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Posts Tagged ‘Patrizia di Fiore’

A propos de Malek Boutih, Gérard Longuet dit : c’est “un homme de grande qualité, mais ce n’est pas le bon personnage. Parce qu’il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes”. Et d’ajouter : “Si vous mettez quelqu’un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l’opération.”

Je ne crois pas au dérapage soi-disant maladroit, mais plutôt à une diversion bien réfléchie et bien orchestrée, comme par hasard à la veille du premier tour des élections régionales. Juste après que le tribunal l’ait blanchi sur le financement occulte du Parti Républicain le 8 mars dernier, après un très long silence médiatique, le voilà sur le devant de la scène pour nous parler du corps français traditionnel…

Pour glaner quelques voix au Front National ?

Mais aussi pour affirmer encore et toujours la différence que l’on veut pointer entre les Français.

Ce discours qu’on distille depuis mai 2007, avec la création du Ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, les propos de Brice Hortefeux sur les Auvergnats, le débat sur l’identité nationale lancé par Eric Besson, l’affaire Soumaré…

Ce ministère a beau distribuer la nationalité française à tout va, les naturalisés ne sont pas considérés comme Français à part entière.

Pas pour les Longuet, Hortefeux, Besson et tous les autres qui pensent comme eux ! il y a les vrais Français et les faux. Les vrais sont ceux nés de parents français, eux mêmes nés de parents français, eux aussi nés de parents français et ainsi de suite.

Evidement les “vrais Français” sont tous nés sur le sol français métropolitain, les habitants des Dom Tom ne sont pas tout à fait des vrais Français… les “vrais Français” sont très certainement de religion chrétienne, pour les autres l’assimilation est évidement souhaitable.

Pour les Longuet, Hortefeux, Besson et tous les autres qui pensent comme eux, peu importe l’acquisition de la nationalité française, les naturalisés ne seront jamais des “vrais Français”, pas avant des siècles et des siècles.

Amen !

Patrizia di Fiore

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Le 31 mars dernier s’est tenu l’Hôtel de Ville la première réunion publique sur “Paris, imaginons ensemble la ville de demain !“.

Il y avait un large panel d’habitants de Paris et des communes voisines et moins voisines, trois “experts“ Frédéric Gilli, Philippe Panerai et pour le 3è je ne trouve plus son nom et pas moyen de le retrouver sur le site de la mairie. La soirée était présidée par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris chargée de l’urbanisme, accompagnée de Hamou Bouakkaz et Pierre Mansat. Bruno Juillard était annoncé aussi mais il manquait à l’appel. Les débats étaient menés par un journaliste qui ressemblait à tous points de vue à Patrick Sabatier, mais ce n’était pas Patrick Sabatier.

Un film a été réalisé pour l’occasion. C’est une série de témoignages et de réflexions des habitants de Paris et de la région IdF, dont certains étaient sur place. 

http://www.dailymotion.com/group/150761/video/x8r8qk_imaginons-ensemble-la-ville-demain_news

Après une courte présentation de la soirée par Anne Hidalgo, la parole a été donnée au panel, ensuite au public, puis aux 3 experts et aux élus Hamou Bouakkaz et Pierre Mansat, puis à nouveau au panel… c’était un peu comme un mille-feuille. Chacun racontait où il habitait et comment il imaginait Paris dans le futur, s’il fallait élargir la capitale aux villes voisines et jusqu’où, et cetera.

Tout ceci pour in fine nous “vendre“ des tours, parce que à Paris il manque des logements, parce que pour certains la densité se fait grâce aux tours… sur cette question j’ai pu dire à Anne Hidalgo, à la fin de la réunion,  que je n’aimais pas les tours d’habitation, que c’est pour moi quelque chose d’inhumain et impropre à la ville. Elle s’est empressée de me rassurer en disant que dans le 4è il n’y aura pas de tours… mais comment a-t-elle  vu que suis une habitante du 4è ? Je lui ai répondu que justement je trouvais ça “particulier“ de vouloir construire des tours toujours à la périphérie et dans des arrondissements considérés comme “pauvres“, si nous étions logiques nous essaierions de construire haut aussi dans le centre ; sans faire des tours nous pourrions surélever les immeubles de quelques étages (je sais, ce n’est pas possible grâce ou à cause du plan de sauvegarde). Anne Hidalgo s’en est bien sur défendue, mais force est de constater que dans le 16è il n’y aura pas de tours et pour cause !

Pendant le débat, il a été question de mixité sociale, de transports, de Paris métropole, d’agrandir Paris (comme ça nous pourrons dire qu’il y a aussi des “pauvres“ à Paris…), de pauvreté, de nostalgie… beaucoup de nostalgie. Beaucoup regrettent le Paris nocturne, le Paris coquin, Piaf et tout ce Paris qui, évidemment, n’existe plus.

Voilà quelques impressions à chaud, très intéressante réunion malgré le fait que c’est en partie déjà décidé et que c’est plus une opération de communication pour faire passer la pilule aux réticents comme moi, à moins que l’on se mobilise suffisamment pour empêcher les tours aux abords de Paris et ailleurs…

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À la suite de ce compte rendu, il s’en est suivi un débat sur les tours entre certains camarades que nous avons voulu rendre public. Nous vous invitons à nous donner vos impressions et commentaires pour continuer l’échange, via le lien ‘commentaires’.

Patrizia di Fiore

 

Olivier :

Merci Patrizia pour ce compte rendu mais je suis pour les tours à condition que ce soit un geste architectural fort… je partage ton point de vue sur les emplacements. Dans le 16e, ce serait pas mal…


Patrizia :

Oui pour le geste architectural fort mais pour des logements sociaux cela est-il vraiment possible ?

J’insiste sur le fait que vivre au 30è étage est quand même particulier. Pas de possibilité d’ouverture de fenêtres, si l’appartement est au Nord, et il y en aura forcement au Nord… on cumule les désagréments. Les tours sont très énergivores, ascenseurs, aération plus importante que dans n’importe quel autre ‘petit’ immeuble, mobilisation d’équipe de sécurité et pompiers plus conséquente… tout ceci a un coût et pour du logement social, il ne faudrait pas trop nous raconter n’importe quoi…

 

Geneviève :

Apparemment il n’y a pas de réflexion lancée sur les mûrs végétaux, les toits végétaux cela devrait pouvoir se faire dans un des ateliers annoncés.

Je dois être minoritaire mais je ne partage pas ton avis sur les tours : en termes de développement durable l’habitat horizontal n’est pas le meilleur modèle (migrations, chauffage…).

Il faudrait avoir des modèles pour évaluer le bilan CO2 avec des tours “vertes” à bilan énergétique positif.

En termes de mode de vie je comprends que tu y sois allergique mais pour avoir vécu dans des IGH j’y ai expérimenté un confort indiscutable : beaucoup plus de m2, de la lumière, une vue fantastique de jour comme de nuit et même des services car à Alger l’immeuble construit par des disciples de Le Corbusier avait des commerces au 10è étageHabiter au 17ème étage dans les années 50 n’était pas fréquent dans cette région du monde  (l’immeuble fait l’objet d’un article dans le GEO n°355 de septembre 2008).

 

Patrizia :

Il a été question de beaucoup de choses ; les toits végétalisés ont été évoqués, des promenades du type coulée verte et autres choses du genre. Comme il a été aussi proposé de créer un pôle fête… un centre où seraient concentrées plein de boîtes de nuit pour faire la fête autant et comment on l’entend sans déranger les autres… quelle horreur ! certains ont de ces idées monstrueuses.

J’ai horreur des tours et tous ceux qui me disent les apprécier vivent dans des petits immeubles… cherchez l’erreur.

Le Corbusier ne construisait pas vraiment des tours ; ses Cités idéales sont intéressantes à étudier, mais c’est étrange, les collectivités locales ne l’ont pas suivi, heureusement j’ai envie de dire. Les commerces au sein de l’immeuble où l’on habite… qu’est-ce qu’on peut faire de mieux pour se couper de la ville et des autres ? une école pour les enfants, la piscine au dernier étage… pas de problème, il y a la vue ! quand on a la vue ça justifie tout, sauf que tout le monde n’aura pas la vue et surtout l’immeuble et ses habitants seront coupé du reste de la ville.

Quant à nous faire passer ça pour de “l’habitat social”…

Avec la crise que l’on traverse il faudrait bien m’expliquer, comment l’habitant lambda va pouvoir payer 300/500 € de charges en plus de son loyer.

 

Geneviève :

Je te l’ai dit, j’ai habité dans des immeubles de grande hauteur (au 19ème étage dans une tour à Manille) je dois faire exception à ta règle, je n’exclus  pas d’y habiter de nouveau, en  attendant je travaille au 32ème étage façade nord de la Grande Arche avec beaucoup de lumière.

Rien n’interdit d’installer des commerces, des parkings dans les étages inférieurs pour réserver les emplacements les plus agréables à l’habitat. Effectivement les charges font question actuellement mais j’ai parlé de tours “vertes”.

 

Patrizia :

Personne n’a su jusqu’à présent me démontrer que l’on sait faire des tours vertes ! Personne ne m’a donné d’études réellement convaincantes. Mais si tu en as, je prends.

Je parle surtout de sociabilité. La sociabilité se fait à l’horizontale, pas à la verticale. Alors les commerces dans les hauteurs… et les parkings dans les étages… nous n’avons pas assez de logement mais certains construisent des immeubles pour les voitures !

Je conseille de visionner ce documentaire fait sur Pékin, où l’on a tout rasé pour construire que des tours d’habitations, les gens ne s’y retrouvent pas et pour cause. La sociabilité toujours.

 

Geneviève :

Une amie  ingénieure au “service changement climatique et efficacité énergétique” m’a indiqué qu’ “Il n’y a pas d’études sur le sujet, mais des articles de presse et TV commencent à sortir sur les logements basse consommation, à énergie passive et à énergie positive. Idem pour les bâtiments tertiaires. Aujourd’hui a du être inauguré à Dijon le premier immeuble de bureau à énergie positive. Il y a eu un reportage TV sur France 2 au journal de 20h d’hier soir. On peut aussi regarder sur le site du Moniteur. De nombreux articles sont accessibles gratuitement en ligne et le moteur de recherche marche assez bien. Il devrait  sortir facilement des exemples d’opérations économes en énergie.”

Cela pour les données objectives. Par ailleurs, pour le ressenti, tu peux imaginer ce qui te correspond mais pour ce qui me concerne, je m’y sens bien car il y a énormément de lumière y compris quand le temps est très gris et c’est même amusant de voir le paysage noyé dans les nuages. …

 

Patrizia :

Pas de chiffres, pas détudes ? comme d’habitude.

Cela ne prouve pas grande chose, il serait mieux de dire les choses plus franchement et pas nous servir du blah blah journalistique et commercial…

Si on calcule, la distance entre une tour et les autres bâtiments autour est beaucoup plus importante entre petits bâtiments, encore une fois, l’argument “densité“ tombe. Une tour ou un immeuble de grande hauteur ne règle pas ce problème. Il n’y a aucune corrélation entre hauteur et densité.

Parler d’architecture innovante à propos des tours… les premières datent du XVIII siècle. Ça date l’innovation ! 

Les femmes architectes ne font pas des tours. Ce sont les hommes architectes qui aiment faire des tours et pour cause.

Je ne doute pas un instant que tu t’y sente bien, mais vivre en hauteur ce n’est pas bon pour la santé. Comme pour les pilotes d’avion ou ceux qui travaillent sur des TGV.

Demander à “tout le monde“ d’accepter de vivre et/ou travailler… c’est fort de café et à quel prix !

 

Geneviève :

Le Moniteur du BTP est un journal professionnel, pas un journal grand public.

Pour ceux que cela intéresserait, voici les références de la vidéo qui comporte un bilan en kwh avec des chiffres :

http://www.lemoniteur.fr/195-batiment/article/etudes-de-cas/604084-tour-elithis-ovoide-de-verre-et-bouclier-d-acier-pour-atteindre-l-energie-positive

S’agissant de la santé j’ai constaté qu’après un mois au 32ème étage nord les plantes du secrétariat explosent de vigueur…

Il me semble que le sujet n’est pas de faire “vivre tout le monde” dans des tours sur le mode totalitaire comme a Pékin.

Chez nous il y a une part de conservatisme : Le Corbusier et sa maison du Fada ont fait scandale a l’époque. Tout comme ceux qui ont fait du logement social à Sarcelles.

 

Patrizia :

Sarcelles ? Sarcelles n’est pas ce qu’on appelle un exemple de bien vivre. Et que dire du paysage ! tu crois qu’à Sarcelles les gens étaient préparés à vivre dans un tel environnement?

Et qui, selon toi, devrait vivre dans des tours ou autres immeubles de grande hauteur ?

Le Moniteur c’est professionnel et, ne l’oublions pas, commercial.

Un architecte cherche à faire LA tour parce que 1) ça se voit de loin donc c’est bon pour l’égo, 2) c’est prestigieux de réaliser un tel exploit technique, 3) ça paye extrêmement bien vu le nombre de m2 produits… après le reste, les coûts d’entretien, qui les assume et tout ça, ce n’est plus trop son problème.

J’ai visité la Cité radieuse à Marseille, c’est très intéressant mais d’une part le fait que ce soit estampillé Le Corbusier c’est devenu très cher, les appartements sont réservés à de gens qui ont beaucoup de moyens donc pas de mixité possible, et j’en reviens à la cohésion sociale, le fait d’avoir tout dans l’immeuble ça te coupe complètement de la ville et des autres et ça, en dehors de toute considération de coût et d’esthétique, idéologiquement ça me gêne beaucoup.

Et puis, quand on nous parle de nouvelles tours d’habitation il est beaucoup question de logement social et de mixité, alors il faudrait savoir… c’est à quel moment qu’on nous raconte n’importe quoi ?

Sur le conservatisme, je l’ai déjà dit, allons jusqu’au bout de la logique et commençons par le centre !

 

Geneviève :

J’aimerais savoir de quelle “ville” on est coupé en banlieue ou à la périphérie de Paris ; il n’y a pas de ville, pas d’urbanisme, pas de mixité sociale. J’ai cité Le Corbusier parce qu’il a essayé à son époque de faire du logement social contemporain. Si autour de lui personne n’y a prêté attention si ce n’est pour le couvrir de sarcasmes,  si on a construit dans l’urgence n’importe quoi après guerre, si depuis 50 ans ce qu’il a construit a été reconnu et valorisé, c’est un autre débat.

 

Patrizia :

Donc la banlieue c’est “pourri“ ? c’est juste pour y dormir, et regarder la vue, et pour ce qui est des activités, il faut aller en ville ? je ne peux pas adhérer à ça.

J’aime beaucoup le mobilier que Le Corbusier a créé. Il aurait dû, à mon humble avis, en rester au mobilier et à quelques petites maisons, mais dès qu’il a voulu faire grand et social… quelle douleur ! une Cité suffit pour étudier et réfléchir à ce qu’il ne faut pas faire. Encore une fois, le concept de Cité Radieuse ne peut pas me convenir, parce que la vie est repliée à l’intérieur de l’immeuble. L’immeuble et ses habitants sont coupés du reste de la ville.

Comme disait Marx, pour régler le problème du logement il suffit de loger les pauvres dans les logements des bourgeois.

 

Geneviève :

J’ai parlé de bâtiments à énergie positive.

 

Patrizia :

Je croyais qu’on ne pouvait pas faire sans énergie nucléaire…

Voilà que maintenant nous pouvons faire fonctionner des immeubles entiers qu’avec l’énergie renouvelable !

C’est un scoop… remarques bien, je suis pour tout cela, mais dire que c’est possible pour des tours de 50 mètres… tout simplement, ça n’existe pas !

Une tour d’habitation est coûteuse à la conception, à la construction et au fonctionnement, surtout ce seront les habitants qui payeront la note.

C’est bien pour cela que l’on n’hésite pas à la démolir après seulement 10/15 ans d’existence ! après avoir “investi“ des sommes colossales !

Un architecte veut faire une tour parce que c’est plein de mètres carrés et en plus c’est haut… Mais après pour payer les frais de fonctionnement et entretien…

 

Geneviève :

L’énergie produite en France sert aussi à faire tourner des usines…

 

Laetitia :

Neuf étages ? Ce n’est pas une tour, c’est un tabouret !

 

Geneviève :

Sur le fond, je pense que c’est une sorte de prototype.  Ce qui a été fait à Dijon devrait l’être à la Défense avec la tour Signal de Jean Nouvel.


Patrizia :

Cette “tour“ de neuf étages dont tu parles, ce n’est pas une tour de logements mais de bureaux !

tu fais visiblement une confusion entre tours, immeubles de grande hauteur commerciales ou d’habitation, barres, logements, bureau…

 Mais oublions les coûts et les questions esthétiques si tu le veux bien,

En quoi une tour ferait plus de densité, en quoi une tour aiderait à la socialité ? Ce sont ces questions qui m’importent, puisque ce sont des tours d’habitation qu’on nous vend.

En sachant qu’il faut laisser suffisamment d’espace entre une tour et les autres bâtiments, l’argument de la densification tombe, et d’un. Et de deux pour socialiser ce n’est pas avec les hauteurs qu’on y arrivera. D’ailleurs Anne Hidalgo a bien dit que la ville de Paris laissait tomber le projet de tours à La Chapelle (totalement insensé ce projet, totalement pourri !) parce que c’était suffisamment déstructuré comme cela est actuellement. Ce qui veut tout dire. DÉSTRUCTURÉ ! évidement elle parlait sur le plan social.

Alors des bâtiments de 10 étages, oui, je suis preneuse, pas de problèmes. Mais ce n’est pas la même technique ni les mêmes normes et besoins énergétiques de faire fonctionner un immeuble de 10 étages et une tour de 60.

Enfin, j’ai aussi un ami urbaniste qui travaille dans une tour à la Défense, il faut se méfier de toutes ces histoires comme quoi on ferait fonctionner les immeubles avec de l’énergie positive… souvent c’est de la poudre aux yeux, des sacrés bobards qui cachent une vérité toute autre.

 

Geneviève :

J’ai essayé de donner des éléments factuels en termes de coût, de technologies, d’émissions de GES. J’ajoute que 6  x  10 étages multiplie à l’évidence les contraintes techniques et on ne pourra vérifier les performances que si la tour Signal est construite. Tu peux répondre “un ami m’a dit que ce sont des bobards”  mais pour ce qui me concerne, cela ne relève pas de l’argumentation rationnelle.

La tour facteur de déstructuration sociale ? En France, il me semble que les “barres” l’ont été tout autant. Et il faut ajouter le facteur prix du m2. Autrement dit, il faudra bien faire un choix (actif ou passif) et répondre à la question : qu’est-ce qui contribuerait  le mieux à loger les gens et à les faire travailler dans les métropoles du futur ? Peut être faut-il réserver aux centres d’affaires (bureaux et mall) et à l’hôtellerie de prestige la grande hauteur ? Peut-être faut-il être pragmatique et mixer les types d’habitat. Je n’ai pas la réponse.  Peut-être un panel d’experts de l’efficacité énergétique, des urbanistes, des sociologues, utilisateurs pourrait-il donner des pistes.

 

Patrizia :

Quand on construit des tours ou de barres mais on ne fait rien autour, ni même une ligne de bus… ils se rencontrent où les gens ? tu crois qu’ils passent leur temps à regarder la vue ? tu crois qu’il arrivent à l’apprécier ?

Pour mon travail et par passion, je fréquente pas mal d’urbanistes, d’architectes et sociologues – enseignants ou praticiens -, des personnes qui travaillent de très près sur la question de l’habitat, dans des banlieues très difficiles comme Sarcelles ou Clichy sous Bois. J’ai aussi suffisamment voyagé pour le travail, pas seulement pour y faire des photos mais aussi pour mener parfois des réflexions sur l’urbanisme dans des villes comme Bangkok, Shanghai, New-York, Saigon, Téhéran, Tel Aviv et les colonies dans les Territoires Occupés, je suis aussi une habitante de Paris … ce n’est pas de l’irrationnel.

Il y a toujours une confusion entre tours, immeubles de grande hauteur commerciales ou d’habitation.

On nous parle de construire des tours d’habitation. La tour Triangle, que je trouve très belle par ailleurs du moins sur les images de synthèse après la réalisation ce sera autre chose, la tour Triangle est destinée à des bureaux, des boutiques et à de l’hôtellerie de luxe.

Le quartier de la Défense est conçu pour des immeubles de grande taille destinés à des bureaux. La tour Signal, que j’aime aussi, toujours en image de synthèse, après ce sera évidement autre chose comme toujours, doit être construite à la Défense, donc elle s’inscrit dans le bon décor. Mais je doute fort que ce sera à usage mixte, bureau et + logements, vu les prestations, le prix des logements sera exorbitant… destinés donc à une population aisée.

Bref, ça ne me pose aucun problème, je ne vis pas à Puteaux ni travaille à la Défense, j’y vais rarement et monte encore plus rarement dans un bureau d’une tour.

Quand le maire de Paris nous parle de logement social et de tour… c’est là que je me rends compte qu’on entretient largement la confusion. Parce que si c’est du social ça ne sera jamais, vu les coûts que les tours engendrent, ce genre de construction. Il faut être plus clair et plus honnête que l’on est pour le moment. Il faut dire exactement que ça ne pourra pas être ce genre d’exploit technique et esthétique, et pour cause, il faudra dire la vérité aux gens au lieux de leur faire miroiter je ne sais quelle merveille architecturale.

L’immeuble de la rue de Turenne est un bel exemple qui a donné pour la énième fois l’occasion à Corinne Faugeron de protester, parce que l’immeuble n’est pas aux normes écologiques qu‘elle aurait souhaité, que tout le monde aurait souhaité… ben oui, il a fallu faire des choix particuliers parce que les budgets étaient ceux qu’ils étaient et que la marge était étroite. Le résultat est, quoi qu’il en soit extraordinaire et beau, merci Dominique Bertinotti, des habitants aux revenus modestes peuvent rester ou s’implanter en plein cœur de Paris et rien que pour cela ça en vaut la peine. La façade est belle et intelligente avec ses grilles qui bougent pour se protéger du soleil, mais pas les moyens de faire je ne sais quelle prouesse technique.

Les barres sont plus faciles à réinventer que les tours, plus faciles à réaménager dans un décor lui aussi réinventé et réaménagé. D’ailleurs la Cité radieuse du Corbusier est une barre… même si Le Corbusier rêvait de raser Paris et y faire construire de milliers de tours, comme cela est aujourd’hui dans certains quartiers de Shanghai et Pékin ou ailleurs. Nous savons pourquoi cela a été possible de le faire en Chine… parce que ça a fait rentrer plein de devises étrangères et tant pis si les gens ne s’y plaisent pas, le gouvernement est ravi.

 

Marie :

J’ai le profil parfait de ton “panel d’experts” !

Les architectes et les ingénieurs que j’ai entendus sur la question des tours écolos ne m’ont pas vraiment convaincue.

Si certains veulent des chiffres je peux demander à Philippe Chaix.

Pour ce qui est du gabarit (tour ou barre) je peux dire qu’à mon humble avis la sociabilité a besoin d’horizontalité et d’individualité (cf. de très bons documentaires sur la destruction des centre-ville en Chine).

Je préfère que l’on contribue à loger les gens et à les faire travailler dans les métropoles d’aujourd’hui plutôt que d’attendre celles de demain.

Mais je ne voudrais pas que les experts monopolisent le débat !

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Les prochaines réunions publiques de “Paris, imaginons ensemble la ville de demain !“ se tiendront le 28 avril et 5 mai 2009 à 19h30 toujours à l’hôtel de Ville. Il y aura aussi des ateliers thématiques – le mercredi 13 mai 2009, 19h30 le samedi 16 mai 2009, 14h00.

Pour terminer ce premier cycle d’échange, sera organisée le 20 juin à l’Hôtel de Ville de Paris une grande rencontre de restitution. Celle-ci doit marquer de manière emblématique le renouvellement du mode de consultation et de participation des citoyens aux projets de la Ville en matière d’urbanisme et d’architecture.

Enfin, à partir de cette méthode inédite à Paris, en articulation avec la Charte de la participation et la Commission parisienne du débat public qui se mettent en place, l’objectif est de renouveler en profondeur les modes de concertation, que ce soit pour les transformations urbaines mais aussi pour que le plus grand nombre puisse s’approprier pleinement les enjeux métropolitains.

Pour s’inscrire : http://www.paris.fr/portail/Urbanisme/Portal.lut?page_id=6282&document_type_id=12&document_id=66302&portlet_id=14135

 

Et pour terminer, si vous ne l’avez pas encore vu, c’est le moment : Paris de Cédric Klapisch.

Très touchant, très… Paris. Paris d’aujourd’hui, celui qui a changé et qui continu de changer, qui ne ressemble plus aux clichés d’antan malgré la nostalgie qui voudrait le retenir, avec tous les mélanges, les bobo, les riches et les “pauvres”, ceux qui arrivent parfois de très loin, des naufragés en quête de bonheur, ou ceux qui partent. Ce n’est pas le Paris carte postale qui nous est donné à voir, ce sont les quartiers colorés, cosmopolites et riants, pas l’Opéra mais les nouveaux réaménagements comme autour de la bibliothèque François Mitterrand. C’est le Paris qui travaille ou qui ne travaille pas, le Paris qui souffre, qui pleure, qui rêve, qui danse, qui joue, qui vieilli et qui meure, le Paris qui naît et qui renaît.

 

avril 6, 2009 par pattifromstpaul

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Nouveau barème de cotisation pour l’année 2009 à la section du 4e : le montant minimum de l’adhésion est cette année fixé à 20 €, et la référence aux revenus des militants est abandonnée !

Cet abaissement significatif est pour nous fondamental, parce que nous défendons l’idée d’un parti ouvert à tous, qui passe par la suppression des freins financiers au militantisme.

Nous avons porté cette proposition dès les présidentielles : l’élan créé lors de la campagne, accompagné par la vague d’adhésions à 20 €, a montré qu’il était possible d’accroître significativement le nombre de militants, et donc de développer de nouvelles formes de militantisme. Notre motion, “l’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes” portait également cette proposition, objet de forts clivages lors du Congrès. Nous trouvons très positif que cette proposition, comme celle de la démocratie participative, commence à faire son chemin dans le parti, mais nous avons conscience que beaucoup reste encore à faire, et c’est pourquoi nous continuons de défendre une profonde modernisation de notre Parti.

Les représentants de la motion E dans le 4e : Alain, Dominique Bertinotti, Bergthor Bjarnason, Geneviève Bourgoin, Patrick Bouton, Marianne de Chambrun, Patrizia di Fiore, Julien Landel, Gaël Lapeyronnie, Jean-Raymond Magueur, Jean-Marc Mougneau, Laurent, Olivier, Fabien Sécherre, Marie Soulatges, Laëtitia de Warren

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