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Conseil de Paris du Lundi 10 mai 2010
C’est un lieu commun de rappeler que, depuis les origines, les hôpitaux ont été le lieu
d’accueil des plus démunis et de ceux qui souffrent… Ces établissements, le plus souvent
appelés Hôtel-Dieu, avaient avant tout une vocation d’hospice plus que de soins.
Il n’en reste pas moins vrai que les ordres hospitaliers ont ainsi tissé à travers l’Europe un véritable réseau d’accueil, ouvert à tous. Cet état d’esprit, fait d’entraide et d’humanisme a perduré tel quel jusqu’au XVIIIe siècle. Puis vint le XIXe avec le développement d’une médecine moderne scientifique, dont l’essor va s’amplifier tout au long du XX, et dont l’accueil des démunis reste une priorité. La réforme de 1958 a le grand mérite de rappeler les missions essentielles d’un Hôpital qui doit porter une médecine de très haut niveau au service de tous. Cette médecine universitaire, où se côtoient le soin, l’enseignement, la recherche, prise en charge par la collectivité nationale, a été rapidement reconnue comme l’une des premières au monde. Si je me permets aujourd’hui de faire ce rappel historique, c’est que les fondements mêmes de l’Hôpital public sont en train d’être mis à mal, abandonnés, soumis aux aléas d’une gouvernance défaillante. On pourrait rétorquer que cela n’est pas la première fois.
Effectivement, ce n’est pas la première fois que la nécessité d’une maîtrise des coûts vient relativiser régulièrement cette volonté humaniste. A titre d’exemple, Turgot soutenant la thèse que compte tenu des coûts hospitaliers, il était indispensable de limiter les admissions. Necker souhaitant une restructuration des hôpitaux parisiens pour améliorer les conditions d’accueil, mais au prix de fermetures. Ce même dilemme, on le retrouve enfin dans l’épopée des Thibault de Roger Martin du Gard évoquant le fossé qui se créé de plus en plus entre cette vision humaniste d’un Hôpital au service de sa population et la maîtrise des coûts.
Plus que jamais aujourd’hui, cette dualité s’exprime avec force, deux conceptions
s’affrontent. On parle d’hôpital-entreprise, de déficit budgétaire abyssal, de productivité et d’efficience, d’évaluation des performances, de convergence public-privé comme si les
logiques étaient les mêmes… quand on sait bien que la logique du secteur privé est le profit, et que celle de l’Hôpital public, même si elle intègre la nécessaire maîtrise budgétaire, ne peut se satisfaire de ce seul objectif.
Aussi, me permettrais-je de dresser dans un premier temps le constat de ce qu’est l’Hôpital public aujourd’hui. Pour mieux indiquer dans un second temps, ce qu’est notre conception et notre vision d’une véritable politique de santé public d’avenir pour le 21ème siècle.
NOTRE CONSTAT : L’HOPITAL PUBLIC EST AUJOURD’HUI CONFRONTE AU
RISQUE D’UN VERITABLE DEMANTELEMENT
Après de multiples essais de maîtrise des dépenses hospitalières, la tarification à l’activité est aujourd’hui l’idéologie dominante. Outre le fait que son équivalent a été abandonné en Amérique du Nord, en raison de ses nombreux effets pervers, la T2A est un véritable outil de mise à mort de l’Hôpital public par la comparaison qu’elle introduit entre deux systèmes à finalité différente. Dans cette logique absurde, la suppression d’emplois et la fermeture d’établissements, déguisée en regroupements hospitaliers, fait vivre au secteur de la Santé une désorganisation, une destruction, un démantèlement de l’Hôpital public rarement vu auparavant.
Le constat aujourd’hui est terrible, notamment à Paris : à l’exception de quelques opérations de prestige, les hôpitaux de l’APHP n’ont pas vu de réhabilitation de leurs bâtiments depuis leur création pour les établissements nés dans les années 70, et n’évoquons même pas la situation de ceux qui sont antérieurs. Faute d’une politique volontariste, et d’investissements suffisants, des bâtiments entiers sont aujourd’hui dans un état de vétusté que l’on tente vainement de dissimuler à nos visiteurs étrangers ou tout simplement de justifier auprès de nos patients par le dévouement et l’excellence des équipes soignantes, mais pour combien de temps encore vu le décalage par rapport à un secteur privé florissant. Cette politique de gribouille a conduit, notamment à Paris, à une Institution Hospitalière repliée sur elle-même, souvent ignorante des urgences de santé publique comme l’émergence des nouvelles pathologies sociétales (diabète,
obésité, pathologies associées au vieillissement de la population, chronicité de maladies comme le VIH ou le Cancer). Cette même politique menace de plus en plus la prise en charge de l’IVG, comme en témoigne la fermeture prochaine de 5 services en Région parisienne. La Loi HPST ne fait qu’aggraver cette situation, visant qu’à renforcer un entre soi délétère, en excluant les élus des commissions de surveillance.
Le Pr Grimaldi résumait remarquablement cette situation en des termes forts; « Deux voies de réforme du système de santé s’opposent. L’une, néolibérale de privatisation rampante, visant à transférer les coûts vers les ménages et les assureurs privés selon la formule : « A chacun selon ses moyens ». L’autre, républicaine, égalitaire, cherchant à défendre le principe du : « A chacun selon ses besoins socialement reconnus ». Mais notre propos ne se résume pas à une simple critique, aussi, aimerais-je aborder notre vision d’une politique de santé publique ambitieuse et moderne.
POUR UNE POLITIQUE DE SANTE PUBLIQUE D’AVENIR AMBITIEUSE ET
MODERNE REPONDANT AUX ATTENTES DE NOS CONCITOYENS
Une politique de santé publique, ambitieuse et moderne passe en tout premier lieu par
l’indispensable égalité dans l’accès aux soins. Il est scandaleusement anormal que l’on ne puisse obtenir le rendez-vous dans certaines spécialités que plusieurs mois plus tard. Il est scandaleusement anormal que l’on ne puisse accéder au « secteur un » ambulatoire dans le centre de Paris. Il est scandaleusement anormal qu’il faille jouer de ses « relations » pour accéder rapidement à celui que l’on pense comme le meilleur…
Une politique de santé publique ambitieuse, c’est celle qui développe des actions de
prévention, de dépistage, de suivi « personnalisé » de patients à risque.
Une APHP ambitieuse et moderne, ce sera celle qui est avant tout tournée vers l’extérieur et qui développe des actions ciblées au service des habitants, qui sait promouvoir : 1) des techniques de haut niveau dans les structures ad hoc, 2) qui sait promouvoir la santé publique dans ses actions d’accueil des urgences, de prévention et de dépistage des grands défis d’aujourd’hui (hypertension artérielle, précarité, ou psychiatrie, 3) qui sait promouvoir enfin une médecine ambulatoire, gage de la réduction de l’hospitalisation conventionnelle.
L’Hôtel-Dieu, hôpital universitaire, résolument tourné vers l’avenir au service de l’ensemble de la population de l’Ile-de-France s’est voulu promoteur de ces axes.
Pour preuve, l’implication très forte de l’ensemble de la communauté hospitalière de cet
Hôpital, aussi bien dans la recherche d’un quasi équilibre budgétaire, que dans celle de la création d’un partenariat d’égalité avec Cochin. De tout cela, la direction de l’AP-HP n’en a plus cure. Car n’est-on pas finalement rentré aujourd’hui dans cette logique si bien incarnée par la récente publicité de la Fédération de l’Hospitalisation privée ayant pour slogan « clinique hôpitaux privés, on peut tous y aller », qui loin de promouvoir un système de santé au service de tous, cherche à déconsidérer ce qui constitue un objet de fierté au coeur de l’excellence française, l’Hôpital public.
Pour devenir la pierre angulaire d’un système de santé publique moderne et efficace, l’Hôpital sera amené à relever un défi de taille, consistant à contribuer à une meilleure articulation des acteurs de santé sur un même territoire, qui feront de l’articulation Ville – Hôpital une condition absolue du bon fonctionnement hospitalier. Vraiment pas grande chose à voir avec ce que le ministère de la Santé et la direction de l’AP – HP sont en train de nous proposer.

Dominique Bertinotti

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C’est avec beaucoup de plaisir mais aussi une pointe d’émotion que je vous fais part de la sortie prochaine de mon premier livre. Intitulé « Etre maire à Paris », il est le fruit d’entretiens avec Jean Ferreux, éditeur indépendant installé dans le 4e arr. à la tête de la Maison Téraèdre. Je le remercie de m’avoir proposé ce projet tout comme Théo Klein qui en signe la préface.

Livre de réflexion politique, il répond à la question que pose son titre mais est aussi, l’expression de ma personnalité, dans sa globalité.

Je le dédicacerai samedi 27 mars à 15h au Salon du Livre sur le stand de la région Ile de France et jeudi 1er avril à 19h15 à la librairie Michèle Ignazi17 rue de Jouy.

Vous pouvez le commander à un tarif préférentiel au moyen du bon de souscription ici.

Dominique Bertinotti

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PÉTITION

En 2004, la direction de l’APHP proposait unilatéralement la fermeture de l’Hôtel-Dieu, laissant grande ouverte la porte pour des projets immobiliers publics ou privés.

Une très forte mobilisation de l’ensemble des acteurs, des usagers, de la population parisienne et francilienne s’est alors constituée, certes sur le maintien de l’Hôtel-Dieu, mais surtout sur la réalisation d’un projet innovant répondant aux attentes de santé de nos concitoyens.

Ce projet fondé sur les urgences, l’ambulatoire et la santé publique a été longuement travaillé, enrichi et a pris toute sa place dans la réflexion sur la restructuration hospitalière avec Cochin.

Aujourd’hui, en 2010, les déclarations contradictoires et fracassantes du Directeur de l’APHP visent au mieux à faire de l’Hôtel-Dieu, une annexe de Cochin, ou au pire à planifier la fermeture de cet hôpital dans les années à venir.

Mobilisons nous pour :

–       le développement et la diversification des urgences à l’Hôtel-Dieu. La force de ce service réside dans sa grande capacité d’accueil, dans la qualité et la rapidité de sa prise en charge (8 patients sur 10 restent moins de 4h entre l’arrivée et le départ, l’Hôtel Dieu est le seul hôpital à assurer une filière spécifique pour les urgences cancérologiques).

–       l’ambulatoire : moins d’une journée à l’hôpital quelle que soit la pathologie médicale (diabète, hypertension artérielle, VIH …) ou chirurgicale (ophtalmologie …), telle est l’ambition à mettre en œuvre.

–       La santé publique : assurer le suivi médical personnalisé du patient dans une optique de prévention pour éviter l’hospitalisation (populations ciblées, personnes âgées, précarité, suicides, addictions …), promouvoir la formation universitaire des futurs personnels soignants.

L’Hôtel-Dieu, c’est aujourd’hui 120 000 urgences, 350 000 consultations, 35 000 hospitalisations, un accueil très large des Franciliens (60% des consultants viennent d’Ile de France hors Paris), facilité par l’excellente desserte des moyens de communication.

Notre attachement à une médecine efficace, innovante, publique, gage de son accessibilité pour tous, est aujourd’hui remis en cause au travers des récentes décisions prises par l’APHP pour l’Hôtel-Dieu.

Nous appelons à nouveau à une forte mobilisation pour que cessent les mesures dilatoires visant à compromettre la réalisation du projet de l’Hôtel-Dieu, seul en capacité d’assurer son avenir.

Dites NON au dépeçage de l’Hôtel Dieu,

En disant OUI à une restructuration égalitaire entre l’Hôtel-Dieu et Cochin, c’est dire OUI à un hôpital de proximité et de qualité.

Paris, le 5 février 2010

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Premiers signataires de la pétition : Dominique Bertinotti, Maire du 4e arr, Présidente de la Commission de Surveillance de l’Hôtel Dieu & le Pr Jean Louis Pourriat,

Chef de service des urgences de l’Hôtel Dieu, Président du Comité consultatif médical

Signataire

–       Nom Prénom

–       email

envoyer à cette adresse <mobilisationhoteldieu@gmail.com>

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Cher-es ami-e-s,

Lors de l’Assemblée Générale du 17 décembre 2009, vous m’avez accordé votre confiance pour mener à bien le lancement d’une nouvelle dynamique au sein de Désirs d’Avenir Paris.
Consciente de cette lourde responsabilité, je tiens tout d’abord à vous remercier de cette confiance.

J’ai souhaité, pour pouvoir mener à bien cette tâche, le faire avec une équipe enthousiaste et solidaire. Vous avez été nombreux à vous porter volontaires pour participer à cette phase transitoire, signe d’une réelle motivation pour mettre en place les conditions de réussite de notre mouvement autour de Ségolène Royal.

Notre feuille de route est guidée par les objectifs que nous avons dessinés collectivement lors de nos débats participatifs. Ainsi 8 pôles ont été constitués sur cette base : retisser les liens avec la société civile, rechercher des pistes pour faire venir de nouveaux adhérents, porter nos valeurs au travers d’une charte éthique, nous former collectivement, être innovant et exemplaire, continuer le beau travail de communication déjà mis en place etc. Voila l’ampleur de notre tâche.

Bien évidemment, les comités locaux doivent être pleinement intégrés dans cette démarche. C’est pourquoi nous allons créer les conditions d’un renouvellement démocratique des équipes d’animateurs avec l’ensemble des adhérents, faire remonter toutes les expériences et initiatives locales, véritables  »pépites » qui seront valorisées à travers une réflexion prospective sur les thématiques d’avenir. Enfin, nous maintiendrons un contact permanent avec nos amis franciliens ; la mise en réseau de Désirs d’Avenir dans toute l’Ile de France est une  des clés de notre réussite.

Mais parce que Désirs d’Avenir Paris appartient avant tout à ses militants, il est fondamental que tous  les adhérents soient partie prenante de ce nouvel élan. Afin de recueillir remarques et propositions, j’organiserai rapidement une réunion -forum d’échanges avec vous tous.

En attendant d’avoir le plaisir de nous rencontrer, je vous adresse la composition de l’équipe transitoire. Vous pouvez contacter les responsables de pôle pour toute information ainsi que Vincent Jechoux qui m’assistera dans l’organisation de Désirs d’Avenir Paris.

Amitiés ségolènistes,

Dominique Bertinotti


NOTRE NOUVELLE EQUIPE TRANSITOIRE

· Pôle organisation, élections dans les comités locaux :
Vincent Jechoux, Gael Lapeyronnie, Candice Friboulet

· Pôle communication :
Annie Novelli, Franck Lubespère, Céline Loot, Elisabeth Husson, Patrizia Di Fiore, Mohamed Hamrouni

· Pôle charte éthique :
Jean-Pierre Guilbert, Paola Filippi, Amale Chebib

· Pôle bilan et prospective thématique :
Benoîte Lardy, Alexandra Trinh, Patrick Ardoin, Thierry Perran

· Pôle Ile-de-France :
René Bokobza, Laetitia De Warren, Heidi Rançon-Cavenel

· Pôle recrutement, campagne d’adhésion, nouvelles formes de militantisme :
Dacia Mutulescu, Philippe Allard, Anne Juhel-Orlac’h, Thierry Boy, Joelle Feral

· Pôle liens avec les associations, les experts, ouverture sur la société civile :
Jocelyne Berdu, Didier Antonelli, Abdoulaye M’Bengue, Jean-Jacques Vacher

· Pôle formation :
Christiane Gilon
, Lucile Bourquelot, Nabil Santo, Annick Bleugat

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Vœux de bonne année 2010 aux habitants du 4è arrondissement de Paris par Dominique Bertinotti

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Chers Collègues,

C’est toujours avec grand plaisir que je vous retrouve pour ce moment unique de l’année et permettez-moi, en mon nom et au nom du Conseil Municipal, de vous souhaiter à toutes et à tous ici présents, et au-delà, à l’ensemble des habitants du 4e arrondissement, une très bonne année 2010. Une année plus solidaire, et je tiens à cet effet à souligner que nous accueillons comme chaque année dans le cadre du Plan Grand froid des sans-abri en salle Jean Mouly. Une année plus juste, une année fraternelle, a fortiori puisque maintenant le mot fait florès dans toutes les bouches.

La première année d’une mandature est toujours un moment important, le moment où l’on pose des actes, en fonction du programme pour lequel nous avons été élus en mars 2008. A nouveaux besoins et nouvelles attentes, nouvelles réponses. Nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre des actions novatrices et des programmes adaptés aux défis actuels de notre société. Aussi, ce soir, ai-je pris le parti d’insister sur des actions ponctuelles déjà menées et sur plusieurs projets inscrits dans la durée, initiés pendant l’année 2009. Puis, comme il est devenu de coutume, je vous dirai quelques mots sur des sujets qui dépassent le cadre strict du 4e arrondissement.

Les actions déjà menées au cours de l’année qui vient de s’écouler.

Parlons d’abord de culture.

Vous avez reçu une carte de vœux, création originale d’une illustratrice réalisée à partir de l’exposition du jeune photographe français JR. Exposition qui s’est tenue sur les quais et ponts de l’Ile Saint Louis à l’occasion de Nuit Blanche 2009 et ceci pendant un mois. Une exposition qui est la traduction de notre volonté constante de confronter richesse patrimoniale et création contemporaine. En effet, même si la politique culturelle de la Ville de Paris est déjà multiforme, pourquoi celle du 4e ne devrait-elle pas être ambitieuse ? Et le choix de cette image du pont est on ne peut plus symbolique : lien entre des milieux sociaux différents, entre des cultures, entre des continents différents puisque ce sont des regards de femmes d’Amérique du Sud, d’Afrique ou du continent indien qui se sont affichés sur nos murs…

Politique ambitieuse avec cette même volonté d’implication du public dans nos cycles consacrés à la musique. Après le succès des samedis de Mélomania avec Alain Kremski, (il vous livrera quelques instants de musique juste après mon discours), nous avons lancé les jeudis de J4ZZ 4e, espace de partage pour le jazz et les musiques improvisées avec le Laboratoire de la Création. Un rendez-vous mensuel associant des jazzmen confirmés et des jeunes musiciens des classes de jazz du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Avec un public curieux, enchanté, qui remplit aussi intensément la salle des fêtes que ce soir !

Culture et aussi approfondissement de la démocratie participative.

Ne nous trompons pas, les nouveaux outils démocratiques que nous avons institués, conseils de rue, comité d’évaluation, forum 21, les futurs ateliers citoyens, ne sont pas des gadgets, mais ils correspondent véritablement à un nouveau mode d’association des citoyens et des acteurs locaux à la chose publique. Cette démarche dépasse le cadre de notre arrondissement, je tiens à le souligner et j’en veux pour preuve, le dernier numéro mensuel du Courrier des Maires et des élus locaux, qui est loin d’être une revue gauchiste, et qui a consacré sa Une à la démocratie participative titrant « comment la mettre en œuvre, jusqu’où allez ? » et qui explicite dans son dossier : « utilisez les outils légaux et extralégaux pour associer les habitants à la décision », avec des articles consacrés aux expériences menées au sein du Conseil Général de Meurthe et Moselle, dans la ville du Creusot, à Arcueil, à Grenoble, et je n’oserai citer les innovations en région Poitou Charente, car on pourrait alors me taxer de parti pris !

Notre pratique est bien active, avec le comité d’évaluation du parcours piéton du Marais, avec les groupes de travail du Forum 21, avec les groupes de concertation engagés dans le processus de révision du plan de Sauvegarde, avec le conseil de la rue Rambuteau. Et avec le futur Atelier citoyen consacré au bien-vieillir dans le 4e arrondissement. Confié à l’organisme Missions Publiques, il s’agit de mettre en œuvre une méthode de délibération à partir d’enquêtes et de la constitution d’un jury ou atelier citoyen. Après une phase de diagnostic par cet organisme, des hommes et des femmes tirés au sort sur les listes électorales du 4e, de tous âges, vont se réunir 3 samedis entiers afin d’analyser et d’indiquer les pistes de travail pour améliorer le bien vieillir et éclairer ainsi les prises de décision en conséquence.

L’ouverture du Pôle Parents participe de cette même démarche.

Aujourd’hui la parentalité a pris des formes très variées et très diverses. Il n’est pas toujours facile d’être parent. Aussi, en rez-de-chaussée de cette mairie, tout parent peut désormais trouver un lieu de ressources, d’écoute, d’information sur des sujets plus ou moins complexes qui concernent quotidiennement leur vie. Nous avons souhaité qu’à l’intérieur de ce Pôle Parents il y ait un espace autonome mis à disposition des parents qui souhaitent s’y investir pour partager leurs expériences.

Je tiens également à souligner la création de cycles de débats institués par mon premier adjoint Jean-Louis Pourriat : débats Cité Parents, débats Cité Santé avec pour thématiques prochaines « les parents et internet », « exclusion-précarité : que faire ? » rassemblant psychologues, avocats, médecins et politiques.

Comme vous le voyez, nous travaillons sur le quotidien de chacun. Le bien-être physique en fait partie. Aussi proposons nous une approche différente du sport et ce grâce aux échanges constructifs que nous avons eus avec le Professeur Jean-François Toussaint. Du sport qui n’est pas simplement du sport de compétition, mais une activité sportive qui privilégie la pratique physique régulière, collective ou individuelle. Deux initiatives ont été créées cette année pour vous le « Sport dans la Place » et « Play mouv’ ».

– le  » Sport dans la Place », c’est à terme l’espérance que les places publiques, les squares soient le lieu où des activités physiques puissent se dérouler. Pour l’instant, c’est la transformation de la place de la mairie, un dimanche par mois, en un vaste terrain où petits et grands, néophytes ou sportifs confirmés peuvent s’essayer à une large palette d’activités gratuites, encadrées par des associations spécialisées, des échecs à la gym suédoise, du badminton à la relaxation.

– Avec « Play mouv’ « , c’est permettre chaque samedi matin l’apprentissage de la pratique physique aux plus jeunes qui viennent expérimenter jeux et activités physiques tels que le jokari, la lutte créative, le tchouk-ball, speed-foot ou pétéka, au gymnase Saint-Merri. Ne me dites pas que vous connaissez toutes ces nouvelles pratiques, je ne vous croirais pas, mais je peux vous assurer, pour y avoir assisté et modestement participé que c’est très ludique et encore plus lors de la dernière heure quand les parents et adultes s’y associent. On rit beaucoup et rien que pour cela, c’est salutaire pour le bien-être physique et psychique. Venez donc encore plus nombreux !

Mais le court terme n’exclut pas les actions de moyen et long terme déjà lancées.

Molière l’écrivait : « le chemin est long du projet à la chose ». Il est vrai qu’entre le moment où un projet est décidé et le moment où il est livré, il peut s’écouler de nombreux mois. Trop à mon goût. Je tiens à insister ce soir sur trois de ces projets qui verront le jour en 2011, 2012.

· Tout d’abord la résidence intergénérationnelle. Pour répondre aux attentes de nouveaux publics, jeunes et moins jeunes, ce projet novateur prévoit la création de 71 logements sociaux destinés à des retraités et des jeunes travailleurs dans des bâtiments appartenant à la Ville de Paris. Cette réalisation de logements intergénérationnels comportera des espaces communs (espace multimédia, salle de sport) et sera également fondée sur l’échange de services entre les uns et les autres, afin de faciliter les moments de convivialité et de partage.

· Par ailleurs, nous poursuivons notre engagement pour acquérir et rénover des immeubles afin d’en faire du logement social, en travaillant de façon durable. A cet effet, la collaboration s’avère fructueuse avec les bailleurs sociaux intervenant dans le 4e arrondissement, un travail commun qui a déjà permis pour le moment la restructuration durable de 3 immeubles, livrés en 2011, qui présenteront une performance énergétique de haut niveau puisque leur consommation sera proche des 80 kWh/an/m2 alors que la moyenne s’élève plutôt aujourd’hui à 300 kWh/an/m2. Cela fera d’eux les immeubles les plus performants énergétiquement de notre quartier.

· Ces efforts sur le bâti concernent aussi tous les équipements de proximité gérés par la mairie, notamment les écoles, pour lesquelles des plans d’action durable précis ont été adoptés. J’ai décidé que dès 2010, 10% du budget d’entretien de ces équipements serait désormais réservée et ciblée sur le développement durable. Ces actions, nous les menons en concertation avec le Forum 21 du 4e qui se révèle très actif et dont nous espérons que les solutions qui émergent aujourd’hui pourront être utilisées par tous les citoyens, propriétaires ou locataires de logements privés.

· Enfin, autre initiative d’envergure, nous lançons une grande étude sur le tourisme durable. Premier arrondissement touristique de Paris avec plus de dix millions de visiteurs, nous souhaitons qu’il y ait une meilleure adéquation entre touristes et habitants. C’est pourquoi nous avons noué un partenariat avec l’Institut d’études et de recherches sur le tourisme de l’Université de la Sorbonne. L’objectif est de faire évoluer le tourisme de flux vers un tourisme durable, plus respectueux du cadre de vie des habitants, des riverains, des commerçants. Cela devra déboucher sur des propositions concrètes réalistes et ambitieuses.

Voici quelques éléments forts de notre action municipale pour les mois qui viennent de s’écouler et pour les mois à venir. Si je me suis permise de vous rappeler nos actions engagées depuis le début de cette seconde mandature, c’est que je souhaite vous indiquez que ces actions se veulent être la déclinaison locale d’évolutions profondes qui marquent aujourd’hui notre planète. Les intellectuels se plaignent régulièrement de la désaffection de la classe politique pour les analyses des chercheurs et pour la connaissance, et je pense à Pierre Rosanvallon qui, sur une chaîne de radio publique récemment, reprochait aux politiques de s’attacher plus aux formules, aux émotions, aux expressions chocs qu’aux idées. Moi, je vais essayer de vous montrer, à ma modeste échelle, que ce sont bien les idées qui conduisent mon action ainsi que celle de mon équipe municipale dans le 4e arrondissement.

Si je vous ai parlé de démocratie participative, c’est que le monde devient de plus en plus complexe et que la démocratie a besoin d’être d’autant plus vivante qu’elle doit faire face aux risques de confiscation de notre destin par des experts : le nucléaire, les manipulations génétiques, tous les nouveaux problèmes qui concernent la naissance, la maternité, la paternité, la maladie, la vie, la mort, le récent débat sur la vaccination contre la grippe A, montrent bien que la société démocratique se doit d’être perfectionnée pour que les problèmes fondamentaux ne soient pas le monopole des seuls experts mais qu’ils soient portés chez les citoyens ; c’est un appel en faveur de la démocratie cognitive.

Si je vous ai parlé des actions du forum 21, du tourisme durable dans notre arrondissement, c’est que nous devons agir concrètement à notre échelle, mais agir, certainement pas en pensant que la solution se trouve dans le retour vers un passé mythifié qui en réalité n’a jamais été très glorieux sur le plan écologique. La solution reste donc à inventer ; l’échec de Copenhague est instructif : la question environnementale s’est heurtée à la question sociale. Je ne peux m’empêcher de reprendre les propos récents d’un ancien député européen : « les occidentaux ne peuvent pas simplement brandir l’apocalypse et délivrer pour seul message aux pays du sud et à la Chine : ‘’nous, on termine le festin et vous vous passez directement aux sandwichs !’’ (et il rajoute : ‘’surtout quand au même moment on chauffe les pelouses des stades pendant la période de froid’’). »

Comment peut-on alors s’étonner que certains pays du sud aient vécu Copenhague comme ils ont subi jadis la « mission dite civilisatrice » des colonisateurs européens ? Un peu plus de respect, de relativisme, des objectifs un peu plus en adéquation avec les contextes économiques et sociaux des divers pays auraient certainement donné de meilleurs résultats.

Car que constatons nous ? Les valeurs qui ont assuré jusqu’à présent la marche de l’Europe : la science, la raison, le progrès ou l’idée d’un progrès automatique, nécessaire, indubitable ne sont plus les garantes d’une amélioration assurée et inéluctable de l’humanité : au XXème siècle il y avait certes déjà eu des coups de boutoir: la Shoah, Hiroshima. Maintenant de nouvelles menaces émergent dont nous sommes responsables : péril écologique (effet de serre, déforestations massives, grandes pollutions, etc.), devenir incontrôlé de l’économie mondiale, extrême financiarisation du monde, etc.. Un monde dans lequel Edgar Morin estime qu’il y a « alliance entre deux barbaries : la barbarie de destruction et de mort venue du fond des âges et la barbarie anonyme et glacée du monde technoéconomique ». Alors ce philosophe en appelle à une identité terrienne, à ce qu’il appelle la patrie terrestre et qu’il traduit en ces termes : « il y a corrélation entre le développement de notre conscience d’humanité et la conscience de notre patrie terrestre. La patrie terrestre comporte la sauvegarde des diverses patries, celles-ci peuvent très bien s’enraciner dans une conception plus profonde et plus vaste de la « patrie » à condition qu’elles soient ouvertes ». Vous l’avez compris, nous sommes assez loin de ce débat sur l’identité nationale tel que le gouvernement l’a posé ; ce débat si mal engagé au risque de faire émerger crispations, replis identitaires, ressentiment, haine, haine de l’autre comme le souligne Emmanuel Todd, et tout cela pour des raisons électoralistes. L’existence d’un ministère si mal qualifié de « ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale», la tournure donnée à ce débat sur l’identité nationale sont autant d’éléments visant à susciter des peurs dans un pays, la France, où les citoyens expriment de très fortes inquiétudes vis-à-vis de leur avenir personnel et vis-à-vis de l’avenir de leur pays. Le mode opératoire n’est pas nouveau, mais c’est une façon de légitimer l’action d’un pouvoir, surtout lorsque cette action est inopérante pour résoudre les difficultés liées à la crise.

Fallait-il refuser de débattre de l’identité nationale comme certains intellectuels nous y invitaient ? Je n’ai pas fait partie de ceux-là. Nous sentions-nous si désarmés pour proposer une autre vision de l’appartenance à une nation ? Je ne le pense pas. Au contraire, nous pourrions rappeler qu’aucune identité ne se décrète. En effet, toute identité nationale résulte d’une construction historique et politique qui évolue et se transforme de façon permanente en fonction du contexte. C’est pourquoi, comme l’explique si justement Edgar Morin, « l’enseignement de l’histoire est irremplaçable pour l’enracinement de l’identité nationale ». Et quel paradoxe de voir ceux là mêmes qui nous proposent ce débat sur l’identité en venir à réduire la place de l’histoire dans l’enseignement secondaire.

L’histoire rappellerait à bon escient que depuis les débuts de l’humanité les peuples bougent et qu’au fil de ces mouvements ils se recomposent, ils se métissent, ils s’acculturent. On invoque souvent pour tenter de définir la construction de l’identité française, l’existence d’une volonté durable de vivre au sein d’un même ensemble, en bénéficiant des valeurs républicaines. Encore faudrait-il s’atteler à donner un véritable contenu à ces valeurs et au vivre ensemble.

Et ne pas se contenter d’une incantation à des valeurs nées lors de la Révolution Française approfondies pendant le XIXe siècle mais qui ont très certainement besoin d’être revisitées à l’aune des réalités d’aujourd’hui. Dans le dialogue si nécessaire entre intellectuels et politiques auquel je faisais allusion tout à l’heure, j’aimerais que nos intellectuels soient plus en prise avec la réalité de nos sociétés. J’aimerais par exemple qu’ils repensent la laïcité, un des fondements mêmes de l’appartenance à une nation.

Car il nous faut ressourcer la laïcité. La laïcité, comme la nation, sont des réalités vivantes, complexes, toujours recommencées et en proie aux contradictions de l’histoire. La laïcité, ce n’est pas simplement la constitution et la défense d’un espace public de pluralisme et de tolérance. La laïcité doit devenir un bien commun européen, une valeur partagée fondée certes sur la neutralité confessionnelle de l’Etat et le respect par cet Etat de l’autonomie des religions, mais une laïcité qui se définisse au-delà des religions, reconnaissant la liberté de conviction et de conscience individuelle, impliquant le respect des non-croyants et affirmant le principe absolu de non-discrimination, autrement dit l’égalité de traitement des personnes.

La laïcité est tout simplement la règle du jeu indispensable au bon fonctionnement du lien social. On est vraiment citoyen quand on se sent solidaire et responsable. Et surtout aujourd’hui dans notre environnement où mondialisation et construction européenne se conjuguent, le principal défi de l’identité française est de montrer sa capacité à apparaître comme porteuse d’un projet dynamique, inclusif, se renouvelant avec la construction de la citoyenneté européenne. Beau défi. Je défends les vertus d’une laïcité dynamique, apte à inventer des solutions neuves qui pourraient se traduire dans un pacte laïc conciliant modernité démocratique et éthique. La laïcité ressourcée doit être celle qui permet de lutter contre ce qu’Edgar Morin qualifie de barbaries et d’idoles modernes, à savoir les errances du mode de penser de la techno-science, l’atomisation des individus, les dégradations écologiques et morales, le règne de la société de consommation et de gaspillage. Cet engagement nous pousse vers l’idée d’une communauté solidaire, forte et consensuelle et nous appelle à ne jamais oublier que nous sommes tout simplement partie prenante d’une identité humaine commune. Nous sommes tous Homo-sapiens quels que soient nos gènes, notre sol, nos rites, nos communautés, nos cultures. Comment ne pas voir en effet que, si nous sommes tous désormais soumis aux mêmes périls, nous sommes tous aussi expression d’une même unité : « rires, larmes, sourires sont diversement modulés, exhibés selon les cultures, mais en dépit de l’extrême diversité des cultures, rires, larmes et sourires sont universels ». Une façon pour moi de terminer sur une note optimiste qui permette à chacun de contribuer à l’enracinement à l’intérieur de soi de l’identité nationale, de l’identité européenne, de l’identité planétaire.

Je n’ai livré là que de brèves réflexions et je sais combien une large partie de l’opinion publique révèle une véritable appétence pour tous les débats visant à apporter des réponses novatrices aux défis actuels de notre planète. J’aimerais alors formuler un voeu pour la gauche, le destin de la droite je le laisse à la droite, j’aimerais que la gauche sorte des sentiers battus, j’aimerais que les élites de gauche sortent des sentiers battus et des comportements par trop conformistes. J’aimerais qu’elle retrouve du souffle, de la hauteur, un soupçon d’idéalisme.

C’est pourquoi je reprendrai à mon compte l’une des maximes d’Héraclite, philosophe grec qui nous exhortait déjà à l’audace au VIème siècle avant Jésus-Christ : « Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas » !

Et bien je nous souhaite et je vous souhaite, au-delà de la politique, pour vous tous et tous ceux qui vous sont chers d’espérer l’inespéré pour le trouver.

Bonne année 2010 !

Dominique Bertinotti

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L’année 2010 s’annonce décisive : élections régionales en mars, dont l’issue déterminera la capacité de la gauche à se rassembler autour d’une dynamique nouvelle ; convention nationale sur la rénovation du PS, au printemps, qui devra concrétiser les engagements votés par les militants le 1er octobre dernier ; et c’est aussi cette année que nous entrerons dans la phase active de préparation des primaires, dans la perspective du grand rendez-vous de 2012.

Nous voulons favoriser, au sein du PS et au-delà, l’émergence d’une force neuve capable de nous faire gagner en 2012.

Nous restons plus que jamais fidèles aux valeurs et aux orientations que nous avons défendues lors du Congrès de Reims, dans le cadre de la motion l’Espoir à gauche – fier(e)s d’être socialistes : pour un PS plus fort et largement ouvert, pour une véritable rénovation de nos pratiques, pour des propositions novatrices en adéquation avec les problèmes d’aujourd’hui. Fidèles aussi à notre engagement aux côtés de Ségolène Royal, qui incarne ce mouvement depuis la campagne présidentielle de 2007, qui a mené la bataille – quasi victorieuse – au sein du PS et qui s’est imposée comme la figure la plus combative de l’opposition.

Nous nous reconnaissons dans cette façon de faire de la politique : la « politique par la preuve », comme l’illustre notamment le bilan de la majorité de gauche au Conseil régional de Poitou-Charentes ; la volonté de défendre des positions politiques fondées sur un discours de vérité, lorsqu’il s’est agi par exemple de dénoncer la taxe carbone face à un apparent consensus, teinté de bonne conscience ; le travail de réflexion engagé avec Désirs d’avenir, dans le cadre des universités populaires participatives ; le souffle redonné au beau mot de fraternité, quand la politique du gouvernement ne fait que provoquer des divisions entre nos concitoyens.

Et il semble bien que nous soyons sur la bonne voie ! Aujourd’hui, tout le monde, à gauche, se réjouit de la décision du Conseil constitutionnel d’annuler la taxe carbone, y compris ceux qui fustigeaient il y a peu « les positions démagogiques et irresponsables » de Ségolène Royal. Quant à la fraternité, elle fait un retour en force, à gauche et à droite, jusque dans les vœux de Sarkozy (le 31 décembre), qui n’avait pas de mots assez forts pour en vanter les vertus !

Militants de l’Espoir à gauche, avec Ségolène Royal, c’est ainsi que nous souhaitons apparaître sans ambiguité. Nous continuerons à faire entendre notre voix au sein du PS, convaincus que nous pourrons rassembler plus largement encore. Nous invitons tous les militants qui se reconnaissent dans notre démarche politique à prendre contact avec nous et à nous rejoindre.

Dominique Bertinotti

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Chers amis, voilà enfin les comptes rendus, ainsi que les principales propositions des groupes de travail qui ont fait suite au débat politique de la réunion de Désirs d’avenir Paris, du 17 Décembre 2009 dans la salle du Patronage laïque, 72 avenue Félix Faure , Paris 15è.

Surtout, laissez-nous vos impressions !

Première partie par Jocelyne Berdu

Objectif : coordonner et développer la vie démocratique de DA Paris.

En introduction, annonce par Annie Novelli de la constitution d’un collectif d’animation transitoire

Cette 2ème AG d’initiative militante continue le travail entrepris lors de l’AG DA du 6 novembre 2009, réunie au plus fort de la crise ouverte par le mode de constitution des listes de candidatures régionales parisiennes au titre de la motion E . Le renouveau démocratique de DA Paris doit permettre de créer une dynamique autour du leadership de Ségolène Royal , afin de préparer les conditions de la victoire en 2012.

La réunion comportera deux parties : d’abord un exposé politique de Dominique Bertinotti, maire du 4ème arrondissement, membre fondatrice de DA et membre du conseil d’administration de l’association, suivi d’un débat ouvert avec l’assemblée, puis un débat participatif en petits groupes destiné à préciser les tâches de l’équipe transitoire, qui sera  suivi d’un pot amical.

Remarque : Les frais engagés pour la location de la salle et le pot se sont élevés à 450 euros avancés par des camarades et remboursés par les participants à hauteur de 400 euros. On essaiera d’être plus fermes à l’entrée la prochaine fois.

Exposé de Dominique Bertinotti : analyse et feuille de route

Dominique Bertinotti souligne d’abord, pour s’en féliciter, la présence de nombreux militants en cette veille de fête, preuve de la vitalité de notre mouvement, et de la volonté politique d’information et de clarification.

« Parler politique », tel est le souhait de tous.

Un bref rappel de la situation parisienne : la constitution des listes pour les régionales a permis de révéler et d’exprimer les contradictions politiques. Ainsi, dans la motion E, tant aux niveaux parisien que national, un constat s’est imposé : la volonté de marginaliser, et même d’éliminer par endroits les représentants du ségolénisme. Ségolène Royal avait initié DA dans une perspective de dépassement du PS, de construction d’un laboratoire d’idées, d’expériences, de conceptualisation. Autant d’idées novatrices dont certains ne voulaient pas ou dont ils voulaient s’emparer.

Affirmer le ségolénisme

Le ségolénisme c’est la rénovation de la gauche. Il préconise principalement la démocratie participative, l’innovation sociale, l’excellence environnementale à tous les niveaux, l’opposition radicale au pouvoir en place (le refus de la taxe carbone, exprimé à La Rochelle,  est un exemple récentdel’application de ces deux principes),  des relations internationales d’un type nouveau. Tel est le socle sur lequel prendre appui pour battre Sarkozy.

D’ailleurs, quelles que soient les attaques, les campagnes diffamatoires, le ségolénisme s’enracine non seulement dans la population, mais aussi parmi les élus locaux. Ainsi « Le Courrier des Maires et des Élus locaux » fait siennes, dans son dernier numéro, un grand nombre d’idées de Ségolène. Pourtant la tentation du « ségolénisme sans Ségolène » est grande et l’une des vocations de DA est aussi de contrecarrer les tentatives de récupération.

À tous les niveaux il faut faire non pas le choix d’une personne, mais celui d’une personne qui incarne les idées que nous préconisons, les exprime explicitement, les défend.

Si nous avions pu avoir des doutes, des interrogations, Dijon les a levés : il a révélé avec éclat ce qui se manifestait à bas bruit. En ce sens cet évènement a été un mal nécessaire : les attaques, les injures indignes ont permis de clarifier la situation. Nul ne peut désormais l’ignorer ou feindre de l’ignorer.

Aujourd’hui, une nécessité s’impose

La prise en main du ségolénisme par les ségolénistes dans Désirs d’Avenir et dans l’Espoir à Gauche, est à l’ordre du jour. Il ne s’agit pas d’échanger des mails mais de construire une organisation fondée sur des bases claires et cohérentes.

Il s’agit aussi de définir l’articulation de l’action dans DA et dans EAG. Revitaliser la parole et l’action des militants, tant dans le PS qu’en direction de la société civile. La bataille des idées ne se gagnera véritablement qu’en menant parallèlement la bataille organisationnelle. Aujourd’hui DA Paris se doit de définir un corpus idéologique, le ségolénisme, d’élaborer des stratégies, développer une organisation collective, choisir un leadership représentatif de cette volonté. C’est ainsi que nous préparerons l’alternance politique.

La consigne de Ségolène – dépassement du PS – est claire : à l’heure actuelle le repli du PS influe même sur l’action municipale. La notion même de parti est désincarnée, les militants n’en sont plus le cœur ni la chair.

En cette période et jusqu’aux régionales, il nous faut donc poser des jalons

urgence d’une structure transitoire et phase de construction

élaboration d’un cahier des charges jusqu’à fin mars

cohérence de cette équipe transitoire : regarder dans la même direction et tenir compte en même temps de la diversité et des compétences complémentaires. Chacun doit avoir une feuille de route et savoir à quoi et pour quoi il s’engage.

le 30 mars, chaque comité local doit avoir élu ses responsables

à cette date, un premier bilan des équipes locales et de la coordination parisienne sera effectué, les comptes rendus auront lieu devant les militants de DA.

Le ségolénisme n’est pas un état d’esprit, mais une pensée politique, une méthode d’action, une pratique.

Nous nous engageons lucidement à défendre les conceptions de Ségolène Royal, à ouvrir portes et fenêtres à la société civile, à nous fixer des objectifs précis et collectifs, à créer une organisation structurée. C’est ainsi que nous ferons avancer nos idées.

Après cette intervention largement approuvée, l’assemblée générale propose de confier la direction de DA Paris à Dominique Bertinotti qui l’accepte pour cette période et s’engage à rendre compte de son action fin mars. Elle nous remercie de la confiance ainsi exprimée.

Rappel : en première partie, a été exprimée la volonté générale de voir mise en place une équipe d’animation sous la direction de Dominique Bertinotti, pour une période transitoire de quatre mois. Un travail en commun entre cette équipe et les Comités locaux doit aboutir à un « schéma directeur » de l’organisation et des actions de D.A. Paris pour les trois ans à venir. C’est sur la base de ce travail et de ses résultats, après les élections régionales, que sera désignée par l’ensemble des militants l’équipe de responsables de D.A. Paris dans la perspective des primaires.

Deuxième partie par Lætitia de Warren

A/ Compétence des Comités locaux.

Dans un souci de cohérence et de clarté, avoir un seul comité local pararrondissement. Si dans certains arrondissements il n’y a pas de comité local mais des membres individuels de DA, leur proposer de se joindre à un comité voisin en attendant qu’ils s’organisent

Dans chaque comité, avoir des référents ou animateurs dont les fonctions et les compétences soient clairement définies pour qu’on sache à qui s’adresser pour quelle question. Référents élus (à bulletin secret ou non ? Avis divergents).

Parmi les référents, avoir un « agent de liaison » chargé de faire le lien de façon suivie avec les autres comités parisiens (ex. deux ou plusieurs comités peuvent unir leurs forces pour organiser un débat public, un évènement, etc.)

Dans ce même ordre d’idées, organiser le lien (à définir)  avec les comités DA en dehors de Paris, qu’il s’agisse de la banlieue ou des régions

Les Comités locaux sont aptes à organiser l’évènement qu’ils jugent pertinent : débat préparatoire ou postérieur à une UPPC, sur un thème lié aux régionales, sur un grand enjeu ; rencontre avec des associations, des syndicats ; rencontres conviviales ; rencontre culturelle, musicale, autour d’un film…

L’essentiel est qu’il s’agisse de rencontres ouvertes sur l’extérieur de D.A.

Importance du travail en équipe : recherche constante de la cohérence entre animateurs-référents d’un même Comité local, entre animateurs-référents et militants, entre Comités locaux, entre Comités locaux et Conseil politique. La démocratie participative est à ce prix.

Entre les Comités locaux et le Conseil politique : un va-et-vient régulierd’informations, par le biais d’un référent dans chaque Comité local, par des réunions entre un membre du Conseil politique et un ou des Comités locaux sur des questions précises, par la présence de Dominique Bertinotti dans des réunions ouvertes au public. Chacun doit pouvoir s’approprier et développer les décisions et initiatives politiques

Entre les Comités locaux, le Conseil politique et Ségolène Royal : il est souhaité une possible présence de Ségolène Royal auprès des militants, par exemple pour le lancement ou le compte-rendu d’un grand chantier

B/ Développement de D.A. Paris

Objectif urgent et immédiat : travailler sur les fichiers. Chaque Comité local doit rapidement avoir un fichier d’adhérents aussi complet et à jour que possible de sa zone géographique. Le Conseil politique doit disposer du fichier global. On peut faire gérer les fichiers par un petit groupe issu des Comités locaux.

Autre objectif : s’efforcer de multiplier les adhésions à D.A.  Faire des campagnes d’adhésion fréquentes mais indirectes en se servant de toutes les initiatives, tous les évènements tournés vers l’extérieur (cf. § organisation évènements). Organiser l’accueil des nouveaux adhérents pour qu’ils se sentent rapidement intégrés.

S’efforcer de toujours mutualiser et optimiser l’existant dans tous les domaines. « Ne pas ajouter des bidules aux bidules », ne pas créer un meccano compliqué. Par exemple, repérer les adhérents ou comités D.A. ayant un «ancrage » dans une lutte ou autour d’une action, les aider et les relayer.

Objectif de fond : se doter d’une Charte éthique et fonctionnelle. Elle soulignera les valeurs qui constituent l’identité et la culture D.A. et qui doivent sous-tendre son fonctionnement démocratique et participatif.

Dans cette perspective, la Charte pourra préciser également les modalités de fonctionnement de D.A. Paris : modes de décision, transparence des décisions, durée des mandats. Par exemple : la question du maintien ou du renouvellement des équipes responsables entre mars/avril 2010 et 2012 pour traverser efficacement (et sereinement !) les périodes des primaires et des présidentielles.

Mettre au point et développer une formation des adhérents. Formation théorique et appliquée sur la démocratie participative. Formation militante également pour utiliser au mieux les compétences, les bonnes volontés et l’imagination de chacun, de façon à ce que nous soyons tous opérationnels et efficaces dans les campagnes qui s’annoncent.

Les liens avec le PS/EAG. Maintenir ces liens, bien entendu, en sachant que nous sommes une force autonome et en travaillant selon les méthodes et les principes propres à D.A. en particulier dans ce qui fait sa force, à savoir l’ouverture sur l’extérieur.

C/ Faire connaître D.A. Paris pour mieux « porter la parole » ségoléniste

Caractère vital d’une communication organisée, intelligente, qui mette en évidence la cohérence du message politique, sa force, son caractère innovant.

Au niveau médiatique parisien, voire national, il sera porté en priorité parDominique Bertinotti dans les mois qui viennent. Il s’agira donc de lui fournir tous les éléments dont elle peut avoir besoin pour faire passer le message de D.A. Paris et affirmer notre identité.

Au niveau de notre communication interne, se doter d’un « référentcommunication » dans chaque Comité local.

Coordonner les blogs des différents comités locaux entre eux et autour du blog de D.A. Paris. Que chacun sache ce qui se passe chez les autres pour, éventuellement, unir nos forces plutôt que de doublonner les actions, et profiter tous ensemble d’une bonne idée, d’une analyse pertinente, d’une  présentation originale, etc. Cela vaut aussi pour Facebook.

Echanger nos adresses de Google groups pour pouvoir le cas échéant communiquer les uns avec les autres sur des questions précises.

Envisager des réunions régulières de coordination entre différents référents des différents Comités locaux autour de questions de fonctionnement, d’information, voire autour d’un thème à développer.

Organiser le réseau de communication entre D.A. Paris et les autres groupes D.A. en France, notamment dans le cadre informatique (blogs, e-mails, Facebook, etc.).

Au niveau de la communication extérieure, constituer une équipe de « savants rédacteurs » susceptibles de réaliser dans un temps imparti des textes, des communiqués, des articles en fonction de leurs domaines de compétence.

Entamer d’ores et déjà une réflexion sur notre communication  « de campagne », éventuellement avec le conseil de professionnels de la profession, pour élaborer des stratégies originales, dynamiques, porteuses, susceptibles d’être entendues par un maximum de nos concitoyens.

http://desirsdavenirparis.over-blog.com/

Très bonne année 2010 !

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