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Archive for the ‘humour’ Category

Je me permets de publier des extraits de la dernière Chronique du Fourbe, du cher Pangloss (cliquer ici) dont je suis une lectrice fidèle et passionnée afin de vous la faire partager.

Après la chronique du Roué, sur la période Chirac, Pangloss continu son travail précieux sur la période Sarkozy dans ce style particulier qui lui va si bien et enchante les amateurs  de la langue française.

Très bonne découverte et très bonne lecture

Patrizia di Fiore

Nouveau scandale en Languedoc, après que le gouverneur Frêche eût dit que le Mage Fabius lui paraissait avoir une mine pas très catholique (ce qui était la moindre des choses, s’agissant d’un prince Huguenot).

La sarkopropaganda s’en empare et en fait ses choux gras, la distillant en boucle sur les étranges lucarnes pour que le monde entier n’ignore rien du satrape languedocien, de ce Gauleiter (si ! si !), ce Sardanapale qui se roulait dans l’abjection, le racisme et la haine des hébreux.

Sus à la bête ! taïaut ! taïaut ! taïaut ! ah ! l’abominable obersturmführer, te voilà démasqué !

En omettant toutefois de dire (ah ! les honnêtes gens !) que ledit gouverneur Frèche donnait la réponse du berger à la bergère, après que le mage Fabius eût susurré sur les ondes qu’il ne voterait pas pour lui, le trouvant fort peu Orthodoxe.

Là-dessus, n’écoutant que ce qu’ils voulaient entendre, tout Solférino se lève comme un seul homme, Martine du Ch’nord en tête, et plonge la tête la première dans la trappe ainsi tendue.Les barons Huguenots n’étaient jamais autant unanimes, que quand il fallait taper sur un des leurs, et de toutes leurs forces.

Et de renchérir, drapés de vertu outragée : c’est une honte, un scandale, notre bon Fabius, la chair de notre chair, a été ignominieusement agressé par ce nervi !

taïaut ! taïaut ! taïaut ! il faut que la bête meure !

[…]

Ce gouverneur Frèche était sans doute fort urticant, et bien insupportable.

Sanguin à l’extrême, autocrate et la langue bien pendue, il réagissait dans l’instant à tout ce qui chatouillait son épiderme, sans trop bien prendre le temps de retourner sept fois sa langue dans la bouche, et dans un langage qui eût charmé tous les corps de garde.

On pouvait modérément goûter ses gasconnades, et même ne pas les goûter du tout.

Mais il avait avec lui tous les Huguenots de Languedoc, qui l’avaient choisi majoritairement, et continuaient à ne pas vouloir pendre pour des lanternes les vessies qu’on leur proposait,

comme cette incartade où les bonnes âmes voulaient à tout prix voir des untermenschen là où lui n’avait vu que des escouillés, dans ces harkis venus perturber sa réunion, et qui, le matin même léchaient la main de ceux-là qui avaient délibérément livré, désarmés, des centaines de milliers de leurs camarades au couteau des bouchers.

Qui, dans cette affaire, avait perdu son honneur ? Celui qui traitait de moins que rien les nervis du Fourbe, ou bien les complices des bouchers ?

Où se situaient les indignations sélectives, messieurs les censeurs ?

Horresco Referens ! Ces Narbonoïdes persistaient dans l’hérésie en le soutenant massivement contre Solférino.

Mais alors, quel crime abominable ce Frèche avait-il commis, qui lui valait la haine Solférinesque ?

Avait-il conclu quelque accord sulfureux avec l’Ordre Noir, comme son prédécesseur ?

Nenni.

Avait-il commis quelque rébellion majeure, au rebours des décisions de Solférino, comme le Mage Fabius votant contre le TCE ?

Vous n’y êtes point.

Avait-il suavement trahi son camp, comme cher Jack, en apportant sa seule voix au Fourbe et le sauvant ainsi d’une humiliante défaite ? Pas du tout

Mais alors, quoi ?

Il était coupable de non orthodoxie, d’avoir soutenu la Huguenote quand tous les autres parsemaient ses pas d’épluchures de pommes, et d’oser parfois dire tout haut ce que les autres n’osaient se dire en face.

Et surtout, le Languedoc était coupable de mutinerie, crime effroyable de lèse-Solférino, et qu’il fallait punir férocement en livrant ces narbonoïdes négrifiés à la sarkosie, avec des poses vertueuses et de beaux mouvements de menton, pour faire oublier le reste.

Avec le risque de se ridiculiser, les verdoyants ne proposant qu’un vague strapontin à la pauvre Hélène Mandroux, volontaire désignée d’office pour châtier les rebelles, dans ce que d’aucuns pouvaient prendre pour une haute trahison.

On pouvait légitiment ne pas aimer le gouverneur Frèche et ses frasques, mais de là à tomber dans le piège à trompe-couillons de la sarkosie…Entre deux maux, on choisit de moindre.Et Honni soit qui mal y pense.

Pangloss


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