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Survol de la presse de cette semaine (7mars – 13 mars) par Laetitia de Warren

Ces diables de sondages !

Cri du cœur collectif poussé dimanche 7 mars par la rédaction de Médiapart à une semaine du  premier tour des élections régionales…[1] Un cri qui, à première vue, n’a pas été très écouté par la presse nationale et régionale : elle  passe son temps cette semaine à lancer et commenter des résultats de sondages qui donnent, globalement, la gauche gagnante – en tout cas au deuxième tour. Or, ce que les sondeurs ne peuvent mesurer, c’est « la défiance, le désarroi, le doute » souligne Médiapart, qui se demande si les Français ont encore foi dans l’action publique, citant à l’appui de son interrogation…un sondage, celui de TNS-Sofres selon lequel « seuls 49% des sondés disent s’intéresser à la campagne actuelle ». Et le journal en ligne d’Edwy Plénel d’ajouter un deuxième bémol à la sondagite ambiante : ne pas oublier qu’il s’agit d’un scrutin régional d’où il est difficile de tirer une morale nationale.

Dans la foulée, Médiapart fait suivre ces remarques d’un « vade-mecum » de la situation région par région, avec une brève analyse des forces politiques en présence en ces veilles d’élection et un rappel des résultats des élections depuis la présidentielle de 2002.

En réalité, on s’aperçoit au fil des jours, que si Médiapart a ouvert le bal en matière de réflexion un peu moins…primaire, il n’a pas dansé tout seul… Dès le lundi 8 mars C dans l’air [2] sur la Cinq propose  un débat sur la question « Régionales : les jeux sont faits ? » dans lequel les différents participants sont d’accord pour souligner que la clef de l’élection sera la participation, davantage encore que les résultats. A tel point que le taux de participation pourrait bien affecter le résultat des élections. C’est en tout cas ce qui ressort de l’article que publie mercredi le Parisien[3] sur la base – évidemment ! – d’un sondage Ifop. Selon ce sondage, seuls 53% des électeurs/trices sont tout à fait certains d’aller voter au premier tour. Plus significatif encore, seuls 28% des 18-24 ans prévoient d’aller voter contre 71% des plus de 65 ans et d’autre part 66% des cadres supérieurs comptent voter contre 33% des employés. Pas besoin d’être politologue confirmé pour en déduire que ce genre de déséquilibre est fondamentalement défavorable à la gauche !

Région… vous avez dit région ?

Les choses ne s’arrangent pas en fin de semaine. La désaffection des Français pour le vote en général et le vote aux régionales en particulier devient objet d’analyses et de commentaires un peu partout dans la presse quotidienne et hebdomadaire. Dans 20 Minutes[1], Gaël Slimane, de l’Institut BVA, estime que le grand problème de cette élection précise est qu’il « n’y a pas de clivage politique de fond…les thèmes de campagne se ressemblent et le goût de la polémique les rassemble ». Or, d’après lui, moins de 15% des français se sont intéressés à l’affaire de Georges Frèche ou d’Ali Soumaré… Bon, c’est lui qui le dit !

Pour savoir « pourquoi ils n’iront pas voter », le Monde Magazine a envoyé ses reporters à Auxerre, considérée comme ville « qui vote peu ou prou comme la France ». Aucun des habitants qui s’y expriment n’a l’impression d’être un « mauvais citoyen » en n’allant pas voter – simplement ils considèrent pour la plupart qu’ils font davantage pour leur pays en s’impliquant autrement, par exemple dans le travail associatif. Ils sont prêts, comme dit l’un d’eux « à prendre un fusil » pour défendre leur pays mais « si la Grèce est en faillite et la France est endettée, croyez-vous que ce soit en votant que vous changerez quoi que ce soit ? ». « Je ne supporte plus, dit une autre, l’impunité dont jouissent les ministres. Vous, lorsque vous avez un problème, on vous fait payer ». Ce qui ressort de l’ensemble des interviews, est que les Français ne vont pas voter par indifférence pour le vote régional mais par une forme de découragement et de ressentiment beaucoup plus profonde et plus générale. Même l’unique intervenant qui a décidé de retourner voter ne sait pas pour qui et résume la situation par cette précision significative : « J’attends qu’ils m’envoient leur pub (sic) pour me décider ».

Et pourtant, la presse s’est donné du mal cette semaine pour expliquer les tenants et les aboutissants de l’action des Conseils régionaux. Les chaînes de télévision y sont toutes allées de leurs reportages, interviews et graphiques pour illustrer les différents domaines de compétences des régions, leurs budgets, leurs dépenses – ce qui a donné aux téléspectateurs l’occasion de voir et revoir des images d’un certain Lycée Kyoto de Poitiers… dommage que ces images aient rarement été accompagnées d’une phrase permettant de l’identifier ! Le Nouvel Observateur s’est fendu d’un long article très fourni et précis sur « où va l’argent de votre région ». Sylvain Courage et Nicole Pénicaut y développement notamment le problème des financements imposés par l’Etat auxquelles les régions ont du faire face (ex. transfert des TOS).

Médiapart – encore !- se distingue cette semaine en choisissant de se concentrer sur une région – le Poitou-Charentes. Ou, plus précisément, à la présidente, car les trois longs articles de Stéphane Alliès tournent tous autour de la personne de Ségolène Royal, « l’hyper-présidente », de sa façon de gérer la région qualifiée de « gestion commando », de la façon dont la voient ses partenaires et ses adversaires politiques, mais aussi de la façon dont elle applique les différents volets de la démocratie participative. Des articles sans concession mais sans parti pris qui méritent réellement une lecture attentive – il y manque l’interview de Ségolène Royal que souhaitait Alliès mais l’intervention dramatique de Xynthia sur les côtes charentaises a, bien entendu, donné la priorité à d’autres considérations. Sans qu’Alliès puisse déterminer si elle la lui aurait accordée en tout état de cause…

Quand la presse donne dans le…primaires

La presse régionale, écrite ou audiovisuelle, a eu, depuis le début de l’année, l’occasion de rencontrer, suivre et interviewer (notamment France 3) Ségolène Royal. Cela ne l’empêche pas de se sentir frustrée, entre autres par le manque d’échanges « corsés » entre Ségolène Royal et Dominique Bussereau. La Nouvelle République du Centre[1] s’est même penchée sur les différents sites et blogs de la campagne où elle constate « un phénomène étrange : rien ne se passe » et affirme que « si c’est atone sur le Web, c’est aussi parce que ça l’est dans la vraie vie ». Ce que Sud Ouest[2] qualifie de « campagne soft ».  La NR en est donc réduite à faire des comptes d’apothicaire : quand on recherche Ségolène Royal sur Google, on obtient plus de deux millions de résultats, paraît-il. Comme si ce genre de constatation constituait une information inattendue…

La Charente Libre[3] termine la semaine sur le meeting de Poitiers en mettant en exergue l’aspect « national » du discours de Ségolène Royal, qui demande aux électeurs de ne pas bouder les urnes et de rendre « un vote sanction contre le système Sarkozy ». Voilà qui nous amène, inévitablement, à la réelle préoccupation des médias : que va-t-il se passer après les régionales ? Vendredi, C dans l’air s’intéresse aux enjeux futurs en prenant comme thème … « Sarko après les régionales » – grosse allusion à l’interview de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine[4]. Ce qui n’empêche pas le débat de porter notamment sur l’avance annoncée du « bloc des gauches » qui, disent les intervenants, peut avoir un effet sur la suite des évènements politiques (comprendre : la présidentielle).

Marianne2 [5] n’a pas attendu la fin de semaine (date de publication oblige) pour nous gratifier d’un long article sur « Fabius, Royal, Aubry : la tête dans le guidon…des primaires ». Un article parmi une vraie pléthore de textes plus ou

moins similaires à travers la presse. Les déclarations de Jean-Louis Bianco sur la nécessité de tenir les primaires dès cette année sont reprises et commentées mais ce qui intrigue les journalistes, c’est la forme et les objectifs de ces primaires : « Les primaires devaient permettre une large et véritable consultation du peuple de gauche : du côté de Solférino, on semble surtout vouloir faire de ce moment un plébiscite sinon rien » affirme  Gérald Andrieu dans Marianne2. Nous voilà prévenus – comme si nous ne le savions pas !

Peut être Solférino en arrivera-t-il, pour contrer le « danger » Ségolène Royal et noyer le poisson, à faire comme les Démocrates américains dans l’Etat de l’Illinois, où doit se tenir l’élection d’un nouveau gouverneur général : ils viennent de lancer un appel à candidats sur internet en précisant bien que « quiconque peut poser sa candidature ». D’après le New York Times[1], on compte déjà dans la liste d’impétrants : un policier, un professeur, un maçon, un violoniste, un vendeur de postes de télévision… et la fille du chanteur Paul Simon. Comme quoi, dans l’Etat de Barack Obama, « Yes they can » ! All of them !

Laetitia de Warren

[1] www.mediapart.fr « Régionales, vade-mecum »

[1] www.france5.fr Rubrique « C dans l’air » – Archives

[1] www.leparisien.fr/elections-regionales Article du 10 mars

[1] http://www.20minutes.fr/article/ 390632/Politique Article du 13 mars

[1] www.lanouvellerepublique.fr 10 mars

[1] www.sudouest.com/charente-maritime/actualité/article893238 12 mars

[1] www.charentelibre.com/article=314230&sequence 12 mars

[1] www.lefigaro/lefigaromagazine/ 12 mars

[1] www.marianne2.fr 08 mars

[1] www.nytimes.com 10 mars

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Le Pass Contraception de Ségolène Royal, qui permet l’accès gratuit à la consultation médicale et à la contraception par l’intermédiaire des infirmières scolaires, est toujours bloqué par le gouvernement. Ce n’est pas parce que cette solution est proposée par une élue de gauche qui a toujours agi en faveur de la contraception qu’il faut que le gouvernement UMP la sabote.

Le rapport de l’IGAS rappelle qu’il y a encore 30 000 grossesses chez les mineures et donc une urgence à agir pour répondre à cette détresse.

Contrairement à ce que dit Roselyne Bachelot, le Pass Contraception est le fruit d’une longue concertation et a reçu l’accord des parents d’élèves, des infirmières, des généralistes et des pharmaciens. L’Éducation nationale y a été étroitement associée.

Faut-il rappeler que le gouvernement n’a pas été capable pendant des années de faire le nécessaire ? En agissant pour des raisons politiques, il prive aujourd’hui les jeunes de la contraception gratuite. Il y a là une forme de non assistance à mineures en dangeralors que tous les moyens de prévention existent.

Avec raison, Ségolène Royal demande une nouvelle fois au gouvernement d’autoriser les infirmières scolaires à donner le Pass Contraception aux élèves qui en ont besoin, et d’annuler les ordres d’interdiction du ministère de l’Éducation nationale.

Jean Louis Bianco

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« Ségolène Royal, en Poitou-Charentes, réussit, elle, à capitaliser sur son nom et à semer la division dans les autres partis. Corinne Cap, conseillère régionale des Verts, a ainsi annoncé qu’elle figurerait sur la liste de Ségolène Royal, portant à trois le nombre de Verts ayant rejoint la présidente PS de cette région. « J’avais décidé de quitter la liste Europe Ecologie, car je considère qu’on se trompe de cible, on passe son temps à taper sur Ségolène Royal », a dit Corinne Cap, militante des Verts depuis 1992. « On travaille avec elle depuis six ans, on a fait un travail énorme, d’autant plus qu’elle nous laisse les coudées franches, et on lui tape dessus pour aller la rejoindre ensuite au second tour ? Qu’est ce que les citoyens vont y comprendre ? Tout ça a fait que j’ai dit basta ! Ségolène est plus verte que bon nombre de gens, y compris à Europe Ecologie ! », a-t-elle estimé ».

Même chose avec le Modem qui a perdu cinq de ses membres qui ont rejoint la liste PS menée par Ségolène Royal. Ce sera « un coup d’épée dans l’eau puisque, comme dans toutes les régions, il y aura une liste MoDem en Poitou-Charentes », a réagi François Bayrou. « Les adhérents de Charente-Maritime qui se sont prononcés à une écrasante majorité, pour que les centristes de Poitou-Charentes rejoignent dès le premier tour les listes de la majorité sortante sont des gens sérieux et responsables « , a expliqué le responsable local du Modem. Un accord qui ne fait pas l’unanimité au PS, même s’il a été avalisé par Martine Aubry. « C’est un calcul, on verra ce qui se passe le soir du premier tour et le soir du second », a affirmé Pierre Moscovici. Encore faut-il qu’il y ait un second tour dans la région, car en multipliant les alliances (Ségolène Royal a aussi des syndicalistes issus des entreprises en lutte dans sa région sur sa liste) l’ancienne candidate à la présidentielle pourrait créer l’événement si elle était la seule élue à être élue dès le premier tour… »

Article publié par France2.fr le 25 janvier 2010

http://info.france2.fr/elections/regionales-2010/Le-point-sur-les-alliances,-%25C3%25A0-gauche-et-%25C3%25A0-droite-60543968.html

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Cher-es ami-e-s,

Lors de l’Assemblée Générale du 17 décembre 2009, vous m’avez accordé votre confiance pour mener à bien le lancement d’une nouvelle dynamique au sein de Désirs d’Avenir Paris.
Consciente de cette lourde responsabilité, je tiens tout d’abord à vous remercier de cette confiance.

J’ai souhaité, pour pouvoir mener à bien cette tâche, le faire avec une équipe enthousiaste et solidaire. Vous avez été nombreux à vous porter volontaires pour participer à cette phase transitoire, signe d’une réelle motivation pour mettre en place les conditions de réussite de notre mouvement autour de Ségolène Royal.

Notre feuille de route est guidée par les objectifs que nous avons dessinés collectivement lors de nos débats participatifs. Ainsi 8 pôles ont été constitués sur cette base : retisser les liens avec la société civile, rechercher des pistes pour faire venir de nouveaux adhérents, porter nos valeurs au travers d’une charte éthique, nous former collectivement, être innovant et exemplaire, continuer le beau travail de communication déjà mis en place etc. Voila l’ampleur de notre tâche.

Bien évidemment, les comités locaux doivent être pleinement intégrés dans cette démarche. C’est pourquoi nous allons créer les conditions d’un renouvellement démocratique des équipes d’animateurs avec l’ensemble des adhérents, faire remonter toutes les expériences et initiatives locales, véritables  »pépites » qui seront valorisées à travers une réflexion prospective sur les thématiques d’avenir. Enfin, nous maintiendrons un contact permanent avec nos amis franciliens ; la mise en réseau de Désirs d’Avenir dans toute l’Ile de France est une  des clés de notre réussite.

Mais parce que Désirs d’Avenir Paris appartient avant tout à ses militants, il est fondamental que tous  les adhérents soient partie prenante de ce nouvel élan. Afin de recueillir remarques et propositions, j’organiserai rapidement une réunion -forum d’échanges avec vous tous.

En attendant d’avoir le plaisir de nous rencontrer, je vous adresse la composition de l’équipe transitoire. Vous pouvez contacter les responsables de pôle pour toute information ainsi que Vincent Jechoux qui m’assistera dans l’organisation de Désirs d’Avenir Paris.

Amitiés ségolènistes,

Dominique Bertinotti


NOTRE NOUVELLE EQUIPE TRANSITOIRE

· Pôle organisation, élections dans les comités locaux :
Vincent Jechoux, Gael Lapeyronnie, Candice Friboulet

· Pôle communication :
Annie Novelli, Franck Lubespère, Céline Loot, Elisabeth Husson, Patrizia Di Fiore, Mohamed Hamrouni

· Pôle charte éthique :
Jean-Pierre Guilbert, Paola Filippi, Amale Chebib

· Pôle bilan et prospective thématique :
Benoîte Lardy, Alexandra Trinh, Patrick Ardoin, Thierry Perran

· Pôle Ile-de-France :
René Bokobza, Laetitia De Warren, Heidi Rançon-Cavenel

· Pôle recrutement, campagne d’adhésion, nouvelles formes de militantisme :
Dacia Mutulescu, Philippe Allard, Anne Juhel-Orlac’h, Thierry Boy, Joelle Feral

· Pôle liens avec les associations, les experts, ouverture sur la société civile :
Jocelyne Berdu, Didier Antonelli, Abdoulaye M’Bengue, Jean-Jacques Vacher

· Pôle formation :
Christiane Gilon
, Lucile Bourquelot, Nabil Santo, Annick Bleugat

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Chers amis, voilà enfin les comptes rendus, ainsi que les principales propositions des groupes de travail qui ont fait suite au débat politique de la réunion de Désirs d’avenir Paris, du 17 Décembre 2009 dans la salle du Patronage laïque, 72 avenue Félix Faure , Paris 15è.

Surtout, laissez-nous vos impressions !

Première partie par Jocelyne Berdu

Objectif : coordonner et développer la vie démocratique de DA Paris.

En introduction, annonce par Annie Novelli de la constitution d’un collectif d’animation transitoire

Cette 2ème AG d’initiative militante continue le travail entrepris lors de l’AG DA du 6 novembre 2009, réunie au plus fort de la crise ouverte par le mode de constitution des listes de candidatures régionales parisiennes au titre de la motion E . Le renouveau démocratique de DA Paris doit permettre de créer une dynamique autour du leadership de Ségolène Royal , afin de préparer les conditions de la victoire en 2012.

La réunion comportera deux parties : d’abord un exposé politique de Dominique Bertinotti, maire du 4ème arrondissement, membre fondatrice de DA et membre du conseil d’administration de l’association, suivi d’un débat ouvert avec l’assemblée, puis un débat participatif en petits groupes destiné à préciser les tâches de l’équipe transitoire, qui sera  suivi d’un pot amical.

Remarque : Les frais engagés pour la location de la salle et le pot se sont élevés à 450 euros avancés par des camarades et remboursés par les participants à hauteur de 400 euros. On essaiera d’être plus fermes à l’entrée la prochaine fois.

Exposé de Dominique Bertinotti : analyse et feuille de route

Dominique Bertinotti souligne d’abord, pour s’en féliciter, la présence de nombreux militants en cette veille de fête, preuve de la vitalité de notre mouvement, et de la volonté politique d’information et de clarification.

« Parler politique », tel est le souhait de tous.

Un bref rappel de la situation parisienne : la constitution des listes pour les régionales a permis de révéler et d’exprimer les contradictions politiques. Ainsi, dans la motion E, tant aux niveaux parisien que national, un constat s’est imposé : la volonté de marginaliser, et même d’éliminer par endroits les représentants du ségolénisme. Ségolène Royal avait initié DA dans une perspective de dépassement du PS, de construction d’un laboratoire d’idées, d’expériences, de conceptualisation. Autant d’idées novatrices dont certains ne voulaient pas ou dont ils voulaient s’emparer.

Affirmer le ségolénisme

Le ségolénisme c’est la rénovation de la gauche. Il préconise principalement la démocratie participative, l’innovation sociale, l’excellence environnementale à tous les niveaux, l’opposition radicale au pouvoir en place (le refus de la taxe carbone, exprimé à La Rochelle,  est un exemple récentdel’application de ces deux principes),  des relations internationales d’un type nouveau. Tel est le socle sur lequel prendre appui pour battre Sarkozy.

D’ailleurs, quelles que soient les attaques, les campagnes diffamatoires, le ségolénisme s’enracine non seulement dans la population, mais aussi parmi les élus locaux. Ainsi « Le Courrier des Maires et des Élus locaux » fait siennes, dans son dernier numéro, un grand nombre d’idées de Ségolène. Pourtant la tentation du « ségolénisme sans Ségolène » est grande et l’une des vocations de DA est aussi de contrecarrer les tentatives de récupération.

À tous les niveaux il faut faire non pas le choix d’une personne, mais celui d’une personne qui incarne les idées que nous préconisons, les exprime explicitement, les défend.

Si nous avions pu avoir des doutes, des interrogations, Dijon les a levés : il a révélé avec éclat ce qui se manifestait à bas bruit. En ce sens cet évènement a été un mal nécessaire : les attaques, les injures indignes ont permis de clarifier la situation. Nul ne peut désormais l’ignorer ou feindre de l’ignorer.

Aujourd’hui, une nécessité s’impose

La prise en main du ségolénisme par les ségolénistes dans Désirs d’Avenir et dans l’Espoir à Gauche, est à l’ordre du jour. Il ne s’agit pas d’échanger des mails mais de construire une organisation fondée sur des bases claires et cohérentes.

Il s’agit aussi de définir l’articulation de l’action dans DA et dans EAG. Revitaliser la parole et l’action des militants, tant dans le PS qu’en direction de la société civile. La bataille des idées ne se gagnera véritablement qu’en menant parallèlement la bataille organisationnelle. Aujourd’hui DA Paris se doit de définir un corpus idéologique, le ségolénisme, d’élaborer des stratégies, développer une organisation collective, choisir un leadership représentatif de cette volonté. C’est ainsi que nous préparerons l’alternance politique.

La consigne de Ségolène – dépassement du PS – est claire : à l’heure actuelle le repli du PS influe même sur l’action municipale. La notion même de parti est désincarnée, les militants n’en sont plus le cœur ni la chair.

En cette période et jusqu’aux régionales, il nous faut donc poser des jalons

urgence d’une structure transitoire et phase de construction

élaboration d’un cahier des charges jusqu’à fin mars

cohérence de cette équipe transitoire : regarder dans la même direction et tenir compte en même temps de la diversité et des compétences complémentaires. Chacun doit avoir une feuille de route et savoir à quoi et pour quoi il s’engage.

le 30 mars, chaque comité local doit avoir élu ses responsables

à cette date, un premier bilan des équipes locales et de la coordination parisienne sera effectué, les comptes rendus auront lieu devant les militants de DA.

Le ségolénisme n’est pas un état d’esprit, mais une pensée politique, une méthode d’action, une pratique.

Nous nous engageons lucidement à défendre les conceptions de Ségolène Royal, à ouvrir portes et fenêtres à la société civile, à nous fixer des objectifs précis et collectifs, à créer une organisation structurée. C’est ainsi que nous ferons avancer nos idées.

Après cette intervention largement approuvée, l’assemblée générale propose de confier la direction de DA Paris à Dominique Bertinotti qui l’accepte pour cette période et s’engage à rendre compte de son action fin mars. Elle nous remercie de la confiance ainsi exprimée.

Rappel : en première partie, a été exprimée la volonté générale de voir mise en place une équipe d’animation sous la direction de Dominique Bertinotti, pour une période transitoire de quatre mois. Un travail en commun entre cette équipe et les Comités locaux doit aboutir à un « schéma directeur » de l’organisation et des actions de D.A. Paris pour les trois ans à venir. C’est sur la base de ce travail et de ses résultats, après les élections régionales, que sera désignée par l’ensemble des militants l’équipe de responsables de D.A. Paris dans la perspective des primaires.

Deuxième partie par Lætitia de Warren

A/ Compétence des Comités locaux.

Dans un souci de cohérence et de clarté, avoir un seul comité local pararrondissement. Si dans certains arrondissements il n’y a pas de comité local mais des membres individuels de DA, leur proposer de se joindre à un comité voisin en attendant qu’ils s’organisent

Dans chaque comité, avoir des référents ou animateurs dont les fonctions et les compétences soient clairement définies pour qu’on sache à qui s’adresser pour quelle question. Référents élus (à bulletin secret ou non ? Avis divergents).

Parmi les référents, avoir un « agent de liaison » chargé de faire le lien de façon suivie avec les autres comités parisiens (ex. deux ou plusieurs comités peuvent unir leurs forces pour organiser un débat public, un évènement, etc.)

Dans ce même ordre d’idées, organiser le lien (à définir)  avec les comités DA en dehors de Paris, qu’il s’agisse de la banlieue ou des régions

Les Comités locaux sont aptes à organiser l’évènement qu’ils jugent pertinent : débat préparatoire ou postérieur à une UPPC, sur un thème lié aux régionales, sur un grand enjeu ; rencontre avec des associations, des syndicats ; rencontres conviviales ; rencontre culturelle, musicale, autour d’un film…

L’essentiel est qu’il s’agisse de rencontres ouvertes sur l’extérieur de D.A.

Importance du travail en équipe : recherche constante de la cohérence entre animateurs-référents d’un même Comité local, entre animateurs-référents et militants, entre Comités locaux, entre Comités locaux et Conseil politique. La démocratie participative est à ce prix.

Entre les Comités locaux et le Conseil politique : un va-et-vient régulierd’informations, par le biais d’un référent dans chaque Comité local, par des réunions entre un membre du Conseil politique et un ou des Comités locaux sur des questions précises, par la présence de Dominique Bertinotti dans des réunions ouvertes au public. Chacun doit pouvoir s’approprier et développer les décisions et initiatives politiques

Entre les Comités locaux, le Conseil politique et Ségolène Royal : il est souhaité une possible présence de Ségolène Royal auprès des militants, par exemple pour le lancement ou le compte-rendu d’un grand chantier

B/ Développement de D.A. Paris

Objectif urgent et immédiat : travailler sur les fichiers. Chaque Comité local doit rapidement avoir un fichier d’adhérents aussi complet et à jour que possible de sa zone géographique. Le Conseil politique doit disposer du fichier global. On peut faire gérer les fichiers par un petit groupe issu des Comités locaux.

Autre objectif : s’efforcer de multiplier les adhésions à D.A.  Faire des campagnes d’adhésion fréquentes mais indirectes en se servant de toutes les initiatives, tous les évènements tournés vers l’extérieur (cf. § organisation évènements). Organiser l’accueil des nouveaux adhérents pour qu’ils se sentent rapidement intégrés.

S’efforcer de toujours mutualiser et optimiser l’existant dans tous les domaines. « Ne pas ajouter des bidules aux bidules », ne pas créer un meccano compliqué. Par exemple, repérer les adhérents ou comités D.A. ayant un «ancrage » dans une lutte ou autour d’une action, les aider et les relayer.

Objectif de fond : se doter d’une Charte éthique et fonctionnelle. Elle soulignera les valeurs qui constituent l’identité et la culture D.A. et qui doivent sous-tendre son fonctionnement démocratique et participatif.

Dans cette perspective, la Charte pourra préciser également les modalités de fonctionnement de D.A. Paris : modes de décision, transparence des décisions, durée des mandats. Par exemple : la question du maintien ou du renouvellement des équipes responsables entre mars/avril 2010 et 2012 pour traverser efficacement (et sereinement !) les périodes des primaires et des présidentielles.

Mettre au point et développer une formation des adhérents. Formation théorique et appliquée sur la démocratie participative. Formation militante également pour utiliser au mieux les compétences, les bonnes volontés et l’imagination de chacun, de façon à ce que nous soyons tous opérationnels et efficaces dans les campagnes qui s’annoncent.

Les liens avec le PS/EAG. Maintenir ces liens, bien entendu, en sachant que nous sommes une force autonome et en travaillant selon les méthodes et les principes propres à D.A. en particulier dans ce qui fait sa force, à savoir l’ouverture sur l’extérieur.

C/ Faire connaître D.A. Paris pour mieux « porter la parole » ségoléniste

Caractère vital d’une communication organisée, intelligente, qui mette en évidence la cohérence du message politique, sa force, son caractère innovant.

Au niveau médiatique parisien, voire national, il sera porté en priorité parDominique Bertinotti dans les mois qui viennent. Il s’agira donc de lui fournir tous les éléments dont elle peut avoir besoin pour faire passer le message de D.A. Paris et affirmer notre identité.

Au niveau de notre communication interne, se doter d’un « référentcommunication » dans chaque Comité local.

Coordonner les blogs des différents comités locaux entre eux et autour du blog de D.A. Paris. Que chacun sache ce qui se passe chez les autres pour, éventuellement, unir nos forces plutôt que de doublonner les actions, et profiter tous ensemble d’une bonne idée, d’une analyse pertinente, d’une  présentation originale, etc. Cela vaut aussi pour Facebook.

Echanger nos adresses de Google groups pour pouvoir le cas échéant communiquer les uns avec les autres sur des questions précises.

Envisager des réunions régulières de coordination entre différents référents des différents Comités locaux autour de questions de fonctionnement, d’information, voire autour d’un thème à développer.

Organiser le réseau de communication entre D.A. Paris et les autres groupes D.A. en France, notamment dans le cadre informatique (blogs, e-mails, Facebook, etc.).

Au niveau de la communication extérieure, constituer une équipe de « savants rédacteurs » susceptibles de réaliser dans un temps imparti des textes, des communiqués, des articles en fonction de leurs domaines de compétence.

Entamer d’ores et déjà une réflexion sur notre communication  « de campagne », éventuellement avec le conseil de professionnels de la profession, pour élaborer des stratégies originales, dynamiques, porteuses, susceptibles d’être entendues par un maximum de nos concitoyens.

http://desirsdavenirparis.over-blog.com/

Très bonne année 2010 !

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Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Rendre l’Espoir à gauche aux militants, tout simplement : c’est le sens de l’initiative prise par Ségolène Royal, après les propos très violents que Vincent Peillon a tenus à son encontre et qui ont été largement médiatisés. Ces propos sont pour nous inacceptables car ils manifestent une volonté de confiscation du courant que nous avons collectivement construit dans le cadre du Congrès de Reims, avec Ségolène Royal. Il faudra donc que l’ensemble des militants qui ont soutenu la motion E au moment du Congrès puissent choisir librement leurs représentants, tant au niveau national que dans les fédérations et les sections. C’est le sens de la mission qui a été confiée par Ségolène Royal à Jean-Louis Bianco, Najat Vallaud-Belkacem et Gaëtan Gorce.

A Paris, nous sommes très nombreux à vouloir nous inscrire dans cette démarche. Et nous prenons l’engagement d’organiser rapidement des débats participatifs, au cours desquels les militants qui veulent avancer avec nous pourront s’exprimer et faire des propositions sur le mode de fonctionnement et d’organisation qu’ils attendent de notre mouvement.

Nous voulons redonner tout leur sens aux principes démocratiques et à l’esprit d’ouverture qui nous inspirent et de ce point de vue, nous ne pouvons que condamner la façon dont est menée la préparation des élections régionales au sein de notre courant à Paris. Elle illustre ce qui est apparu au grand jour à travers les propos de Vincent Peillon : la volonté d’exclure celles et ceux qui apparaissent comme les soutiens les plus déterminés de Ségolène Royal, sans que les militants n’aient à aucun moment été consultés. C’est inacceptable et nous vous invitons, avec nous, à le faire savoir !

Vous trouverez à la suite de ce message, ainsi qu’en pièce jointe, un texte qui exprime clairement notre soutien à Ségolène Royal, notre volonté de faire respecter la démocratie et la parole des militants au sein de notre mouvement et notre détermination à obtenir que la liste des candidats socialistes aux élections régionales ne soit pas établie en excluant celles et ceux qui s’inscrivent dans la dynamique lancée par Ségolène Royal ; à commencer par Dominique Bertinotti, à qui Ségolène Royal a apporté clairement son soutien et dont nous souhaitons l’élection comme conseillère régionale en mars prochain.

Ce texte a déjà été signé par 160 militants parisiens. Si vous souhaitez le signer vous aussi, merci de nous l’indiquer par retour d’email, en nous précisant la section à laquelle vous appartenez.

contact@militants-avec-segolene.fr

Nous comptons sur votre mobilisation pour faire vivre le mouvement que nous avons créé tous ensemble, depuis la campagne présidentielle de 2007 !

Amitiés socialistes,

Philippe Moine
Conseiller de Paris
Membre du Bureau de l’Espoir à gauche Paris

Militants de l’Espoir à gauche Paris, avec Ségolène Royal

La participation de Ségolène Royal au rassemblement organisé par l’Espoir à gauche à Dijon, samedi 14 novembre, a été pour nous une excellente nouvelle ; la réponse qu’elle a souhaité apporter à Vincent Peillon, qui avait déclaré publiquement (sur Europe 1) qu’elle n’était pas la bienvenue à Dijon et que l’Espoir à gauche s’était construit sans elle, apporte la clarification que nous étions nombreux à attendre. Car de fait, les propos de Vincent Peillon, qu’il a depuis réitérés et aggravés, sont à nos yeux inacceptables. Militants parisiens de l’Espoir à gauche, nous considérons que la force du mouvement  que nous avons contribué à construire, qui s’inscrit dans la continuité de la motion E que beaucoup d’entre nous représentent dans nos CA de section ou dans les instances fédérales depuis le Congrès de Reims, repose très largement sur le combat que nous avons collectivement mené, aux côtés de Ségolène Royal, pour la rénovation du PS, de son discours et de ses pratiques. Et c’est avec elle que nous continuerons de le mener.

La démocratie que nous voulons approfondir et conforter au sein du PS, où les logiques d’appareil l’emportent trop souvent sur l’écoute et le respect de la parole des militants, nous la voulons aussi au sein de l’Espoir à gauche ! Or force est de constater qu’au sein de l’Espoir à gauche Paris, les manquements aux principes élémentaires de la démocratie se sont multipliés. Dans le cadre de la préparation des élections régionales, le processus mis en place au sein de notre courant pour choisir nos propres candidats a mis en lumière des pratiques inacceptables et a débouché sur un fiasco : élaboration d’une liste d’exclusion, qui laisse de côté une grande partie de notre courant à Paris ; annulation de l’Assemblée générale de l’Espoir à gauche Paris, initialement annoncée, qui devait permettre aux candidats de se présenter et aux militants de s’exprimer librement ; absence de validation du « corps électoral » très retreint qui était appelé à voter le 9 novembre dernier ; le soir du dépouillement, refus du mandataire fédéral de l’Espoir à gauche de produire publiquement la liste d’émargement, après l’avoir empochée, une fois qu’il est apparu qu’il y avait un sérieux doute sur le nombre d’électeurs inscrits (on nous en a annoncé officiellement 130, puis 111, puis 123, puis 127…) ; le résultat « officiel » fait état du soutien à la liste proposée de 71 des 81 votants (dans une fédération où plus de 1700 militants ont voté pour la motion E en novembre 2008 !) et le mandataire fédéral parle de « processus démocratique exemplaire »…

Nous avons été très nombreux à refuser de reconnaître la validité de cette parodie de démocratie. Une bonne partie du « corps électoral » restreint a d’ailleurs refusé de prendre part au vote et près de 130 militants ont signé, en 24 heures, un texte exprimant notre position.

Aujourd’hui, nous souhaitons que le bon sens et l’esprit de responsabilité l’emportent. Les candidats qui figureront sur la liste socialiste pour les prochaines élections régionales, au titre de la motion E, doivent être représentatifs de l’ensemble de notre mouvement et permettre un large rassemblement militant, dans le combat difficile qui s’annonce. Nous demandons, dans cet esprit, que Dominique Bertinotti, à qui Ségolène Royal a clairement apporté son soutien, puisse être en capacité d’être élue conseillère régionale et soit donc l’une de nos deux candidates placées en position éligible sur cette liste. Ce sera un signe de la volonté de rassembler toutes les composantes du PS et un atout pour notre parti au sein du Conseil régional.

Premiers signataires :

Libia Acero-Borbon
Philippe Allard
Daniel Andriuzzi
Didier Antonelli
Patrick Ardoin
Catherine Asquier
Robert Assens
François Barat
Anne Barbé
Odile Barbot
Jean Barrault
Patrice Beaudry
Françoise Beaugé
Francis Beck
François Becker
Blandine Becker
Gonzalo Belmonte
Nicole Bernheim
Sophie Berthollet
Caroline Bertran
Angiolo Bianchi
Claude Billardon
Bergthor Bjarnason
Annick Bleugat
René Bokobza
Céline  Bon
Geneviève Bourgoin
Lucile  Bourquelot
Patrick Bouton
Thomas Brisson
Irène Bruandet
Françoise Buresté
Jean-Yves Cado
Damian Canals Frau
Jean Canet
Louise Cara
Martine Carpentier
Chantal Carron
Joseph Casals
Pascale Charpin
Amale Chebib
Françoise Chenet
Elodie Clair
Claire Claude
Annie Cohen
François Colson
Jérôme Cousin
Laëtitia De Warren
Gérard  Desanges
Christine Desanges
Patrizia Di Fiore
Olivier Di Pizio
Loïc Dufaud
Patrick Dupuy
Razak Ellafi
Joëlle Feral
Paola Filippi
Renée-Claude Fitte
Emmanuel Frère-Lecoutre
Candice Friboulet
Sylvia Fuster-Casals
Claude Gallot
Nicolas Galy
Patrick Gerente
Aïda Ghossoub
Christiane Gilon
Jonathan Gindt
Jean-Bernard Gonzalez
Elisa Gonzalez
Michel Gosset
Kader Goual
Daniel Grande
Geneviève Grandguillaume
Marie Grau
Laurent Grave-Raulin
Nicole Grenier
Philippe Grojant
Florence Gruere-Gallot
Jean-Pierre Guilbert
Simonne Guyomard
Juliette Hamon
Carole Henry
Claude Hirribarren
Anneli Hoang
Elizabeth Husson
Vincent Jechoux
Alain Joyes
Anne Juhel-Orlach
Anne Junk
Eddrief Kharrat
Chantal Kimmerlin
Moussa Kouyate
Maria Laborit
Julien Landel
Gaël  Lapeyronnie
Gaël  Lapie
Benoîte Lardy
Anne-Marie Lévêque
Emmanuel Llorens
Jean-François Loisy
Céline  Loot
Angèle Louviers
Franck Lubespere
Yves Lusson
Jean-Raymond Magueur
Mounir Mahjoubi
Guy Malavoy
Isabelle Malberti
Bertrand  Maquin
Vincent Marbeau
Jean Marcus
Roselyne Mayer
Abdoulaye Mbengue
Paul Melka
Hélène Mermberg
Maria Meyer
Fabien Millevoy
Philippe Moine
Mustafa Mokrane
Frédérick Moulin
Dacia Mutulescu
Farid Nafsi
Annie Novelli
Gilles Ollivier
Annik Osmont
Jordi Papaseit
Simone Pasqualini
Yves Peccia-Galletto
Xavier Pelisson
Thierry Perran
Christine  Pichette
Aurélien  Piets
Pablo Poblete
Janine Poitau
Bruno Poncharal
Bernard Prunier
Stéphanie Puyjarinet
Heidi Rançon-Cavenel
Thierry Recher
Jean-Claude Roncin
Arnaud Rosa
Jeanne Rouffianges
Olivier-Pierre Salvano
Fabien Secherre
Danièle Seignot
Dominique Sengès
Sivane Seniak
Ioannis Sideris
Marie Soulatges
Eric Sternhac
Etienne Traisnel
Bénédicte Tregaro
Jean-Jacques Vacher
Françoise Varrin
Macha Wanono
Thierry Zaoui

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le 8 Novembre 2009 – Institut pour la Diplomatie Culturelle


Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Premiers Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,

Vos Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis heureuse d’être parmi vous ce soir, afin de célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin.

J’aimerais remercier l’Institut de Diplomatie Culturelle, et plus particulièrement son directeur, Mark Donfried, pour son invitation.

Je perçois trois niveaux principaux de signification de la chute du mur de Berlin : le début de la réunification de l’Allemagne, le début de la fin de la Guerre Froide et le début de la réunification de l’Europe.

Je commencerai par les deux premiers niveaux, mais j’insisterai davantage sur le niveau européen puisqu’étant une femme politique française à Berlin, cela me semble être le point le plus essentiel. Cela me permettra d’insister sur un élément majeur de mon engagement politique : le rêve des États-Unis d’Europe. Même si dans mon pays, voire dans mon propre camp, beaucoup ont été surpris de me voir, pendant la campagne des élections européennes, à Athènes avec mon ami George Papandréou, l’actuel Premier Ministre de Grèce, à Nantes avec mes camarades socialistes français, insister encore et encore sur cette idée, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est ici donnée, pour l’approfondir.

Certaines dates seront à tout jamais gravées dans le grand livre de l’histoire de l’humanité. Le 9 Novembre 1989, le jour de la chute du Mur de Berlin, est l’une d’entre elles.

Aujourd’hui encore, je me souviens de ce jour. Quelques images me reviennent.

Des visages heureux, des milliers de Berlinois qui marchent, en scandant « Wir sind das volk » : « Nous sommes le peuple ».

Un slogan qui se transforme, au fil des heures, en «  Wir sind ein volk » : « Nous sommes UN peuple ».

Tout est dans ce glissement, cette cohésion spontanée, cette fraternisation autour d’un mur qui s’effondre pour réunir l’Allemagne en un seul et unique peuple, comme une digue qui aurait cédé pour libérer une eau trop longtemps retenue. Et tout cela sans un blessé, sans une victime.

Je me souviens des mains qui se tendent, des corps qui se serrent, des familles qui se retrouvent, des concerts improvisés, du grand Miroslav Rostropovitch jouant du violoncelle au milieu des gravats, des groupes qui chantent, dansent, brandissent des drapeaux sur des morceaux de pierre tagués de graffitis, des coups de marteaux qui faisaient tomber ce mur, de tous ceux qui en mettaient un petit bout dans leur poche comme on emporte un bout d’histoire.

Je me souviens de ces toasts improvisés, de cette allégresse, des visages des gardes-frontières est-allemands, partagés entre l’étonnement et l’émotion…

Une foule qui rit … Ein Volk… un seul et même peuple.

Je me souviens de ces journées, que nous suivions, heure par heure, de cet évènement qui paraissait encore impossible quelques mois auparavant.

Rares étaient à l’époque les analystes et les experts en soviétologie qui avaient anticipé ce qu’il advint. A quelques exceptions près, ils expliquaient depuis toujours que, de l’autre côté du rideau de fer, rien ne changerait jamais ; qu’à nouveau et comme toujours la répression s’abattrait ; qu’il ne fallait pas être dupes de M. Gorbatchev, disaient-ils encore en 1989, dont la glasnost et la perestroïka n’étaient que des leurres destinés à désarmer l’Occident. Peu importait que le chef du Kremlin parlât de l’Europe comme d’une « maison commune », qu’il ait organisé pour la première fois des élections pluralistes, qu’Andrei Sakharov siégeât au nouveau Parlement : il était acquis pour ces experts que l’histoire était condamnée à se répéter.

Ceux qui ont sous-estimé l’ampleur des changements introduits par M. Gorbatchev et ceux (souvent les mêmes…) qui lui ont reproché d’avoir été l’apprenti-sorcier du délitement involontaire de l’empire soviétique ont sous-estimé le rôle historique et bénéfique de ce grand dirigeant. Lucide sur l’échec du système soviétique et décidé à le réformer, il eut l’intelligence et le courage de refuser la répression. De cela, nous sommes tous redevables à M. Gorbatchev.

Il y a, dans la chute du Mur de Berlin, l’une des plus belles leçons qui soient. Quelles que soient les circonstances, quelles que soient les rôles plus ou moins avérés des dirigeants soviétiques, américains, allemands, français ou britanniques, il n’y a, au-delà du ballet diplomatique souterrain, au-delà des déclarations publiques, qu’une seule vérité  : rien ne peut résister à la force d’un peuple en marche. Aucune dictature, aucun système totalitaire, aucune démocratie dévoyée, ne peut résister à l’élan d’un peuple qui décide, un jour, de dire « NON ».

Tous les régimes pervers s’écroulent grâce à la force et au courage des citoyens.

Tous les régimes démocratiques s’élèvent grâce à la force et au courage des citoyens.

Ce jour-là, j’ai pensé : « Tout est possible. Aucun mur ne peut résister à la détermination d’une poignée d’individus qui sont d’abord quelques gouttes d’eau, puis forment un ruisseau, puis une rivière, puis un océan ».

La chute du Mur de Berlin, précédée, 10 ans auparavant, par la révolte en Pologne du syndicat Solidarnosz, précéda la chute de l’empire Soviétique en 1991.

Le communisme soviétique, cette doctrine détournée, ce dévoiement d’espoir, qui se transforma très vite en tyrannie destructrice de vies humaines, de consciences, de créativité, de liberté, d’égalité, de fraternité, s’écroula en quelques douze années.

Oui, 1989 fut une année mémorable, qui vit le peuple allemand mettre à bas un mur de honte,l’URSS retirer ses troupes d’Afghanistan,la Pologne élire un gouvernement non communiste,l’Afrique du Sud choisir Nelson Mandela pour abattre cet autremur qu’était l’apartheid,Pinochet quitter enfin le pouvoir,le Brésil organiser lui aussi ses premières élections libres depuis 30 ans,la Hongrie ouvrir sa frontière avec l’Autriche et changer de gouvernement,la « révolution de velours » triompher en Tchécoslovaquie,les régimes bulgares et roumains être renversés.

N’oublions pas qu’en Chine aussi, les étudiants et bien d’autres avec eux avaient fait leur cet idéal. Mais là-bas, 1989, ce fut l’instauration de la loi martiale au Tibet et l’écrasement des démocrates de la Place Tien An Men, que nous n’oublierons jamais.

Aujourd’hui, en 2009, le peuple iranien puise aussi son inspiration de la leçon qui nous a été donnée par le peuple allemand de 1989.

En France, cette année-là, nous célébrions le Bicentenaire de notre Révolution. 14 juillet, 9 novembre… nous pouvions rêver d’un monde débarrassé de l’injustice.

Et, dans cette euphorie de liberté, dans cette allégresse dont nous vibrions tous à voir le peuple allemand danser et chanter, nous avons cru, quelques semaines, quelques mois, que le monde allait vraiment changer, que ce monde serait enfin libéré de la scission Est-Ouest, de cette guerre froide.

C’était en partie vrai.

Mais quelques intellectuels, comme Emmanuel Lévinas, comme toujours visionnaire, nous mirent en garde, au début des années 1990.

Le grand philosophe nous disait : « Attention ! S’il s’agit bien de la fin d’une tyrannie évidente, c’est aussi la fin d’une espérance, même dévoyée. Gare à l’avènement d’un temps sans promesses.»

Une mise en garde prophétique, annonciatrice de la crise que nous vivons aujourd’hui : crise économique, environnementale, éthique, issue incontestablement de ce temps où l’ultralibéralisme et le capitalisme financier se sont mis à confisquer les promesses, à dévoyer les espérances, là où une gouvernance mondiale devrait être capable de servir le progrès de l’humanité.

Oui, le mur de Berlin est tombé, ce mur qui balafrait l’Allemagne depuis Aout 1961.

Mais d’autres murs ont été érigés.

Le mur de plus de 700 kms de long entre Israël et la Palestine, la barrière électrifiée qui sépare depuis 1953 les deux Corées, celle que l’Inde a érigé à sa frontière avec le Bangladesh, le mur qui sépare les États-Unis du Mexique, le mur de Chypre.

Il existe sur cette planète des dizaines de murs, physiques mais aussi socio-économiques, construits pour se protéger de l’autre, l’enfermer, l’encercler, le maintenir dans un ghetto, l’empêcher de se déplacer.

Ces murs tomberont un jour comme est tombé le Mur de Berlin, par la force des peuples.

Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d’idéologies détournées enferment également le monde : le fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l’inertie écologique mènent également le monde à sa perte.

Oui, les murs invisibles existent, parfois plus coriaces que les barricades, et ils ne peuvent être abattus que par la volonté politique et par des lois, des droits et des devoirs démocratiquement partagés.

Nous sommes ici à Berlin, ville symbole d’un pays qui a su faire tomber un mur de pierre mais aussi, plus fondamentalement, le mur mental de la tyrannie.

 

Je ne peux m’empêcher de comparer la chute du mur de Berlin avec la prise de la Bastille, et vous dire encore et encore à quel point est essentielle la fraternité qui lie la France et l’Allemagne.

Depuis 50 ans, nos deux pays avancent main dans la main, dans une union sans cesse renouvelée, qui ne cède jamais, malgré quelques grincements ou quelques enlisements ponctuels.

Quand le mur est tombé, j’étais Députée des Deux Sèvres depuis un an.

Après avoir travaillé pendant 7 ans comme proche collaboratrice auprès du Président de la République française, un homme qui m’a beaucoup appris en politique, qui m’a inspirée, qui avait traversé le chaos du 20ème siècle, qui portait cette histoire et qui l’a incarnée… François Mitterrand.

François Mitterrand et Willy Brandt partageaient le même rêve d’une Europe plus humaine, plus juste et plus inventive.

Et je me souviens de lui, avec Helmut Kohl, hissant si haut le drapeau de la fraternité franco-allemande.

Il y a eu bien sûr cet instant inoubliable, cette réinvention du lien entre nos deux pays, le 22 Septembre 1984, à Verdun.

Je n’oublierai jamais cette image, les deux mains serrées de François Mitterrand et Helmut Kohl, dans un geste si intense de recueillement et de fraternité.

Il y eut aussi ces mots, parmi les derniers que prononça le Président dans sa fonction officielle. C’était ici, à Berlin, le 8 Mai 1995, pour les commémorations du 50ième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale.

Ce jour-là, François Mitterrand exprima sa fierté d’être dans votre capitale, pour accomplir l’un de ses derniers actes de Président de la République française, lui qui n’eut de cesse d’œuvrer pour renforcer les liens entre nos deux pays.

Ce jour-là, il eut des mots très simples, très épurés :

« Étrange, cruelle, belle et forte aventure, déclara t-il, que celle de ces peuples frères auxquels il aura fallu plus d’un millénaire pour se reconnaître tels qu’ils sont, pour s’admettre, pour s’unir… pour revenir ensemble à leur propre source ».

C’est exactement ce que je voudrais vous dire ce soir.

Nous voilà, vous et nous, revenus ensemble à notre propre source pour célébrer ensemble la chute d’un mur et la réunification d’un peuple qui plus qu’aucun autre en Europe, a su regarder en face, les yeux grands ouverts, sa propre histoire, sans effacer sa part la plus obscure pour faire vivre et vibrer sa part de lumière sur la scène du monde.

Oui, je me souviens de ces journées historiques.

Si l’Europe s’est construite en partie sur le couple franco-allemand, elle est aujourd’hui constituée de 27 Etats membres qui aspirent tous à la démocratie, au partage des richesses, à la création d’une véritable entité politique, forte de ses différences, capable de peser par ses décisions économiques et diplomatiques sur l’avenir de la planète.

A l’échelle de l’histoire, l’Europe politique est encore très jeune et très embryonnaire, même si le Traité de Lisbonne, aussi imparfait soit-il, représente une avancée, avec, naturellement, la création de la fonction de Président du conseil Européen.

Mais nous devons aller plus loin.

L’Europe de la culture, elle, est plusieurs fois centenaire.

Elle est fille des grandes universités médiévales – Bologne, Oxford, la Sorbonne, Cracovie… – entre lesquelles, déjà, on circulait pour partager le savoir et les espérances.

Elle est fille des voyageurs humanistes de la Renaissance.

Fille des Lumières et des controverses qu’elles suscitèrent d’un bout à l’autre du continent.

 

Fille de la conquête de la liberté de conscience, de pensée et de culte.

Oui, l’Europe de la culture peut être fière de ses siècles de dialogue et de créations. Et lorsque je regarde l’extraordinaire bourgeonnement culturel de Berlin aujourd’hui, après des décennies de suffocation, je suis plus que jamais convaincue de l’importance de la croyance essentielle que nous partageons en tant qu’Européens : la grande question de l’Humanité ne peut être que l’Humanité elle-même.

La chute du mur de Berlin nous oblige à aller encore plus loin maintenant.

Le temps est venu de l’Europe politique.

Il dépend de nous de relever ce défi formidable : forger une véritable Europe politique.

Oui, nous devons parvenir à une coexistence politique harmonieuse pour porter haut et fort les valeurs de l’Europe, qui fut pendant des siècles l’un des plus grands champs de bataille de l’humanité, qui fut le lieu du crime le plus effroyable de tous les temps, la Shoah, et qui pourrait devenir, contre une part de sa propre histoire, grâce à cette cohésion, et par l’union de ses différences, le continent que j’appelle : « les États-Unis d’Europe ».

J’aimerais m’attarder un peu plus sur cette idée puisqu’elle est, je le sais, l’un des éléments majeurs de notre engagement politique commun. Comme ce fut le cas lors de la campagne européenne, l’opportunité nous est aujourd’hui donnée d’exprimer ce sentiment profond.

Je l’ai porté à Athènes en mai dernier à la conférence sur « L’avenir des Gauches en Europe », conférence organisée par l’actuel Premier Ministre de Grèce, Georges Papandreou, et, comme je vous l’ai dit, j’ai approfondi cette idée pendant la campagne européenne en France, à Nantes.

Le temps est venu de rêver et de penser quelque chose de plus grand que nous.

Le temps est venu pour nous de répondre aux exigences de cette utopie réalisable : les États-Unis d’Europe.

Je sais que cette expression pourrait surprendre, puisqu’elle semble calquée sur le modèle des États-Unis d’Amérique alors que nos nations ne peuvent en aucun cas être comparées aux États américains.

Alors pour ceux qui sont surpris, je rappellerai que de grands penseurs en Pologne, en Italie, en Bulgarie, en Allemagne, et dans toute l’Europe, utilisent cette expression depuis le milieu du 19e siècle. En France, Victor Hugo a utilisé l’expression « les Etats-Unis d’Europe » le 21 Aout 1849, lors du Congrès International pour la Paix à Paris.

Cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une idée du passé, au contraire, cette idée n’a jamais été aussi contemporaine.

Comme Hugo le disait avec tant de force :

« Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! /…/ Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vousAngleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne. Un jour viendra où les balles et les bombes seront remplacés par les votes et par le suffrage universel des peuples. »

Alors que l’on voit dans l’ombre des conciliabules pour faire émerger le futur Président du conseil européen, j’aimerais paraphraser Victor Hugo et dire qu’un jour viendra, j’en suis certaine, où le Président des États-Unis d’Europe sera élu au Suffrage Universel direct.

Oui, je crois que la crise sans précédent que nous traversons nous oblige à redéfinir la manière dont nous pouvons construire ensemble une Europe à visage humain qui nous unifierait.

Il dépend de nous de constituer une zone économique juste, pour créer de la richesse, pour la redistribuer et pour réguler le capitalisme financier.

Il dépend de nous de faire exister ce modèle social, déjà parfaitement opérationnel dans les pays du nord de l’Europe qui allie création de richesse et justice sociale.

Il dépend de nous de respecter chaque culture, chaque croyance et leurs différentes identités.

Il dépend de nous de réconcilier le citoyen avec cette Europe qui semble si lointaine, si technocratique, si abstraite. Une Europe qui paraît surtout si étrangère à la souffrance de ses ouvriers, massivement licenciés dans le flot des délocalisations. Une Europe qui paraît si lointaine de ses classes moyennes, qui se demandent si elles vont elles aussi perdre leurs emplois. Une Europe qui paraît si étrangère à sa jeunesse, frappée, plus que toute autre catégorie, par le chômage et par le désespoir.

Oui, l’Europe doit changer. Mais l’Europe peut changer. N’oublions pas que l’Europe est un continent de créativité, la première puissance économique du monde, avec des travailleurs et des entreprises dynamiques, avec une population plus élevée que celle des États-Unis d’Amérique, et un mode de vie espéré par le reste du monde.

La dernière fois que je suis venue à Berlin, c’était en mars 2007, pendant la campagne présidentielle française. J’ai rencontré la Chancelière Angela Merkel. A cette époque, Airbus annonçait des plans de licenciements de milliers d’ouvriers en France et en Allemagne. J’avais à défendre les intérêts des ouvriers français, et, bien sûr, la Chancelière Merkel avait à défendre les intérêts des ouvriers allemands. Mais je me souviens très bien que, durant notre discussion, nous sommes parvenus à dépasser la contradiction de nos intérêts nationaux et à poser les bases d’une solution européenne qui prendrait en compte notre intérêt général commun. Ce que je veux dire, c’est que, aujourd’hui, la puissance de l’argent est plus forte que des nations divisées, et que nous devons unir nos forces pour nos citoyens.

Et nos peuples le savent déjà très bien, et ils ont déjà très souvent fait avancer cette idée. Par exemple, quand, en avril de cette année, les ouvriers français de Continental sont allés à Hanovre pour manifester avec les ouvriers allemands de Continental, c’était un acte concret de fraternité européenne. Aujourd’hui, c’est notre devoir de réconcilier ces citoyens avec l’Europe politique.

Réconcilier les citoyens avec l’Europe et les valeurs de progrès et d’humanisme, c’est établir à l’échelle européenne la démocratie participative, l’implication, trop souvent perçue comme tentaculaire, des 27 pays de l’Union.

Au-delà des référendums et des consultations populaires, c’est à nous d’impulser dans nos régions, nos départements, nos villes, nos pays, cette démocratie participative qui s’impose jour après jour comme une évidente nécessité. Oui, la démocratie participative est le moyen essentiel pour créer une cohésion entre les citoyens, entre les pays, et pour créer ce sentiment d’appartenance à une entité commune appelée Europe.

Oui, refaisons le chemin vers ces citoyens qui ont perdu confiance dans l’Europe, tendons-leur la main, organisons des scrutins participatifs, des budgets participatifs, des référendums, des jurys citoyens pour évaluer les décisions publiques.

Et enfin, nous devons réconcilier l’Europe avec le monde.

L’Europe doit jouer un rôle dans les grands conflits et les grands enjeux de notre temps. L’Europe doit jouer un rôle au Proche-Orient, en Irak et en Afghanistan. L’Europe doit imaginer et créer un véritable partenariat avec l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine. L’Europe doit aider le peuple iranien à s’émanciper. L’Europe doit participer à la mise en œuvre de la paix au Proche-Orient et à la création de deux Etats qui coexistent dans le respect mutuel.

Nous devons approfondir et renforcer notre partenariat avec l’Inde qui est la plus grande démocratie du monde.

Nous devons être solidaires du milliard d’êtres humains qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.

L’Europe doit jouer un rôle dans la zone pacifique, dans ce conflit larvé qui oppose la Corée du Nord à tous les pays de la zone, à commencer par la Corée du Sud et le Japon.

Nous devons adopter l’attitude adéquate pour faire progresser les Droits de l’Homme en Chine, en Birmanie, ou encore dans certains Etats africains, partout où les valeurs universelles sont menacées.

Nous devons avoir une position claire vis-à-vis de la Russie, partagée entre son rêve de gloire passée, sa méfiance à l’égard de l’Occident mais aussi son désir d’être un acteur plein et entier de la scène mondiale.

Dans ce monde multipolaire, agité par des convulsions permanentes, ce monde anxieux et dangereux, l’Europe peut jouer un rôle exemplaire avec une politique de solidarité et d’exemplarité.

Un proverbe asiatique dit qu’il vaut mieux faire 1 pas ensemble que 10 pas tout seul.

Voilà le grand dessein de l’Europe !

Je ne crois pas au choc des civilisations. Je ne suis pas non plus une déclinologue. Je crois que l’élection de Barack Obama, il y a un an, à la tête de la plus grande puissance du monde, a créé naturellement un espoir immense mais a aussi démontré que les peuples sont toujours en avance sur les puissants, que les peuples sont prêts à entendre un langage de raison, de sagesse, d’union, que les peuples n’aspirent qu’à une seule chose : la paix là où les gouvernants veulent parfois la guerre.

Je ne crois pas au choc des civilisations, ce fantasme qui voudrait que l’histoire soit déjà écrite, que la complexité des cultures, des religions et des peuples soit cartographiée, classifiée, et mène inévitablement à la confrontation.

Si le monde danse sur un volcan, il est possible de ne pas réveiller le volcan en marchant sur sa crête.

Il dépend de nous de créer une diplomatie dynamique, fondée sur un dialogue constructif, sans rien céder sur nos valeurs mais dans un total respect de l’autre. La diplomatie européenne devrait s’adresser avant tout aux peuples tels qu’ils sont pour ne pas se lancer dans d’arrogants monologues.

Et même si les résultats tardent à venir, il faut persévérer, et persévérer encore. Abraham Lincoln avait une règle dans la vie : « Je marche lentement mais je ne recule jamais ». Voilà l’une des clés. La persévérance. Il est certes plus facile de coaliser sur la haine de l’autre, de jouer avec les pulsions les plus basses, qui flattent le nationalisme et le racisme. Il faut du courage pour réunir sur l’humanisme, la bienveillance et le respect.

Hé bien je crois, moi, à cette diplomatie en Europe. Si l’Europe sait se départir d’une certaine prudence et se présenter unie sur la scène internationale, alors l’Europe, porteuse des valeurs des Lumières, jouera un rôle majeur dans la résolution des conflits actuels.

Nous pouvons y croire.

Nous pouvons y croire grâce à ce jour, le 9 novembre 1989, où un peuple entier a pu faire tomber un mur de béton, un mur idéologique, un mur de colère, sans verser une seule goutte de sang et en scandant « Wir sind das Volk » : « Nous sommes LE peuple ».

Oui, je crois à l’Europe des peuples. Et c’est pour cela que je crois aux États-Unis d’Europe.

Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Chacun de nous, à son niveau, doit contribuer, dès aujourd’hui, à réaliser cette idée. Ce doit être la tâche de notre génération, de votre génération, jeunes gens, et je n’en imagine pas de plus grande. C’est pourquoi, j’ai pour ma part engagé, dès le 18 mai, avec Stéphane Hessel, une réflexion approfondie qui aboutira dans les prochains mois à des propositions concrètes pour faire avancer le projet des États-Unis d’Europe.

J’ai décidé de faire avancer le rêve des Etats-Unis d’Europe d’une manière très concrète, en confiant à une personnalité renommée et irréprochable une mission d’étude sur le projet des Etats-Unis d’Europe, qui réunira desthink tanks européens – et j’espère le vôtre –, avec des citoyens, des syndicalistes, avec des élus, des artistes, des chercheurs, des juristes, et des journalistes européens.

Nous mènerons cette mission avec notre think tank, Désirs d’Avenir, en association avec toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent véritablement le changement.

Désirs d’Avenir organisera une Université Populaire Participative à Paris pour échanger nos regards européens, première étape d’une longue série de dialogues que nous mènerons durant toute l’année 2010 pour réaliser le rêve de Victor Hugo, qui est, j’en suis certaine, le rêve de bon nombres d’entre vous dans cette salle.

Je voudrais conclure sur une note plus personnelle. Lorsque j’étais enfant, je vivais en Lorraine, à l’Est de la France. Entre la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, la Lorraine était une région allemande. C’est une région de sang, de larmes, et d’espoirs partagés. C’est dans cette région que j’ai entendu pour la première fois l’Hymne à la Joie de Beethoven. Lorsque j’entends l’Hymne à la Joie, je ressens une immense joie moi-même. Des années plus tard, j’ai fait des recherches sur cette œuvre. Elle fut composée par le grand musicien à l’un des moments les plus sombres de son existence. Quasiment ruiné, atteint d’une surdité galopante, abandonné peu à peu par le public. Et pourtant, dans toute cette adversité, cette 9e symphonie, qui est devenu l’hymne européen, a jailli de lui. La musique, et les paroles de Schiller, célèbrent la force du peuple et sa fraternité.

Le chemin que je vous propose pour cette nouvelle étape de la construction de notre Union est à l’image de cette Hymne à la Joie, composé par Ludwig Von Beethoven : une grande adversité, transcendée par le courage et la force de la fraternité avec un seul et unique but, qui fait sens ici plus que nulle part ailleurs, à Berlin, pour aujourd’hui et pour demain, je cite : « Pour que le cité future oublie le temps des pleurs ». Ainsi se conclut l’Hymne à la Joie. Quel beau programme politique que celui-là !

Vielen dank für dieses schöne beispiel von freiheit und brüderlichkeit, dass die Deutschen ganz Europa und dem rest der welt, vor zwanzig jahren geschenkt haben.

[Merci pour cette belle leçon de liberté et de fraternité que les Allemands ont donné à l’Europe et au reste du monde il y a 20 ans.]

Und wie es schon am vorabend des neunten November gesagt wurde, möchte auch ich sagen : “wir sind alle Berliner ! und glücklich darüber !”

[Et comme quelqu’un l’a dit avant moi, à la veille du 9 novembre je veux vous dire aussi : « Nous sommes tous des Berlinois ! », et heureux de l’être !]

Je vous remercie./.

 

« Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! /…/ Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vousAngleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne. Un jour viendra où les balles et les bombes seront remplacés par les votes et par le suffrage universel des peuples. »

Alors que l’on voit dans l’ombre des conciliabules pour faire émerger le futur Président du conseil européen, j’aimerais paraphraser Victor Hugo et dire qu’un jour viendra, j’en suis certaine, où le Président des États-Unis d’Europe sera élu au Suffrage Universel direct.

Oui, je crois que la crise sans précédent que nous traversons nous oblige à redéfinir la manière dont nous pouvons construire ensemble une Europe à visage humain qui nous unifierait.

Il dépend de nous de constituer une zone économique juste, pour créer de la richesse, pour la redistribuer et pour réguler le capitalisme financier.

Il dépend de nous de faire exister ce modèle social, déjà parfaitement opérationnel dans les pays du nord de l’Europe qui allie création de richesse et justice sociale.

Il dépend de nous de respecter chaque culture, chaque croyance et leurs différentes identités.

Il dépend de nous de réconcilier le citoyen avec cette Europe qui semble si lointaine, si technocratique, si abstraite. Une Europe qui paraît surtout si étrangère à la souffrance de ses ouvriers, massivement licenciés dans le flot des délocalisations. Une Europe qui paraît si lointaine de ses classes moyennes, qui se demandent si elles vont elles aussi perdre leurs emplois. Une Europe qui paraît si étrangère à sa jeunesse, frappée, plus que toute autre catégorie, par le chômage et par le désespoir.

Oui, l’Europe doit changer. Mais l’Europe peut changer. N’oublions pas que l’Europe est un continent de créativité, la première puissance économique du monde, avec des travailleurs et des entreprises dynamiques, avec une population plus élevée que celle des États-Unis d’Amérique, et un mode de vie espéré par le reste du monde.

La dernière fois que je suis venue à Berlin, c’était en mars 2007, pendant la campagne présidentielle française. J’ai rencontré la Chancelière Angela Merkel. A cette époque, Airbus annonçait des plans de licenciements de milliers d’ouvriers en France et en Allemagne. J’avais à défendre les intérêts des ouvriers français, et, bien sûr, la Chancelière Merkel avait à défendre les intérêts des ouvriers allemands. Mais je me souviens très bien que, durant notre discussion, nous sommes parvenus à dépasser la contradiction de nos intérêts nationaux et à poser les bases d’une solution européenne qui prendrait en compte notre intérêt général commun. Ce que je veux dire, c’est que, aujourd’hui, la puissance de l’argent est plus forte que des nations divisées, et que nous devons unir nos forces pour nos citoyens.

Et nos peuples le savent déjà très bien, et ils ont déjà très souvent fait avancer cette idée. Par exemple, quand, en avril de cette année, les ouvriers français de Continental sont allés à Hanovre pour manifester avec les ouvriers allemands de Continental, c’était un acte concret de fraternité européenne. Aujourd’hui, c’est notre devoir de réconcilier ces citoyens avec l’Europe politique.

Réconcilier les citoyens avec l’Europe et les valeurs de progrès et d’humanisme, c’est établir à l’échelle européenne la démocratie participative, l’implication, trop souvent perçue comme tentaculaire, des 27 pays de l’Union.

Au-delà des référendums et des consultations populaires, c’est à nous d’impulser dans nos régions, nos départements, nos villes, nos pays, cette démocratie participative qui s’impose jour après jour comme une évidente nécessité. Oui, la démocratie participative est le moyen essentiel pour créer une cohésion entre les citoyens, entre les pays, et pour créer ce sentiment d’appartenance à une entité commune appelée Europe.

Oui, refaisons le chemin vers ces citoyens qui ont perdu confiance dans l’Europe, tendons-leur la main, organisons des scrutins participatifs, des budgets participatifs, des référendums, des jurys citoyens pour évaluer les décisions publiques.

Et enfin, nous devons réconcilier l’Europe avec le monde.

L’Europe doit jouer un rôle dans les grands conflits et les grands enjeux de notre temps. L’Europe doit jouer un rôle au Proche-Orient, en Irak et en Afghanistan. L’Europe doit imaginer et créer un véritable partenariat avec l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine. L’Europe doit aider le peuple iranien à s’émanciper. L’Europe doit participer à la mise en œuvre de la paix au Proche-Orient et à la création de deux Etats qui coexistent dans le respect mutuel.

Nous devons approfondir et renforcer notre partenariat avec l’Inde qui est la plus grande démocratie du monde.

Nous devons être solidaires du milliard d’êtres humains qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.

L’Europe doit jouer un rôle dans la zone pacifique, dans ce conflit larvé qui oppose la Corée du Nord à tous les pays de la zone, à commencer par la Corée du Sud et le Japon.

Nous devons adopter l’attitude adéquate pour faire progresser les Droits de l’Homme en Chine, en Birmanie, ou encore dans certains Etats africains, partout où les valeurs universelles sont menacées.

Nous devons avoir une position claire vis-à-vis de la Russie, partagée entre son rêve de gloire passée, sa méfiance à l’égard de l’Occident mais aussi son désir d’être un acteur plein et entier de la scène mondiale.

Dans ce monde multipolaire, agité par des convulsions permanentes, ce monde anxieux et dangereux, l’Europe peut jouer un rôle exemplaire avec une politique de solidarité et d’exemplarité.

Un proverbe asiatique dit qu’il vaut mieux faire 1 pas ensemble que 10 pas tout seul.

 

Voilà le grand dessein de l’Europe !

Je ne crois pas au choc des civilisations. Je ne suis pas non plus une déclinologue. Je crois que l’élection de Barack Obama, il y a un an, à la tête de la plus grande puissance du monde, a créé naturellement un espoir immense mais a aussi démontré que les peuples sont toujours en avance sur les puissants, que les peuples sont prêts à entendre un langage de raison, de sagesse, d’union, que les peuples n’aspirent qu’à une seule chose : la paix là où les gouvernants veulent parfois la guerre.

Je ne crois pas au choc des civilisations, ce fantasme qui voudrait que l’histoire soit déjà écrite, que la complexité des cultures, des religions et des peuples soit cartographiée, classifiée, et mène inévitablement à la confrontation.

Si le monde danse sur un volcan, il est possible de ne pas réveiller le volcan en marchant sur sa crête.

Il dépend de nous de créer une diplomatie dynamique, fondée sur un dialogue constructif, sans rien céder sur nos valeurs mais dans un total respect de l’autre. La diplomatie européenne devrait s’adresser avant tout aux peuples tels qu’ils sont pour ne pas se lancer dans d’arrogants monologues.

Et même si les résultats tardent à venir, il faut persévérer, et persévérer encore. Abraham Lincoln avait une règle dans la vie : « Je marche lentement mais je ne recule jamais ». Voilà l’une des clés. La persévérance. Il est certes plus facile de coaliser sur la haine de l’autre, de jouer avec les pulsions les plus basses, qui flattent le nationalisme et le racisme. Il faut du courage pour réunir sur l’humanisme, la bienveillance et le respect.

Hé bien je crois, moi, à cette diplomatie en Europe. Si l’Europe sait se départir d’une certaine prudence et se présenter unie sur la scène internationale, alors l’Europe, porteuse des valeurs des Lumières, jouera un rôle majeur dans la résolution des conflits actuels.

Nous pouvons y croire.

Nous pouvons y croire grâce à ce jour, le 9 novembre 1989, où un peuple entier a pu faire tomber un mur de béton, un mur idéologique, un mur de colère, sans verser une seule goutte de sang et en scandant « Wir sind das Volk » : « Nous sommes LE peuple ».

Oui, je crois à l’Europe des peuples. Et c’est pour cela que je crois aux États-Unis d’Europe.

Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Chacun de nous, à son niveau, doit contribuer, dès aujourd’hui, à réaliser cette idée. Ce doit être la tâche de notre génération, de votre génération, jeunes gens, et je n’en imagine pas de plus grande. C’est pourquoi, j’ai pour ma part engagé, dès le 18 mai, avec Stéphane Hessel, une réflexion approfondie qui aboutira dans les prochains mois à des propositions concrètes pour faire avancer le projet des États-Unis d’Europe.

J’ai décidé de faire avancer le rêve des Etats-Unis d’Europe d’une manière très concrète, en confiant à une personnalité renommée et irréprochable une mission d’étude sur le projet des Etats-Unis d’Europe, qui réunira desthink tanks européens – et j’espère le vôtre –, avec des citoyens, des syndicalistes, avec des élus, des artistes, des chercheurs, des juristes, et des journalistes européens.

Nous mènerons cette mission avec notre think tank, Désirs d’Avenir, en association avec toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent véritablement le changement.

Désirs d’Avenir organisera une Université Populaire Participative à Paris pour échanger nos regards européens, première étape d’une longue série de dialogues que nous mènerons durant toute l’année 2010 pour réaliser le rêve de Victor Hugo, qui est, j’en suis certaine, le rêve de bon nombres d’entre vous dans cette salle.

Je voudrais conclure sur une note plus personnelle. Lorsque j’étais enfant, je vivais en Lorraine, à l’Est de la France. Entre la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, la Lorraine était une région allemande. C’est une région de sang, de larmes, et d’espoirs partagés. C’est dans cette région que j’ai entendu pour la première fois l’Hymne à la Joie de Beethoven. Lorsque j’entends l’Hymne à la Joie, je ressens une immense joie moi-même. Des années plus tard, j’ai fait des recherches sur cette œuvre. Elle fut composée par le grand musicien à l’un des moments les plus sombres de son existence. Quasiment ruiné, atteint d’une surdité galopante, abandonné peu à peu par le public. Et pourtant, dans toute cette adversité, cette 9e symphonie, qui est devenu l’hymne européen, a jailli de lui. La musique, et les paroles de Schiller, célèbrent la force du peuple et sa fraternité.

Le chemin que je vous propose pour cette nouvelle étape de la construction de notre Union est à l’image de cette Hymne à la Joie, composé par Ludwig Von Beethoven : une grande adversité, transcendée par le courage et la force de la fraternité avec un seul et unique but, qui fait sens ici plus que nulle part ailleurs, à Berlin, pour aujourd’hui et pour demain, je cite : « Pour que le cité future oublie le temps des pleurs ». Ainsi se conclut l’Hymne à la Joie. Quel beau programme politique que celui-là !

Vielen dank für dieses schöne beispiel von freiheit und brüderlichkeit, dass die Deutschen ganz Europa und dem rest der welt, vor zwanzig jahren geschenkt haben.

[Merci pour cette belle leçon de liberté et de fraternité que les Allemands ont donné à l’Europe et au reste du monde il y a 20 ans.]

Und wie es schon am vorabend des neunten November gesagt wurde, möchte auch ich sagen : “wir sind alle Berliner ! und glücklich darüber !”

[Et comme quelqu’un l’a dit avant moi, à la veille du 9 novembre je veux vous dire aussi : « Nous sommes tous des Berlinois ! », et heureux de l’être !]

Je vous remercie.

 

 

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