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Archive for octobre 2009

Lundi 5 octobre, à peine revenu des Etats-Unis, Bernard-Henri Levy a animé une passionnante université populaire participative de Désirs d’Avenir au côté de Ségolène Royal

Desirs d’Avenir est un laboratoire d’idées, une association carrefour et un réseau social, qui rassemble toutes celles et ceux qui veulent réfléchir et agir pour un nouveau modèle de civilisation et d’humanité.

Bravo aux plus de 2 millions de citoyens qui sont venus voter pour le service public de la poste.

Notre ambition c’est l’éducation populaire qui donne à chacun les outils et les connaissances pour comprendre le monde et donc pour agir sur lui. Et ne pas se laisser déposséder du pouvoir de maîtriser sa vie.

C’est pourquoi nous avons créé l’Université populaire participative de Désirs d’Avenir.

Elle est populaire parce que gratuite et accessible à tous et retransmise sur le site. Ceux qui sont loin peuvent en profiter.

Elle est participative car chaque rencontre est précédée de questions et de débats sur internet où dans les comités locaux – 600 comités locaux structurent Désirs d’Avenir – et elle est suivie de débats, d’écrits, dans les mêmes conditions.

Ce soir c’est une université spéciale notre grand témoin est Bernard-Henri Lévy et nous sommes particulièrement honorés de vous avoir. J’ai au moins trois bonnes raisons de me réjouir de la présence de Bernard-Henri Lévy, ici, ce soir, avec nous.

La première raison c’est l’intellectuel, et le philosophe, qu’il est. Nous ne sommes, évidemment, pas toujours d’accord sur tout. Mais de la « Barbarie à visage humain » en 1977 à son « Siècle de Sartre » en 2000 ou à son « Grand Cadavre à la renverse » il y a deux ans, il a fini par s’imposer comme l’un des tout premiers dans son ordre. Il interpelle la gauche. Il l’oblige à réfléchir et à se remettre en question. Et il le fait en prenant, lui-même, des risques philosophiques et politiques réels.

Je respecte cela.

De même que je respecte les autres risques qu’il prend. Les vrais. Les physiques. Ceux auxquels il s’expose quand il va enquêter au Pakistan sur la mort de Daniel Pearl ou quand il fait, pour le journal Le Monde, le tour des guerres oubliées d’Afrique. Combien sont-ils à prendre ces risques-là ? Combien sont-ils à se mettre, tout entiers, dans les combats qu’ils mènent ?Un intellectuel qui pense debout, un écrivain qui n’a pas froid aux yeux, cela me plait.

La seconde raison c’est la connaissance qu’il a de l’Amérique. Il y vit une partie de son temps. Il y tient, grâce, en particulier, à ses chroniques dans le New-York Times, d’un poste d’observation privilégié. Et il est surtout l’un des tout premiers, sinon le tout premier, à avoir publiquement annoncé, la victoire de Barack Obama. J’ai relu, avant de venir, l’article qu’il a donné, fin 2004, c’est-à-dire quatre ans avant la victoire, au magazine Atlantic Monthly. Nous en avons la preuve puisqu’il a repris cet article, quelques mois plus tard, dans son livre American Vertigo. Et, là aussi, que voulez-vous que je vous dise ? On est en 2004, donc. Ce texte s’appelle « Un Clinton noir ». Et, à une époque où personne, ni en France ni même aux Etats-Unis, n’est prêt à parier un kopeck sur cet inconnu qu’est alors Barack Obama, lui, Bernard-Henri Lévy, explique comment et pourquoi l’inconnu en question remportera l’élection. Salut l’artiste ! Chapeau la prédiction ! Et merci d’être venu, ce soir, nous donner votre analyse de l’état de la société américaine et de l’état de santé de la présidence Obama un an, ou presque, après ses débuts.

Et puis ma troisième raison est plus personnelle. Et, puisque nous sommes entre nous, vous me permettrez de vous en dire un mot – sans ambages et sans fards. BHL est de ceux qui, pendant la campagne, m’ont défendue avec ardeur et loyauté. Et il est de ceux qui, depuis la campagne, alors que quelques autres, ont discrètement pris leurs distances, ont choisi de rester fidèles. C’est précieux la fidélité, comme la vôtre à tous ici présents. Ce n’est pas si fréquent, le désintéressement comme le vôtre à vous tous ici présents. Et on ne peut pas s’empêcher, dans les moments où c’est plus dur, de compter les vrais amis. Eh bien en voici un. Voici un homme sur qui je sais que je peux compter et dont je sais que l’amitié n’est pas indexée sur les humeurs de l’opinion et les sondages. Merci, Bernard-Henri Lévy. Merci d’être vous-même et merci, une fois encore, d’être des nôtres aujourd’hui – alors que vous arrivez, justement, tout juste des Etats-Unis. L’avion est arrivé à 14 heures. Merci de ne pas l’avoir raté.

Je voudrais enfin, avant de lui laisser la parole, vous donner lecture de deux très courts textes consacrés à notre invité de ce soir.

Le premier est de François Mitterand et le second est de celle qui est devant vous. Le premier est signé de François Mitterrand, il est extrait de L’Abeille et l’architecte ; et date de 1977. « J’ai connu Bernard-Henri Lévy alors qu’il venait d’entrer à Normale supérieure. Je me flatte d’avoir pressenti en ce jeune homme grave le grand écrivain qu’il sera.  Un danger le guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l’y prépare. Je ne m’inquiète pas de ce goût de plaire qui l’habite et l’entraîne aujourd’hui hors de son territoire. Quand il s’apercevra qu’il possède en lui-même ce qu’il cherche il reviendra à sa rencontre. Le voudrait-il qu’il n’échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, de dandy, de la cendre. Peut-être me trompé-je, peut-être cédera-t-il aux séductions du siècle au-delà du temps qu’il faut leur accorder. J’en serais triste. Mais j’accepte qu’il dépense encore beaucoup d’orgueil avant de l’appeler vanité. J’ai apporté de France avec moi La Barbarie à visage humain que j’annote pour mes chroniques. C’est, à l’image de son auteur, un livre superbe et naïf. Superbe par le verbe, le rythme intérieur, l’amère certitude qu’il n’est qu’incertitude. Naïf par l’objet de sa quête, qui le fuit dès qu’il en approche. N’empêche, le mouvement dialectique monte haut. Bernard-Henri Lévy, caressé, adulé, propulsé, trituré par les média, adieu sourire de connivence, geste ailé d’une main amie, adieu langage à demi-mot ? Non, au revoir. » François Mitterrand.

Et voici le second. C’est l’extrait de « Ma plus belle histoire, c’est vous » et date de l’année dernière. « J’ai reçu l’appui infiniment précieux d’un philosophe français réputé pourtant lointain de ce que je pouvais représenter. Au début sceptique, il s’est révélé d’une solidité et d’une fidélité à toute épreuve pendant la campagne – et, ce qui est plus rare, après [… ] Nous nous retrouvions dans un café, non loin de mon antenne de campagne, souvent à l’occasion du bouclage des grands discours, ou alors la veille ou le lendemain des grandes émissions. […] Le talent, la gaieté, l’intelligence, la gagne, étaient communicatifs et parfois, lorsque la fatigue déformait mes traits et qu’il me répétait des compliments que je ne répéterais pas ici. C’était exagéré. Mais cela me faisait rire et, je l’avoue, ne pouvait pas me faire de mal […] Sur la mondialisation, sur la Russie, sur les libertés, sur les génocides, je retrouvais toutes ses analyses, si aiguës et si actuelles, de la Barbarie à visage humain. »

Ségolène Royal

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