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Conseil de Paris du Lundi 10 mai 2010
C’est un lieu commun de rappeler que, depuis les origines, les hôpitaux ont été le lieu
d’accueil des plus démunis et de ceux qui souffrent… Ces établissements, le plus souvent
appelés Hôtel-Dieu, avaient avant tout une vocation d’hospice plus que de soins.
Il n’en reste pas moins vrai que les ordres hospitaliers ont ainsi tissé à travers l’Europe un véritable réseau d’accueil, ouvert à tous. Cet état d’esprit, fait d’entraide et d’humanisme a perduré tel quel jusqu’au XVIIIe siècle. Puis vint le XIXe avec le développement d’une médecine moderne scientifique, dont l’essor va s’amplifier tout au long du XX, et dont l’accueil des démunis reste une priorité. La réforme de 1958 a le grand mérite de rappeler les missions essentielles d’un Hôpital qui doit porter une médecine de très haut niveau au service de tous. Cette médecine universitaire, où se côtoient le soin, l’enseignement, la recherche, prise en charge par la collectivité nationale, a été rapidement reconnue comme l’une des premières au monde. Si je me permets aujourd’hui de faire ce rappel historique, c’est que les fondements mêmes de l’Hôpital public sont en train d’être mis à mal, abandonnés, soumis aux aléas d’une gouvernance défaillante. On pourrait rétorquer que cela n’est pas la première fois.
Effectivement, ce n’est pas la première fois que la nécessité d’une maîtrise des coûts vient relativiser régulièrement cette volonté humaniste. A titre d’exemple, Turgot soutenant la thèse que compte tenu des coûts hospitaliers, il était indispensable de limiter les admissions. Necker souhaitant une restructuration des hôpitaux parisiens pour améliorer les conditions d’accueil, mais au prix de fermetures. Ce même dilemme, on le retrouve enfin dans l’épopée des Thibault de Roger Martin du Gard évoquant le fossé qui se créé de plus en plus entre cette vision humaniste d’un Hôpital au service de sa population et la maîtrise des coûts.
Plus que jamais aujourd’hui, cette dualité s’exprime avec force, deux conceptions
s’affrontent. On parle d’hôpital-entreprise, de déficit budgétaire abyssal, de productivité et d’efficience, d’évaluation des performances, de convergence public-privé comme si les
logiques étaient les mêmes… quand on sait bien que la logique du secteur privé est le profit, et que celle de l’Hôpital public, même si elle intègre la nécessaire maîtrise budgétaire, ne peut se satisfaire de ce seul objectif.
Aussi, me permettrais-je de dresser dans un premier temps le constat de ce qu’est l’Hôpital public aujourd’hui. Pour mieux indiquer dans un second temps, ce qu’est notre conception et notre vision d’une véritable politique de santé public d’avenir pour le 21ème siècle.
NOTRE CONSTAT : L’HOPITAL PUBLIC EST AUJOURD’HUI CONFRONTE AU
RISQUE D’UN VERITABLE DEMANTELEMENT
Après de multiples essais de maîtrise des dépenses hospitalières, la tarification à l’activité est aujourd’hui l’idéologie dominante. Outre le fait que son équivalent a été abandonné en Amérique du Nord, en raison de ses nombreux effets pervers, la T2A est un véritable outil de mise à mort de l’Hôpital public par la comparaison qu’elle introduit entre deux systèmes à finalité différente. Dans cette logique absurde, la suppression d’emplois et la fermeture d’établissements, déguisée en regroupements hospitaliers, fait vivre au secteur de la Santé une désorganisation, une destruction, un démantèlement de l’Hôpital public rarement vu auparavant.
Le constat aujourd’hui est terrible, notamment à Paris : à l’exception de quelques opérations de prestige, les hôpitaux de l’APHP n’ont pas vu de réhabilitation de leurs bâtiments depuis leur création pour les établissements nés dans les années 70, et n’évoquons même pas la situation de ceux qui sont antérieurs. Faute d’une politique volontariste, et d’investissements suffisants, des bâtiments entiers sont aujourd’hui dans un état de vétusté que l’on tente vainement de dissimuler à nos visiteurs étrangers ou tout simplement de justifier auprès de nos patients par le dévouement et l’excellence des équipes soignantes, mais pour combien de temps encore vu le décalage par rapport à un secteur privé florissant. Cette politique de gribouille a conduit, notamment à Paris, à une Institution Hospitalière repliée sur elle-même, souvent ignorante des urgences de santé publique comme l’émergence des nouvelles pathologies sociétales (diabète,
obésité, pathologies associées au vieillissement de la population, chronicité de maladies comme le VIH ou le Cancer). Cette même politique menace de plus en plus la prise en charge de l’IVG, comme en témoigne la fermeture prochaine de 5 services en Région parisienne. La Loi HPST ne fait qu’aggraver cette situation, visant qu’à renforcer un entre soi délétère, en excluant les élus des commissions de surveillance.
Le Pr Grimaldi résumait remarquablement cette situation en des termes forts; « Deux voies de réforme du système de santé s’opposent. L’une, néolibérale de privatisation rampante, visant à transférer les coûts vers les ménages et les assureurs privés selon la formule : « A chacun selon ses moyens ». L’autre, républicaine, égalitaire, cherchant à défendre le principe du : « A chacun selon ses besoins socialement reconnus ». Mais notre propos ne se résume pas à une simple critique, aussi, aimerais-je aborder notre vision d’une politique de santé publique ambitieuse et moderne.
POUR UNE POLITIQUE DE SANTE PUBLIQUE D’AVENIR AMBITIEUSE ET
MODERNE REPONDANT AUX ATTENTES DE NOS CONCITOYENS
Une politique de santé publique, ambitieuse et moderne passe en tout premier lieu par
l’indispensable égalité dans l’accès aux soins. Il est scandaleusement anormal que l’on ne puisse obtenir le rendez-vous dans certaines spécialités que plusieurs mois plus tard. Il est scandaleusement anormal que l’on ne puisse accéder au « secteur un » ambulatoire dans le centre de Paris. Il est scandaleusement anormal qu’il faille jouer de ses « relations » pour accéder rapidement à celui que l’on pense comme le meilleur…
Une politique de santé publique ambitieuse, c’est celle qui développe des actions de
prévention, de dépistage, de suivi « personnalisé » de patients à risque.
Une APHP ambitieuse et moderne, ce sera celle qui est avant tout tournée vers l’extérieur et qui développe des actions ciblées au service des habitants, qui sait promouvoir : 1) des techniques de haut niveau dans les structures ad hoc, 2) qui sait promouvoir la santé publique dans ses actions d’accueil des urgences, de prévention et de dépistage des grands défis d’aujourd’hui (hypertension artérielle, précarité, ou psychiatrie, 3) qui sait promouvoir enfin une médecine ambulatoire, gage de la réduction de l’hospitalisation conventionnelle.
L’Hôtel-Dieu, hôpital universitaire, résolument tourné vers l’avenir au service de l’ensemble de la population de l’Ile-de-France s’est voulu promoteur de ces axes.
Pour preuve, l’implication très forte de l’ensemble de la communauté hospitalière de cet
Hôpital, aussi bien dans la recherche d’un quasi équilibre budgétaire, que dans celle de la création d’un partenariat d’égalité avec Cochin. De tout cela, la direction de l’AP-HP n’en a plus cure. Car n’est-on pas finalement rentré aujourd’hui dans cette logique si bien incarnée par la récente publicité de la Fédération de l’Hospitalisation privée ayant pour slogan « clinique hôpitaux privés, on peut tous y aller », qui loin de promouvoir un système de santé au service de tous, cherche à déconsidérer ce qui constitue un objet de fierté au coeur de l’excellence française, l’Hôpital public.
Pour devenir la pierre angulaire d’un système de santé publique moderne et efficace, l’Hôpital sera amené à relever un défi de taille, consistant à contribuer à une meilleure articulation des acteurs de santé sur un même territoire, qui feront de l’articulation Ville – Hôpital une condition absolue du bon fonctionnement hospitalier. Vraiment pas grande chose à voir avec ce que le ministère de la Santé et la direction de l’AP – HP sont en train de nous proposer.

Dominique Bertinotti

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PÉTITION

En 2004, la direction de l’APHP proposait unilatéralement la fermeture de l’Hôtel-Dieu, laissant grande ouverte la porte pour des projets immobiliers publics ou privés.

Une très forte mobilisation de l’ensemble des acteurs, des usagers, de la population parisienne et francilienne s’est alors constituée, certes sur le maintien de l’Hôtel-Dieu, mais surtout sur la réalisation d’un projet innovant répondant aux attentes de santé de nos concitoyens.

Ce projet fondé sur les urgences, l’ambulatoire et la santé publique a été longuement travaillé, enrichi et a pris toute sa place dans la réflexion sur la restructuration hospitalière avec Cochin.

Aujourd’hui, en 2010, les déclarations contradictoires et fracassantes du Directeur de l’APHP visent au mieux à faire de l’Hôtel-Dieu, une annexe de Cochin, ou au pire à planifier la fermeture de cet hôpital dans les années à venir.

Mobilisons nous pour :

–       le développement et la diversification des urgences à l’Hôtel-Dieu. La force de ce service réside dans sa grande capacité d’accueil, dans la qualité et la rapidité de sa prise en charge (8 patients sur 10 restent moins de 4h entre l’arrivée et le départ, l’Hôtel Dieu est le seul hôpital à assurer une filière spécifique pour les urgences cancérologiques).

–       l’ambulatoire : moins d’une journée à l’hôpital quelle que soit la pathologie médicale (diabète, hypertension artérielle, VIH …) ou chirurgicale (ophtalmologie …), telle est l’ambition à mettre en œuvre.

–       La santé publique : assurer le suivi médical personnalisé du patient dans une optique de prévention pour éviter l’hospitalisation (populations ciblées, personnes âgées, précarité, suicides, addictions …), promouvoir la formation universitaire des futurs personnels soignants.

L’Hôtel-Dieu, c’est aujourd’hui 120 000 urgences, 350 000 consultations, 35 000 hospitalisations, un accueil très large des Franciliens (60% des consultants viennent d’Ile de France hors Paris), facilité par l’excellente desserte des moyens de communication.

Notre attachement à une médecine efficace, innovante, publique, gage de son accessibilité pour tous, est aujourd’hui remis en cause au travers des récentes décisions prises par l’APHP pour l’Hôtel-Dieu.

Nous appelons à nouveau à une forte mobilisation pour que cessent les mesures dilatoires visant à compromettre la réalisation du projet de l’Hôtel-Dieu, seul en capacité d’assurer son avenir.

Dites NON au dépeçage de l’Hôtel Dieu,

En disant OUI à une restructuration égalitaire entre l’Hôtel-Dieu et Cochin, c’est dire OUI à un hôpital de proximité et de qualité.

Paris, le 5 février 2010

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Premiers signataires de la pétition : Dominique Bertinotti, Maire du 4e arr, Présidente de la Commission de Surveillance de l’Hôtel Dieu & le Pr Jean Louis Pourriat,

Chef de service des urgences de l’Hôtel Dieu, Président du Comité consultatif médical

Signataire

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envoyer à cette adresse <mobilisationhoteldieu@gmail.com>

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