui d’Al Gore «  Une vérité qui dérange. » 

Nous pouvons  tenter de rattraper le temps perdu.  
Avec détermination et imagination…

« L’imagination est plus importante que le savoir » disait à la fin de sa vie Albert Einstein
 enfermé dans un chagrin incommensurable face à l’utilisation criminelle qui était faite des  travaux qu’il avait mené toute sa vie pour améliorer la vie des êtres humains. 

Oui, l’imagination est à la base de tout. 
Imaginons ce monde durable. Et mettons tout en œuvre, économiquement, scientifiquement, financièrement pour impulser cette croissance verte dans tous les domaines. 

Je me bats depuis des années sur tous les fronts de l’écologie, depuis le ministère de l’Environnement avec le traitement de la crise des déchets, la sauvegarde de la biodiversité et le Sommet de la Terre à Rio ; le sauvetage des paysages exceptionnels comme le Marais Poitevin et aujourd’hui le combat pour la voiture électrique pas chère, pour l’énergie solaire, contre les OGM, les pesticides, tout ce qui saigne la terre et tue lentement mais surement les êtres humains.  

Victor Hugo a eu cette phrase superbe « Les hommes sont solidaires avec la planète, la planète avec le soleil, le soleil avec l’étoile  et l’étoile avec l’infini. La solidarité des hommes est le corollaire invisible de la solidarité avec l’univers. » Il est temps de prendre conscience de ce monde global qui est le notre et celui de chacun de nous. 

Nous sommes notre environnement. 

A nous de nous battre pour le soigner et créer là aussi de véritables valeurs sociales. 

Qui peut aujourd’hui nier le gisement d’emploi que représente la croissance verte ? Personne.  

Dans les années 90, le Japon, frappé par l’explosion de la bulle financière, a sauvé son économie en investissant dans la recherche et la haute technologie.

Nous sortirons de cette crise en investissant dans la croissance verte. Les Etats-Unis l’ont compris. Les pays du nord de l’Europe aussi, et depuis bien longtemps. 

A nous de jouer. Il faut réaménager toute la fiscalité. J’ai longuement expliqué mon opposition à la taxe carbone version UMP, un impôt supplémentaire destiné à repeindre en vert et sur le dos des citoyens, surtout les plus fragiles, un bilan gouvernemental indigent en matière d’environnement.  Taxons plutôt Total et les compagnies pétrolières. 

Comment peut-on encore favoriser l’utilisation du charbon, du pétrole et même du nucléaire alors que ces milliards de subventions permettraient de soutenir l’énergie solaire, l’hydrogène ou les piles à combustibles ?  Nous avançons encore à contre courant.  

Entrer dans un monde durable, c’est sortir de la myopie du 20ème siècle , obsédé par la croissance économique à n’importe quel prix. 

Investir dans la croissance verte, le développement durable, c’est investir dans  l’épanouissement humain, qui est le seul, garant, à terme, de la paix civile, économique et sociale.    

Cette fraternité entre l’homme et son environnement, à nous de la faire avancer dans les esprits et dans les faits. 

Mes chers amis, 

Nous voici  à la croisée des chemins. 

Dans quelques jours, le G20 se réunira à  nouveau. Nous savons déjà que l’hyper communication  et que les images qui vont déferler matin midi et soir vont nous démontrer  par A +B que ce sommet est un succès , que les dirigeants, mains dans la mains, sont parvenus à moraliser le capital . Mais ou est la morale quand les banques recommencent à verser des bonus indécents ? 

Ou est la décence quand le système redémarre comme si de rien n’était ? 

Ou est la fraternité, l’humanisme, le respect du peuple quand les financiers recommencent à s’engraisser, alors que les PME n’arrive même pas à accéder à un crédit pour pouvoir tenir, que dis je pour pouvoir survivre ? 

Ou est le succès quand tout semble recommencer comme avant, comme si de rien n’était ? 

Nous n’acceptons pas ce «  comme si de rien n’était … Dans ce paysage de champ de bataille dévasté par la crise, il est plus que jamais indispensable de s’en remettre à des valeurs et des règles simples, claires, discutées par tous et en premier lieu par les contribuables. Les tenir à distance du débat sur l’avenir du capitalisme, alors même qu’ils ont été les premières victimes de la crise, paraît inconcevable.

Les règles que je propose sont frappées au coin du bon sens. 

1) Première règle : encadrer strictement les bonus, voire si possible les interdire, car ils sont le signe extérieur d’une société qui se délite et qui, au fond, perd son âme, car ils nous interrogent sur la France, l’Europe et le monde dans lequel nous voulons vivre. Et je vous pose la question : est-ce qu’un trader est plus utile à la société qu’un médecin, qu’un instituteur ou qu’un postier ? Et là encore, il est question de fraternité. Ceux qui veulent défendre le système actuel,  sont les mêmes qui raillent l’idée de fraternité. Ils se croient des réalistes, ils se croient des gens sérieux. Mais oublier la fraternité, c’est l’irréalisme même, autrement dit, comme le dit Régis Debray, les phraseurs, ce sont eux. Ce sont eux les têtes en l’air, ceux qui n’ont plus les pieds sur terre, sur la terre des hommes et des femmes sans bonus ni parachute doré.

2) Deuxième règle : mettre fin aux intolérables collusions, conflits d’intérêts, négligences tacitement acceptées entre ceux qui soi-disant régulent et les banques dont ils sont censés assurer la surveillance. Dans l’ombre, des lobbys puissants s’affairent. Les puissances bancaires ont leurs entrées dans les cercles du pouvoir. Elles demandent l’aide de la puissance publique mais refusent que l’Etat rentre à leur capital ; elles font mine d’accepter des contraintes sur les rémunérations et les bonus, mais ces contraintes n’en sont pas. Le discours s’est brouillé. Les leurres prolifèrent. Tout le monde est pour la régulation. Tout le monde est pour l’Etat. Tout le monde est pour le contrôle. Un savant jeu de rôles est organisé. Le gouvernement doit montrer qu’il agit. Les mots sont durs, les banques sont convoquées, on pousse des cris d’orfraie, c’est la place financière de Paris qu’on assassine. La menace est jugée médiatiquement crédible, le pouvoir est satisfait ; les banques se rassurent, les acteurs ont été bons, le pire est évité. Ces connivences existent en France, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Voilà pourquoi l’agenda du G20 est finalement si mince.

3) Troisième règle enfin : recentrer les banques sur leur véritable métier, la collecte d’épargne et le prêt aux entreprises et aux familles. Ça veut dire interdire aux établissements financiers de proposer autre chose que des produits solides, robustes, bien identifiés et tracés. La simplicité et la robustesse ont ici deux vertus : éviter l’accident intégral que nous avons frôlé l’année dernière ; rendre possible la régulation financière. Aujourd’hui, les banques gèrent les économies de millions de familles et spéculent sur les marchés financiers. Aujourd’hui, les banques françaises, allemandes, britanniques et bien souvent américaines gèrent nos dépôts et jouent avec sur les marchés financiers. Hé bien je vous le dis, c’est avec cette confusion des genres malsaine et dangereuse qu’il faut rompre. On ne devrait pas être à la fois une banque de dépôt pour les familles et les PME et une banque  s’occupant d’opérations de marchés. Ce sont deux métiers différents. Il faut donc les séparer. Aux premières la légitimité de l’intervention de l’Etat pour sauver l’épargne des ménages et le financement de l’économie. Aux secondes, celles qui spéculent, la responsabilité entière de leurs actes.

Voilà mes 3 propositions. Elles sont très simples.  Il suffit de le vouloir. Je crois à la force de la politique, je crois à la force de la décision. Je mets donc au défi  Nicolas Sarkozy d’accorder enfin un peu ses violons, ses actes à ses paroles, ses belles déclarations d’intention à ses décisions politiques.   On ne peut pas théoriser le bien être à Pittsburg et provoquer le mal être à Gandrange, à Fabris, à Molex et Continental. On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite, on ne peut pas moraliser le capitalisme au G20 et protéger les niches et le bouclier fiscal à l’assemblée. Ca n’est tout simplement  plus POSSIBLE ! 

Mes chers amis,

Nous devons être le mouvement. 
Nous voulons ne pas rester enfermés dans nos certitudes et nos réflexes. 

Nous avons la capacité de nous remettre en cause. 

Je ne crois plus aux mots valises, aux recettes clé en main, aux décrets en tout genre, aux organisations pyramidales. 

A Désirs d’avenir, je veux rendre le pouvoir de faire aux Comités locaux, la réussite de cette fête le prouve. 

La démocratie, c’est le mouvement, la capacité à anticiper, à s’adapter, se remettre à en cause quand c’est nécessaire, à reconnaitre ses erreurs,  et à repartir en restant fermement  ancré dans ses valeurs inséparables : la liberté, l’égalité et la fraternité. 

Nous devons libérer les énergies de ce pays et nous le ferons dans le mouvement. Non plus du haut vers le bas  mais horizontalement, dans un dialogue sans cesse régénéré entre les citoyens et ceux qui les gouvernent. 

C’est pourquoi je crois à la démocratie participative. Cette démocratie participative qui est à la base même de Désirs d’Avenir et qui le restera. N’ayez jamais le moindre doute sur ce sujet. Jamais. 
Nous ne pouvons plus rester statiques, accrochés à une certaine arrogance, une vision hypertrophiée de notre pays dans un monde qui change si vite, où les informations s’échangent désormais à la seconde, où qui que ce soit peut mettre en ligne en un clic sa vision du monde, ses émotions, son analyse, ses critiques ou ses joies. Internet à changé nos vies… Cette toile mondiale est en mouvement, permanent. Il ne s’agit pas de juger moralement ce phénomène. Il est, tout simplement, et nous devons nous aussi l’utiliser pour créer des valeurs positives, créer de l’espoir. 

Je relisais dernièrement des témoignages sur Roosevelt. Et l’un de ses amis citait cette phrase  que le président Roosevelt lançait à chaque fois qu’il se trouvait face à une situation bloquée … «  Il y a de nombreuses manières de soutenir la tache mais se contenter d’en parler n’en fera jamais partie. »

Ecouter beaucoup, parler peu et agir vite… voilà le mouvement que nous devons impulser. 

Allez à la rencontre des idées nouvelles, nous enrichir, avancer par addition et non plus par soustraction, être dans cette dynamique qui nous élève, cette dynamique citoyenne qui monte,  partout en France mais aussi dans le monde, de Bombay à Buenos aires, de Moscou  à Johannesburg. Face à toutes les violences, nous voulons une révolution douce, qui rende au peuple, à chacun, un véritable pouvoir de choisir sa vie, son destin et celle de ses enfants.

Je compte sur vous, adhérents de Désirs d’avenir, militants socialistes, acteurs engagés, artistes et intellectuels. La gauche compte sur vous et la France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux, pour faire émerger ce Siècle Citoyen qui s’avance. A nous d’agir et de donner envie d’agir autour de nous. De cette façon, tous ensembles, militants de gauche, militants socialistes, salariés, jeunes de toutes origines et de tous horizons, syndicalistes, habitants des campagnes et des villes, intellectuels, acteurs engagés dans les associations, oui, tous ensembles, nous accompagnerons le dépassement du parti socialiste, nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que tout le pays attend.

Voici votre feuille de route :
1)    Mobilisez-vous dans les Comités locaux pour faire de Désirs d’avenir l’avant-garde d’une nouvelle forme d’action solidaire et d’échange de services.

2)    Réactivez Cités d’avenir et Désirs d’entreprendre. Soyez les défricheurs de nouvelles actions.

3)    Faites de Désirs d’avenir un lieu de réflexion avec nos Universités populaires participatives. Et faites fleurir partout ce vaste mouvement d’éducation populaire.

4)    Soyez des témoins engagés. Chaque comité local doit recueillir les témoignages de notre temps et leur permettre de franchir le mur médiatique. A vos caméras pour interroger les salariés qui subissent la crise, éleveurs désespérés, mais aussi les réussites et les actions d’exception, qui prouvent que l’énergie du pays est là et ne demande qu’à se développer.

5)    Rétablir la vérité. Sur les faits, sur les paroles, sur les manipulations, sur les faux consensus, comme je l’ai fait sur la taxe carbone.

Je suis heureuse est fière de vous savoir présents et enthousiastes sous les critiques, les dénigrements, les malveillances, les « boules puantes » comme disait le Général de Gaulle. En avant ! Et en regardant notre bonheur d’agir et d’avancer, oui, à nous regarder, ils s’habitueront et ils viendront ou reviendront.

 

 

VIVE DESIRS D’AVENIR !
VIVE LA FRATERNITE !

 

http://www.dailymotion.com/video/xak5um_fete-de-la-fraternite-le-discours-d_news

 

http://www.desirsdavenir.org/

Pesticides : quel impact sur notre alimentation et notre santé ?

Ce soir au théâtre Dejazet projection du film Nos enfants nous accuseront, de Jean-Paul Jaud suivie d’un débat avec

- Jean-Paul Jaud, réalisateur de documentaires

- Dominique Belpomme, Professeur de cancérologie

- Serge Morin, agriculteur chargé de l’action “Terre saine, zéro pesticides” en Poitou-Charente – Paul-François, agriculteur victime des pesticides

La France est le troisième consommateur mondial de pesticides et le premier consommateur européen. A elle seule, elle absorbe un tiers des produits utilisés au sein de l’Union. On estime que la majorité de nos rivières et la moitié de nos nappes phréatiques sont aujourd’hui contaminées par les pesticides. La pollution de l’eau et des sols par les produits phytosanitaires fait l’objet d’une loi du silence.

Quand cela s’arrêtera-t-il ? Comment expliquer cette inertie ? Pourquoi le Conseil des ministres européens de l’Environnement ne s’empare-t-il pas du problème ?

Ce soir lundi 6 juillet 2009, au théâtre Dejazet, ouverture des portes à 20h00

41 bd du Temple dans le 3è arrondissement à Paris

stations de métro : République et Filles du calvaire

 

bande annonce

Événement !

Le lundi 15 juin 2009 Ségolène Royal vous invite à l’Université populaire participative de 18h30 à 21h30 à la Mairie du 4è arrondissement de Paris 2 place Baudoyer, M° Saint-Paul ou Hôtel de Ville

Quel nouveau modèle de développement économique et social pour l’après-crise ?

sous la présidence de Philippe Aghion, Professeur d’Economie à l’Université Harvard et à l’Ecole d’Economie de Paris, Médaille d’argent du CNRS

Avec :
Jacques Attali, économiste, écrivain
Yann Algan, Lauréat du Prix du jeune économiste 2009
Jean-Paul Fitoussi, Président de l’OFCE
Edouard Martin, syndicaliste CFDT, délégué syndical d’Arcelor Mittal à Gandrange

Programme de la soirée :

Ouverture par Ségolène Royal
Interventions de Philippe Aghion, Yann Algan, Jacques Attali, Jean-Paul Fitoussi, Edouard Martin
Introduction par Aurélie Filippetti et conclusion par Jean-Louis Bianco
Clips vidéos de chefs d’entreprises

La crise économique et sociale qui secoue le monde nous interpelle sur les fondements mêmes de l’économie de marché. Comment en est-on arrivé là ? Les réponses apportées à la crise, au niveau international, en Europe et en France sont-elles à la hauteur du séisme qu’elle a provoqué ? Quel point d’appui donner aux salariés pour rebondir ? Comment changer nos politiques et nos institutions pour assurer une croissance harmonieuse, juste, et durable ? Quel nouveau modèle économique, social, et politique apparait le plus prometteur a la lumière de la crise ? Voici les questions à laquelle répondront nos prestigieux invités.

Biographie des intervenants :

Philippe Aghion
Docteur d’économie à Harvard, Philippe Aghion a enseigné au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Oxford, et est aujourd’hui professeur d’économie à Harvard et à l’École d’Économie de Paris. Auteur de L’économie de la croissance, avec Peter Howitt (MIT Press, 2009), Les leviers de la croissance française, avec Elie Cohen, Gilbert Cette, et Jean Pisani-Ferry (La documentation française, 2007), Handbook of Economic Growth (Elsevier, 2005)…

Yann Algan
Docteur et agrégé en économie, Y. Algan est professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et chercheur associé au Centre de Recherche en Economie de Sciences-Po. Spécialisé en macroéconomie, Y. Algan travaille notamment sur les problématiques de l’emploi, des inégalités sociales et de la confiance comme condition de réalisation de réformes justes et efficaces. Il a reçu le Prix du jeune économiste 2009.

Jacques Attali
Ancien conseiller spécial du président de la République, François Mitterrand. Président-fondateur de PlaNet Finance, une association à but non lucratif spécialisée sur la microfinance. Auteur de nombreux ouvrages dont La crise, et après ? (Fayard, 2008), L’avenir du travail (Fayard, 2007), Une brève histoire de l’avenir (Fayard, 2006)…

Jean-Paul Fitoussi
Professeur des Universités à l’Institut d’études politiques de Paris, il est président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) depuis 1989, et Président du Conseil Scientifique de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Il est membre du Conseil d’analyse économique. Ses principales contributions ont porté sur les théories de l’inflation, du chômage, des économies ouvertes, et sur le rôle des politiques macroéconomiques. Il est coordonnateur de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social créée en 2008 et présidée par l’économiste et prix nobel américain Joseph Stiglitz.

Edouard Martin
Délégué CFDT au comité européen du groupe ArcelorMittal, il a défendu dans le cadre des négociations avec le patronat du groupe MITTAL les intérêts des salariés de l’usine de Gandrange.

Lundi 15 juin 2009 de 18h30 à 21h30 à la Mairie du 4è arrondissement de Paris 2 place Baudoyer – M° Saint-Paul ou Hôtel de Ville

 

juin 8, 2009

Foin des précautions conceptuels des leaders du PS qui ne veulent pas s’aliéner l’électorat noniste (avec le succès que l’on voit, celui-ci étant donné à 20 % d’intentions de vote) : Ségolène Royal a proclamé, mercredi 27 mai, lors d’un mééting à Rezé, que “le moment est venu de créer les Etats-Unis d’Europe“. La candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007 renoue ainsi avec éclats avec le fédéralisme des pères fondateurs dont elle se veut l’héritière.

Dans un vrai discours de combat, elle invite le Parlement européen à se transformer en constituante : « n’écoutez pas ceux vous dirons que ce n’est pas votre mandat : les délégués des États généraux n’avaient pas non plus reçu mandat de déclarer les Droits de l’Homme, pourtant ils l’ont fait. N’hésitez pas, députés socialistes, à faire entre l’Europe dans l’histoire. Appelez les parlements nationaux en renfort (…), appelez les peuples en soutien ». « Nous voulons plus d’Europe, nous voulons une Europe de plus », a-t-elle martelé :« vous devez faire l’Europe unie, l’Europe unie des peuples d’Europe ».

Un discours courageux qui rompt avec le ronron de la campagne, mais dont aucun média (hormis Bernard Guetta dans sa chronique sur France Inter vendredi matin) n’a pourtant parlé. Presse écrite, télévision, radio se sont contentées de commenter la mise en scène de la réconciliation entre « Ségolène et Martine » destinée à sauver le soldat socialiste en perdition, décrivant même parfois les tenues des deux adversaires provisoirement amies. Je n’ai découvert ce discours que tardivement parce qu’un journaliste de mes amis a attiré mon attention sur la véritable révolution qu’il constituait. Devant un tel black out médiatique, comment s’étonner que l’abstention sera sans doute le grand vainqueur d’un rendez-vous pourtant fondamental pour l’avenir ? Le discours de Royal avait pour but de lancer un vrai débat sur le projet européen : faut-il revenir à l’État nation, s’en tenir à l’existant ou accélérer le mouvement, face aux crises qui ravagent le monde ? Manifestement, personne n’a envie d’un tel débat, que ce soit du côté des politiques ou des journalistes. Le citoyen n’est pas censé s’intéresser au fond.

Meeting de Rezé : discours de Ségolène Royal

 

publié le juin 3, 2009

RELATIONS AFRIQUE – EUROPE

Débat organisé dans le cadre des UPPC lundi 18 mai au théâtre Dejazet.

La vedette de cette soirée d’échanges de références historiques, sociales politiques, n’était pas (seulement !) Ségolène Royal, ni même les grands témoins qu’elle avait su mobiliser avec un choix si judicieux, mais bien l’ensemble des  participants qui a pu dialoguer  et intervenir dans l’écoute attentive de tous, la parole libérée.

Beaucoup de simplicité, de respect dans ces interventions ; les postures idéologiques ou les problématiques concrètes ont été mises à jour au-delà des contradictions secondaires dans un langage universel : celui de la pédagogie attentive, du débat passionné mais amical, de la contradiction argumentée des convictions de chacun.

Nombre de ces sujets sensibles tels que l’esclavage, la colonisation, les conflits ethniques, le rôle des Etats, furent abordés sans tabous, sans détours ;  la réflexion de tous a pu progresser à la lumière des exposés des grands témoins réunis.

De l’échange sur les formes de coopérations bilatérales, se sont dégagées des propositions concrètes de fonctionnement, d’ajustement entre les nations et de concertation pour une meilleure réappropriation des projets et leur pérennisation.

On ne peut que plébisciter ces rencontres ouvertes, denses, conviviales, loin des étapes contre la montre où le journaliste abrupt (grossier) interrompt son malheureux invité pour des raisons de temps ou d’audience. Là, écoute et tolérance, même lorsque parfois l’intervention débordait de son sujet.

Beaucoup d’entre nous garderons ce moment privilégié, suspendu aux lèvres de la Fraternité.

 

Joëlle Féral DA Paris 15ème

mai 20, 2009

 

Biographie des intervenants

Elikia M’Bokolo

Né en 1944 à Kinshasa, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé d’histoire, directeur d’études à l’EHESS, il est en France l’un des spécialistes les plus reconnus de l’histoire de l’Afrique. Il a également participé à la rédaction duPetit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy (La Découverte) dirigé par Adame Ba Konaré.

vidéo de Elikia M’Bokolo

Stéphane Hessel

Né à Berlin en 1917, résistant français, diplomate et ambassadeur, Stéphane Hessel a été l’un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Il a notamment écrit Ô ma mémoire – La poésie, ma nécessité (Seuil, 2006) et Danse avec le siècle (Seuil, 

vidéo de Stéphane Hessel

Daniel Maximin

Né en 1947 à Saint-Claude (Guadeloupe), Daniel Maximin est romancier, poète et essayiste. Directeur littéraire aux éditions Présence Africaine de 1980 à 1989, nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 1993, Chevalier des Arts et Lettres en 1995, il a organisé la célébration nationale du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Il a été le maître de cérémonie de l’hommage à Aimé Césaire lors de ses obsèques le 20 avril 2008 à Fort-de-France.

Souleymane Bachir Diagne

Né en 1955 à Saint-Louis (Sénégal), ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, Souleymane Bachir Diagne est professeur de philosophie à l’université Columbia (New York). Comme philosophe, il s’est spécialisé dans l’étude de la logique et des mathématiques, de l’épistémologie, et des traditions philosophiques de l’Afrique et de l’Islam. Désigné par le Nouvel Observateur comme l’un des 25 plus grands penseurs du 21e siècle, il a participé à la rédaction de L’Afrique répond à Sarkozy (éd. Philippe Rey) dirigé par Makhily Gassama.

Achille Mbembé

Né au Cameroun en 1957, docteur en histoire à la Sorbonne en 1989, secrétaire exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) Achille Mbembé est aujourd’hui professeur d’histoire de l’Afrique, de politique africaine et de sciences sociales à l’Université du Witwatersrand de Johannesburg. Il est l’un des créateurs du concept de « postcolonialisme ».

Jean-François Bayart

Né en 1950, Jean-François Bayart est docteur d’Etat en sciences politiques et directeur de recherche au CNRS, spécialiste de politique comparée, en particulier de l’Afrique. Membre du conseil scientifique de African Affairs, co-fondateur de la revue Politique africaine, consultant permanent au Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, enseignant à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Jean-François Bayart a également dirigé le Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de 1994 à 2000. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les sociétés politiques d’Afrique et du Moyen-Orient : L’Etat en Afrique (Fayard, 1989), L’Illusion identitaire (Fayard, 1996) etLe Gouvernement du monde. Une critique politique de la mondialisation(Fayard, 2004).

Alice Cherki

Née à Alger dans une famille juive, Alice Cherki a travaillé avec Frantz Fanon en Algérie, puis en Tunisie et participé activement à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Psychiatre et psychanalyste, elle est notamment coauteur de deux ouvrages, Retour à Lacan ? (Fayard, 1981) et Les juifs d’Algérie (Editions du Scribe, 1987). Elle a publié plusieurs articles portant sur les enjeux psychiques des silences de l’Histoire. En 2000, elle a publié Frantz Fanon, Portrait (Seuil).

Catherine Coquery-Vidrovitch

Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de l’université (1959), docteur 3e cycle (1966), docteur ès-lettres (1970), professeur émérite à l’Université Paris-VII-Denis-Diderot, Catherine Coquery-Vidrovitch est spécialiste de l’histoire de l’Afrique, notamment de l’histoire du concept d’impérialisme, de l’histoire du capitalisme en Afrique et de l’histoire des villes africaines. Elle a publié une vingtaine d’études comparées sur les pays du tiers-monde. Elle a également participé à la rédaction du Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy (La Découverte) dirigé par Adame Ba Konaré.

vidéo de Catherine Coquery-Vidrovitch

Lazare Ki-Zerbo

Né en 1965 à Ouagadougou, Burkina Faso, docteur en philosophie, Lazare Ki-Zerbo a enseigné à l’Université de Ouagadougou de 1995 à 1999. Chargé de mission à la Francophonie, membre du Mouvement des intellectuels du Burkina Faso, membre du Centre d’Etudes pour le Développement Africain (CEDA), il a également fondé le Comité International Joseph Ki-Zerbo. Ses centres d’intérêt et publications portent sur le panafricanisme, le fédéralisme et les relations entre mémoire et nouvelles technologies. Lazare Ki-Zerbo est le fils de l’historien et politique burkinabè Joseph Ki-Zerbo. 

Pierre Boilley

Professeur d’histoire de l’Afrique contemporaine à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, directeur du laboratoire CEMAf (Centre d’études des mondes africains, CNRS/Paris1/EPHE/U-Provence), Pierre Boilley a effectué de nombreux séjours en Afrique et au Sahara depuis 1979. Il a Co-publié avec E. Bernus, J. Clauzel et J.-L. Triaud, un ouvrage intitulé Nomades et Commandants(Karthala, 1993). En janvier 2008, à Bamako, avec d’autres intellectuels africains et européens, Pierre Boilley participe à la création d’un « comité scientifique de mémoire Afrique », en réaction au discours prononcé à Dakar en juillet 2007 par Nicolas Sarkozy. Il a également participé à la rédaction du Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy(La Découverte) dirigé par Adame Ba Konaré.

 

vidéo de Ségolène Royal

vidéo de Jean-Pierre Mignard

A l’invitation de Ségolène Royal et de Dominique Bertinotti, Maire du 4e, la première Université participative de la connaissance s’est tenue le 29 avril à la Mairie du 4e sur le thème de la Fraternité. Une séance de travail et de débats de 4h30, particulièrement passionnante, intellectuellement riche et, au final, pleine d’espoir, qui a réuni quelque 350 personnes dans la Salle des fêtes de la Mairie.

Présentés par Ségolène Royal, les différents intervenants ont abordé, au cours de deux tables rondes, la question de la fraternité sous des angles très divers : l’histoire, la philosophie, le syndicalisme, la politique de terrain, le mouvement mutualiste, la décolonisation, la franc maçonnerie, le conflit israélo-palestinien, l’indépendance de l’Afrique. A travers ces différentes approches, ces différentes facettes, les intervenants comme le public se sont efforcés de donner tout son sens et son actualité au mot Fraternité, ce mot qu’on a toujours plus de peine à définir que les deux autres termes de notre devise nationale.

1ère table ronde

Le premier à prendre ensuite la parole a été Régis Debray, auteur de « Le moment Fraternité » qui, avec Ségolène Royal, avait souhaité ce débat afin de poursuivre par une réflexion commune le brillant discours qu’il avait prononcé sur ce thème lors de l’A.G. de Désirs d’Avenir au Théâtre Dejazet. Régis Debray a rappelé que ce mot de « Fraternité » n’a été inclus dans la devise républicaine qu’en 1848 lorsqu’a eu lieu la première Fête de la Fraternité. Etroitement liée à l’héritage républicain et révolutionnaire français, mais “petite cousine oubliée” selon le mot de Régis Debray, la fraternité est-elle d’actualité ou à contretemps ? D’où vient-elle et pour nous emmener où ? La fraternité, c’est un regroupement sur des critères symboliques, qui prend à rebrousse-poil le “je préfère mon frère à mon cousin et mon cousin à mon voisin”. On ne naît pas frère, on le devient, par un acte de fraternisation. Une fraternité est une famille non pas dénaturée, mais « transnaturée ». Ce mot de Fraternité, que certains méprisent parce qu’ils lui trouvent une connotation « religieuse », que d’autres traitent avec condescendance parce qu’il n’est pas de l’ordre de la loi, fait peur en réalité parce qu’il implique une forme de transgression (ex. quand l’armée « fraternise » avec le peuple ) et qu’il résiste à la « stratégie du salami » des puissants, qui est d’empêcher les différentes catégories sociales de se rejoindre dans un même élan fraternel né du rejet de l’atteinte à la liberté ou à l’égalité.

Christiane Taubira, députée de Guyane, animatrice de la première table ronde, a lancé le débat en évoquant la « fraternité fantasmée » dans les lectures de sa jeunesse, ses interrogations sur « les espaces qui font éclore la fraternité » et en citant Aimé Césaire, pour qui « la fraternité, c’est l’altérité ».

Pierre Manent, philosophe du libéralisme, a rappelé qu’en France la pensée libérale du 18e siècle a de fait libéré les hommes de leur condition de sujets. Mais, dit-il, si les penseurs du 18e savaient qu’ils nous libéraient, ils ne savaient pas dans quel but. Ce ne sont pas eux qui ont apporté les concepts qui leurs ont succédé, à savoir la nation et la classe sociale. Mais l’un comme l’autre sont aujourd’hui très affaiblis et on ne sait pas comment les sortir de leur atonie : en effet, le grand projet de produire des fraternités nouvelles a abouti au communisme et ses conséquences dramatiques. On risque donc de produire à nouveau des fraternités dangereuses parce que, pour se constituer, la fraternité a besoin d’ennemis.

Pour Robert Damien, philosophe et historien, la première chose à savoir est que la fraternité est une invention de 1789 qui n’a pas d’auteur. Ou plutôt, c’est le peuple qui en est l’auteur. Elle est hors du cadre conceptuel. C’est l’émergence de quelque chose qui n’est ni la sympathie, ni l’amitié et qui se manifeste lorsque surgit un grave danger. D’où sa dimension proprement politique. Elle est d’ailleurs plutôt contemporaine de la patrie que de la nation. Elle prend source dans la littérature, la poésie car il n’y a pas de fraternité sans lyrisme ; sa matrice de réflexion est celle du catholicisme social de Lamennais et Ozanam ; sa matrice politique est le socialisme de Proudhon et Marx ; sa matrice normative est le droit social qui structure la solidarité laquelle est partie et produit de la fraternité.

De son côté, Jean-Claude Guillebaud, essayiste et journaliste, a souhaité aborder la question de la fraternité sur « un mode offensif », en estimant qu’elle est au cœur de la pensée économique contemporaine. Tout d’abord parce que le vrai atout d’une économie nationale, c’est la cohésion sociale, donc la justice. Ensuite parce qu’au cœur de l’efficacité économique, l’ingrédient trop souvent oublié est la gratuité, c’est-à-dire le « plus » que les gens donnent dans leur travail au-delà de ce qui leur est demandé, exigé voire payé. Enfin, troisième élément aujourd’hui écarté est ce que l’on appelle la « corporate governance » qui a pendant longtemps donné la primauté, dans une entreprise, aux « stakeholders » ou partenaires qui ont un enjeu dans une entreprise, qu’ils soient employeurs ou employé ; aujourd’hui on a donné le pouvoir aux « shareholders » ou actionnaires dont le seul enjeu est le gain.

Enfin, Charles Conte, représentant la Ligue de l’Enseignement, a évoqué la question de la fraternité dans le monde maçonnique. Il a rappelé qu’en Grande Bretagne, où la franc-maçonnerie s’est développée avant la France, les francs-maçons sont connus sous le nom de « Brotherhood » ou Fraternité et que, partout, entre eux ils s’appellent des frères. Une fraternité choisie et vécue comme telle, fondée sur des valeurs communes. Un grand regret toutefois, l’absence des femmes dans les loges franc-maçonnes qui retire une partie de sa dimension à la fraternité.

 

DEBAT AVEC LA SALLE

2e table ronde

Dominique Bertinotti, Maire du 4e, a lancé le débat en évoquant la fraternité dans l’exercice d’un mandat local à partir de deux exemples concrets et quotidiens : l’accompagnement des Sans Domicile fixe et le soutien aux enfants de Sans-papiers. Elle a commencé par différencier la solidarité qui classe les individus en fonction des aides auxquelles ils sont éligibles, et la fraternité qui crée du lien, qui réunit sans tenir compte des positionnements politiques ou des positions sociales. Ainsi, la question des SDF ne peut se résumer à l’absence de toit, et la réponse n’est donc pas uniquement dans la fourniture d’un abri (ce à quoi pourrait se limiter la solidarité sur ce sujet). Il faut voir, plus profondément, la resocialisation des sans-abris, leur re-fraternisation en quelque sorte, leur « reliance » à la société. Traiter le problème des sans-abris, c’est au final avant tout les reconsidérer, les intégrer, leur donner une place dans la société. C’est bien en cela que la fraternité dépasse la notion de solidarité. Dominique Bertinotti a cité à ce propos l’implication dans ce long et difficile travail d’habitants de l’arrondissement qui vont de l’ancien SDF venu soutenir ses anciens camarades de la rue au « trader » qui s’implique parce qu’il donne ainsi un vrai sens à sa vie.

La Maire du 4e a également évoqué la combativité de ceux qui, dans l’arrondissement, bravent les lois d’immigration pour venir en aide aux écoliers de l’arrondissement dont les parents sont sans papiers, malgré le danger que cela représente. Elle a souligné que leur implication va au delà des divergences idéologiques ou religieuses de chacun, dans une volonté commune de s’organiser pour venir en aide à ceux qui subissent l’injustice, surtout les plus vulnérables comme les enfants. Cette fraternité, là encore, transcende les clivages traditionnels dans un commun combat quotidien difficile, long, anonyme…

 

Secrétaire nationale de la CFDT, chargée des questions de société, Anousheh Karvar est revenue sur l’histoire de la CFDT dans ses rapports avec la fraternité : une fraternité liée aux racines chrétiennes de ce qui fut au départ la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens). Elle a indiqué que le mot de fraternité figurait en effet très fréquemment dans les textes et les débats jusqu’à ce qu’on appelle « l’évolution », c’est-à-dire la transformation de la CFTC en CFDT en 1964. A partir de là, ce mot est remplacé par celui de solidarité jusqu’à une date relativement récente – il correspond à une époque où les luttes sociales et les mouvements politiques allaient de pair. Depuis quelques années, le CFDT revient à l’usage du mot Fraternité en même temps qu’elle se donne une identité détachée de tout lien politique et qu’elle revient à privilégier la négociation tant que la confrontation n’est pas le seul recours qui reste.

Pour Daniel Le Scornet, ancien président de la Fédération des Mutuelles de France, le mouvement mutualiste a été le moyen de concrétiser le partage, donc la Fraternité, qui sous-tend le système social tel qu’il a été conçu au lendemain de la guerre. Malheureusement, ses « grandes sœurs » que sont la politique et le syndicalisme n’ont pas assez protégé la petite dernière qu’était le mouvement mutualiste des aléas de l’idéologie individualiste. Ce mouvement s’affaiblit donc mais tente malgré tout de maintenir les valeurs qui ont été la base de son existence et de sa prospérité.

DEBAT AVEC LA SALLE

La fraternité et le conflit israélo-palestinien : ce thème a été abordé de manière passionnée par Jean Claude Petit, ancien directeur de l’hebdomadaire La Vie. Il est notamment revenu sur ce qu’il a constaté lors de ses fréquents voyages en Israël et en Palestine, dont le dernier remonte à quelques semaines. Il a pointé la “fraternité en miettes”, conséquence de la déliquescence des relations entre les deux peuples et la perte de toute valeur humaine. Après un rapide rappel historique des événements les plus marquants, il a parlé de l’espoir que beaucoup, dont lui-même, avaient ressenti au moment des accords d’Oslo, et notamment la très célèbre poignée de main entre Arafat et Rabin sous l’œil attentif de Clinton, puis la déception incommensurable quand Rabin fut assassiné à Tel Aviv par un juif extrémiste, « un membre de la fratrie qui a détruit la fraternité » et balayé par là même tout le processus et l’espoir de vivre ensemble en paix. Depuis, les différentes tentatives menées par ce que l’on nomme le Quartet (USA, Europe, Russie, ONU) se sont révélées totalement inutiles. Jean-Claude Petit a aussi montré une carte de Israël/Palestine, qui illustre très clairement la multiplication des colonies avec des Palestiniens se retrouvent de plus en plus dans ce qu’ils appellent des bantoustans. En Cisjordanie les palestiniens ne peuvent presque pas se déplacer, ceux qui ont des permis de travail doivent faire preuve de beaucoup patience et d’obstination pour affronter l’humiliation des check-points et le bon vouloir des soldats de Tsahal pour pouvoir se rendre travailler en Israël,  il leur arrive parfois de devoir attendre 5 heures pour pouvoir passer. Et Gaza est totalement isolée et personne ne peut ni sortir ni entrer, de même pour les camion avec le matériel qui doit servir à la reconstruction. Il a terminé en demandant à tous, médias et société civile, d’aider par tous les moyens et plus que nous ne le faisons, les femmes et les hommes, les associations des deux camps qui militent pour la paix, afin que la communauté international prenne enfin les responsabilités qui s’imposent pour arrêter cette dérive humaine et réinstaller de l’humanité et de la fraternité entre les deux peuples.

La fraternité en Afrique : une présentation brillante du philosophe normalien Salim Abdelmadjid qui en a bluffé plus d’un à plus d’un titre. Maniant avec dextérité les concepts de fraternité familiale, fraternité universelle, fraternité de combat, il a permis notamment de balayer les idées reçues selon lesquelles la fraternité serait un sujet occidental. Il a expliqué que les Africains ont aussi élaboré leur concept de fraternité, avec leurs mots à eux, leur propre histoire et leur propre culture en dépassant, après le douloureux processus de décolonisation, le clivage Blanc/Noir. Après avoir parlé de la fraternité des peuples africains (avec l’exemple de l’Union Africaine), il a également traité la question de la fraternité entre l’Europe et l’Afrique, conditionnée à l’expression d’un pardon sur le passé colonialiste, en précisant la différence entre le mot pardon et le mot repentance : le pardon est un acte altruiste qui donne justice à celui qui a subi un tort ; la repentance est faite pour soi, pour se dédouaner et se déculpabiliser. Salim a cité en exemple de cette fraternité basée sur le pardon le cas de l’Afrique du Sud et la commission la “Vérité et Pardon”, à l’initiative de l’évêque Desmond Tutu, qui a permis une certaine réconciliation entre bourreaux et victimes de l’époque de l’apartheid.

Il est revenu à Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d’Avenir, de faire l’intervention finale, à laquelle il a donné lui aussi une dimension internationale, voire universelle. Revenant sur la fameuse Controverse de Valladolid qui, en 1550, dut décider si oui ou non les Indiens d’Amérique avaient une âme et qui arriva finalement à la conclusion qu’ils en avaient une, que donc ils étaient nos « frères en Dieu » et que par conséquent on ne pouvait les traiter en esclaves, Jean-Pierre Mignard a souligné que les grands défis qui se posent au monde d’aujourd’hui nécessiteront que nous fassions appel à la fraternité si nous voulons les surmonter. Parmi ces grands défis, celui des pandémies qui exigent une véritable fraternité mondiale pour ne pas laisser des peuples voire des continents à la merci de la maladie, comme c’est le cas avec le sida en Afrique. Celui de l’environnement également, puisque les changements climatiques sont notre problème à tous dans l’espace comme dans le temps.

Ségolène Royal a pris ensuite la parole pour clore les débats. Elle a souligné que ceux qui se moquent de la fraternité, ceux que Régis Debray appelle « les railleurs », auraient bien fait de venir assister aux échanges de la soirée, preuve s’il en fut que les « supporters » savent aussi réfléchir… Elle a également tenu à rappeler à ces « railleurs » qui se sont moqués d’elle parce qu’elle avait revêtu un boubou bleu lors de son voyage au Sénégal, que les femmes qui le lui ont offert portaient tous le même en signe de deuil parce qu’il rappelle le bleu de la mer où leurs fils se sont noyés en tentant de rejoindre l’Europe dans leurs petites embarcations de pêches. En conclusion, Ségolène Royal a rappelé toutes les prochaines rencontres les prochains débats qui se dérouleront d’ici la fin de l’été et dont vous trouverez les détails et les dates sur le blog de DA Paris.

Conclusion

Ce qui était particulièrement intéressant et rassurant, c’est la parfaite concomitance entre l’explicitation théorique des concepts autour de la notion de fraternité et leurs applications pratiques. Les débats ont tous pris cette double dimension : une réflexion sur le fond, tantôt philosophique, tantôt sociologique, doublée d’illustrations très concrètes, parfois locales, parfois très internationales.

Ces débats ont permis de donner du relief à cette valeur qui a suscité tant de moqueries lors de la fête de la fraternité (c’est étonnant de se dire que jamais on ne se serait moqué d’une “fête de l’égalité” ou d’une “fête de la liberté”). Ce n’est pas pour rien que « fraternité » orne les frontispices de nos mairies ! Il s’agit d’une valeur fondamentale, souvent ignorée, et qu’il convient de remettre au centre de notre vie politique. Une valeur qui fait sens, et qui fait écho en ces temps de crise, d’individualisme exacerbé. Howard Dean nous expliquait récemment, toujours à la Mairie du 4e, que la campagne de Barack Obama était centrée sur les valeurs, en particulier le changement (change). Et si fraternité, c’était notre change à nous, cette valeur universelle, que chacun peut s’approprier à sa manière ?

S’il y avait un « enseignement » à tirer de ces débats, c’est que la liberté laissée à elle-même peut devenir individualisme imposé au détriment de la liberté d’autrui, que l’égalité laissée à elle-même peut devenir égalitarisme autoritaire : la fraternité est là pour donner ce supplément d’humanité, pour rappeler que liberté et égalité prennent toute leur dimension dans le respect de l’autre, bref dans l’altérité.

 

Laëtitia de Warren, Fabien Sécherre et Patrizia di Fiore

Désirs d’avenir

avril 30, 2009

EVENEMENT !

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La fraternité en débat, avec Ségolène Royal, Dominique Bertinotti, Regis Debray, Michelle Perrot et Olivier Ihl, Jean Claude Guillebaud, Christiane Taubira, Daniel Le Scornet, Anousheh Karvar, Robert Damien, Pierre Manent Sandra Laugier, Salim Abdelmadjid, Jean Claude Petit

Conférence débat le mercredi 29 avril 2009 de 18:00 à 22:00 à la salle des fêtes de la mairie du 4è arrondissement de Paris

La parution récente du livre de Régis Debray (”le moment fraternité”, Gallimard, 2009) invite à mettre la “Fraternité en débat”. Ce troisième terme de notre devise nationale, étroitement lié à l’héritage républicain et révolutionnaire français, mais”petite cousine oubliée” selon le mot de Regis Debray, est-elle d’actualité ou à contre-temps? D’où vient-elle, et pour nous emmener où ?

Cette journée d’études, conçue sous forme de dialogues d’universitaires et intellectuels, qui alterneront avec des témoignages d’acteurs engagés dans l’action (élus et syndicalistes) examinera tour à tour la place de la fraternité dans notre histoire politique, sociale et syndicale, sa généalogie intellectuelle, ses enjeux philosophiques, sa pertinence au regard d’autres traditions politiques (africaine et américaine)

Seront présents, outre Ségolène Royal et Dominique Bertinotti : Regis Debray, Michelle Perrot et Olivier Ihl (historiens), Jean Claude Guillebaud (essayiste et journaliste), Christiane Taubira (députée), Daniel Le Scornet (mouvement mutualiste), Anousheh Karvar (CFDT), Robert Damien (philosophe), Pierre Manent (philosophe) Sandra Laugier (philosophe), Salim Abdelmadjid (philosophe), Jean Claude Petit, ancien directeur de l’hebdomadaire La Vie

VENEZ NOMBREUX !

 

avril 27, 2009

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